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Actualité DVD - Blu-ray

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Film au casting de choix et au suspense insoutenable, La chevauchée des bannis, d’André de Toth, est un joyau rare et méconnu. Wild Side vient de sortir en DVD une version restaurée de ce film.

La chevauchée des bannis
Cette édition magnifique est accompagnée de Noir comme neige, un livre de 80 pages écrit spécialement par Philippe Garnier, journaliste, grand cinéphile et écrivain, notamment auteur de deux livres sur André de Toth, et illustré par des photos et des documents d’archives inédits. Côté bonus, l’éditeur propose également de précieux éclairages sur cette œuvre et son réalisateur, grâce à de rares images et paroles d’André de Toth, ainsi qu’un passionnant entretien avec Bertrand Tavernier, admirateur passionné à la fois de La chevauchée des bannis et de son auteur.

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Inception

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Inception 2
 
Synopsis 
 
Dom Cobb (Leonardo DiCaprio), spécialiste de l'extraction (technique consistant à s'approprier les secrets enfouis dans le subconscient des individus) est contacté par un magnat japonais, Saito (Ken Watanabe). La mission que ce dernier lui propose relève de la démarche inverse : l'inception. Il s'agit d'implanter dans l'esprit de Fischer (Cillian Murphy), un jeune milliardaire, l'idée de démembrer l'empire dont il vient d'hériter, car celui-ci menace par sa vocation hégémonique les intérêts de Saito... 
 
Fiche technique Inception - Affiche
 
Film américain, britannique
Année de production : 2010
Durée : 2h28
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan 
Image : Wally Pfister
Avec Leonardo DiCaprio (Dom Cobb), Joseph Gordon-Levitt (Arthur), Ellen Page (Ariadne), Tom Hardy (Eames), Ken Watanabe (Saito)... 
 

 
Critique 
 
Christopher Nolan prétend avec Inception plonger le spectateur dans l'univers des rêves. En fait, il ne nous propose qu'un banal blockbuster, qui cache derrière un déluge visuel et pyrotechnique assomant, ponctué par la composition d'un Hans Zimmer toujours moins délicat qu'une batterie de katiouchas (Dieu qu'elle est loin la partition de Gladiator !), les failles d'un scénario confus. Il est d'ailleurs difficile de garder son sérieux en écoutant les explications abracadabrantesques supposées nous faire accroire à l'extraction et à l'inception. Il eût mieux valu laisser ces éléments dans le flou ! 
 
Il est également fâcheux que cette immersion dans le domaine des songes ait un objectif aussi prosaïque que celui de défendre les intérêts d'un homme d'affaires avide. Mais ce trait est sans doute symptomatique de notre époque, dont la seule valeur semble être l'argent et le profit. Un tel projet, traité avec plus de finesse et d'intelligence, aurait pourtant pu être l'occasion d'une illustration poétique de l'espace onirique. Et ce n'est pas la vague allusion à 2001, l'odyssée de l'espace (voir la scène où Fischer retrouve son père mourant dans une chambre, séquence qui évoque celle où Dave Bowman se voit, viellissant, dans une suite de style Louis XVI) qui compense la lourdeur de la mise en scène. On ne peut donc que regretter que ce sujet n'ait pas été abordé par un cinéaste plus inspiré, comme Tim Burton ou David Lynch, par exemple...
 Inception 3
 
Reste cependant quelques trouvailles visuelles intéressantes (mais c'est le moins que l'on puisse attendre d'un film bénéficiant d'un tel budget !) et les interprétations de Leonardo DiCaprio (assez proche du personnage qu'il incarne dans Shutter island) et d'Ellen Page, dont le naturel et la fraîcheur éclaire Inception. Marion Cotillard n'apparaît malheureusement que ponctuellement, et est souvent associée, de manière assez grotesque, à la chanson de Piaf, Rien de rien. La Môme risque de la poursuivre longtemps... 
 
Inception est donc un spectacle assez vain et prétentieux, à la limite de l'ennui, qui fait regretter l'excellent The dark knight, du même réalisateur... 
 
Ma note - 1/5

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Cracks

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Cracks 1  
Synopsis
 
Dans un pensionnat anglais, en 1934. Miss G (Eva Green) entraîne à la natation un groupe de jeunes filles menée par Di Radfield (Juno Temple). Cette belle femme charismatique les faits rêver par le récit de ses voyages exotiques et de ses liaisons passionnées. Mais un jour arrive une nouvelle élève, Fiamma Coronna (Maria Valverde), une aristocrate espagnole éprise de liberté, qui à son tour va exercer une véritable fascination sur son professeur. Di et ses amies en éprouveront bientôt un vif sentiment de jalousie… 
 
Fiche techniqueCracks---Affiche-1.jpg
 
Film britannique, irlandais, espagnol, français, suisse
Année de production : 2009
Durée : 1h44
Réalisation : Jordan Scott
Scénario : Jordan Scott, Ben Court, Caroline Ip  
Image : John Mathieson
Avec Eva Green (Miss G), Juno Temple (Di Radfield), Maria Valverde (Fiamma Coronna), Imogen Poots (Poppy), Ellie Nunn (Lily)...   
 

 
Critique
 
Cette première oeuvre de Jordan Scott (elle a auparavant coréalisé avec son père, Ridley, l'un des courts-métrages d’All the invisible children), sorti de manière confidentielle à la fin du mois de décembre 2009, sur un nombre très réduit de copies, a été assez fraîchement accueilli par la critique. La sortie du DVD permet enfin de se forger une opinion et de constater que Cracks ne mérite pas un jugement aussi sévère. Jordan Scott compose en effet, avec cette histoire adaptée d’une nouvelle de Sheila Kohler, un univers onirique et infiniment troublant (et touchant), fait de fantasmes et de mythes (on peut citer en exemple la scène où, telles des ondines, Miss G et les jeunes filles prennent un bain nocturne).
 Cracks 2
 
L’interprétation est l’autre force de ce film. Eva Green campe ainsi un personnage ambigu, à la fois bonne fée et sorcière, pour reprendre l’expression de la réalisatrice. Son magnétisme la rend d’abord certaine de son ascendant, cependant Fiamma la rendra vulnérable, en la rejetant et en révélant la vacuité de son existence.

Juno Temple (révélation de ce début d'année, car également à l’affiche de Mr Nobody et Greenberg) campe quant à elle avec talent une chef de clan à la fois sadique et fragile.

Enfin, Maria Valverde (vue dans l’excellent film de Gonzalo Lopez-Gallego, Les proies), aérienne comme un ange, incarne avec sensibilité une héroïne romantique qui compense sa faiblesse par la force et la réalité de sa passion, qu’elle oppose à la mythomanie de Miss G.
  Cracks 4
 
On retiendra encore plusieurs choix musicaux particulièrement judicieux, notamment la très mélancolique chanson Greensleeves, et quelques belles références littéraires, tel le poème de John Keats, La vigile de la Sainte Agnès, ou le sonnet de Percy Shelley, Ozymandias. 
 
Cracks est donc un premier essai plutôt réussi, à la fois charnel, troublant, émouvant et dont la beauté plastique envoûte. 
 
  Ma note - 3/5

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