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Bon voyage (Alfred Hitchcock – 1944)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Bon voyage (Alfred Hitchcock – 1944)

Bon voyage est l’un des deux films de propagande – l’autre étant Aventure malgache – réalisé par le maître du suspense pendant le dernier conflit mondial.

Ce court métrage (26 minutes) produit par le Ministry of Information, pour soutenir la Résistance, met en scène l’interrogatoire d’un sergent de la RAF par le Bureau des services de renseignements français en Angleterre. Le sous-officier est sommé d’éclaircir les circonstances de son évasion d’Allemagne, en compagnie d’un autre détenu, Stéphane…

Dans un Londres dévasté par les bombardements, Hitchcock disposa, on s’en doute, d’un budget extrêmement modeste. Pour autant, avec son scénariste, Angus MacPhail (Spellbound, The wrong man), il ne se limita pas au cahier des charges généralement assigné à ce type de production. Au-delà du propos propagandiste, il construisit en effet une intrigue complexe, articulée autour d’un double flashback en miroir – l’un montrant les apparences, l’autre dévoilant la vérité – avec rebondissement final. Bref, un vrai thriller (avec, en point d’orgue, le meurtre de la jeune résistante, d’une densité dramatique qui n’a rien à envier à d’autres scènes équivalentes tirées de la filmographie du cinéaste), photographié dans la plus pure tradition de l’Expressionniste allemand par le grand Günther Krampf, chef opérateur de Murnau (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens), Pabst (Die Büchse der Pandora) ou encore Wiene (Orlacs Hände). Ce choix esthétique, fondé sur des contrastes puissants entre ombres et lumières, symbolise parfaitement le combat dichotomique entre le bien et le mal.

Interprété par des acteurs français réfugiés dans la capitale britannique (les Moliere Players), Bon voyage était l’un des films préférés d’Hitchcock. Au point qu’il songea, dans les années 1950, en faire un long métrage.

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