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Que justice soit faite (Law abiding citizen)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
Clyde Shelton (Gerard Butler) mène une vie paisible, entouré de sa femme et de sa fille. Mais un jour, celles-ci sont assassinées sous ses yeux par deux cambrioleurs. Les deux hommes sont bientôt arrêtés. Cependant, contre toute attente, le procureur en charge de l’affaire, Nick Rice (Jamie Foxx), refuse de requérir la peine capitale. Désemparé par ce qu’il considère comme une trahison du système judiciaire, Clyde va préparer sa vengeance… 
 
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Film américain
Année de production : 2009
Durée : 1h49 
Réalisation : F Gary Gray
Scénario : Kurt Wimmer
Image : Jonathan Sela
Avec Jamie Foxx (Nick Rice), Gerard Butler (Clyde Shelton), Bruce McGill (Jonas Cantrell), Leslie Bibb (Sarah Lowell), Regina Hall (Kelly Rice)...    
 

 
Critique
 
Que justice soit faite est sans doute le film le plus abject de l’année. Car ce vigilant movie franchit toutes les limites acceptables. Il ne se borne en effet pas à légitimer le recours à la vengeance pour pallier les carences du système judicaire (après tout, il n’est pas le premier à le faire). En nous plaçant du côté du personnage incarné par Gerard Butler (qui ne prendrait pas en pitié cet homme accablé par le massacre de sa famille ?), il nous amène insidieusement à accepter la barbarie la plus gratuite. Car Clyde Shelton ne se contente pas de sillonner les rues avec une arme, comme Paul Kersey (Charles Bronson) dans la série Death wish, il torture à tout va, aussi bien les meurtriers de sa femme et de sa petite fille (il découpe l’un d’eux à la tronçonneuse en ayant soin de le maintenir en vie le plus longtemps possible), que les représentants du système judiciaire liés à l’affaire (il fait périr l’un des avocats de la défense en l’enterrant vivant).
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La coupe ne serait toutefois pas pleine si Que justice soit faite n’était pas en plus un spectacle assez désolant. Sur ce point, en effet, ce film se distingue (enfin, c'est une façon de parler !) par une mise en scène très formatée (F Gary Gray ferait mieux de remettre son talent au service de Jay-Z ou Ice Cube, pour lesquels il a tourné quelques clips), une interprétation peu inspirée (Gerard Butler a vraiment l’air colère quand il fronce ses sourcils !) et, surtout, l’abyssale crétinerie de son scénario (signé de l’inénarrable auteur de Salt, Kurt Wimmer). 
 
Mais le plus navrant, ce n’est finalement pas le message véhiculé par ce plaidoyer manichéen et nauséabond en faveur de l’auto-justice et de la peine de mort. Ni son naufrage artistique. Ce sont les 38 % d’internautes attribuant cinq étoiles à Que justice soit faite sur le site d'AlloCiné, ainsi que le titre québécois du film, Un honnête citoyen. Une conception inquiétante de la justice et de la démocratie… 
 
Frank Darabont, pressenti pour réaliser Que justice soit faite, et Catherine Zeta-Jones, initialement associée au projet, doivent se féliciter de ne pas apparaître au générique… 
 
Ma note - 0/5

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Le soldat dieu (キャタピラー)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
Kyuzo Kurokawa (Shima Ohnishi), lieutenant de l’armée impériale japonaise, est renvoyé dans son village après avoir combattu en Chine. Couvert de médailles, il est célébré comme un héros par la population, qui l’élève au rang de dieu vivant. Mais sa femme, Shigeko (Shinobu Terajima), doit affronter une terrible réalité : celle d’un mari ayant été amputé de ses quatre membres… 
 
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Film japonais
Année de production : 2010
Durée : 1h25
Réalisation : Kôji Wakamatsu
Scénario : Hisako Kurosawa, Masao Adachi 
Avec Shima Ohnishi (Kyuzo Kurokawa), Shinobu Terajima (Shigeko Kurokawa), Keigo Kasuya (Tadashi Kurokawa), Emi Masuda (Chiyo Kurokawa)...   
 


Critique
 
Ce film comporte deux niveaux de lecture. Il est tout d’abord un manifeste contre la guerre, à la manière de Johnny got his gun, de Donald Trumbo. Cependant, là où le réalisateur américain aborde avec pudeur les mutilations de Joe Bonham, Koji Wakamatsu n’élude rien des infirmités de son personnage. Un choix empreint de radicalité, finalement assez cohérent avec le reste de l’œuvre de cet ancien yakuza, mais qui paradoxalement enlève de la force à son propos antimilitariste. En effet, malgré son économie de moyens, l’expérience que nous fait vivre Trumbo, en nous faisant ressentir de l’intérieur la torture mentale de son héros, est infiniment plus éprouvante que le spectacle de la déchéance physique de Kurokawa, aussi cru et choquant soit-il.
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Ce voyeurisme n’a toutefois rien de gratuit. Car en s’attardant sur les détails les plus dérangeants des blessures de Kurokawa (et sur leurs conséquences), Wakamatsu renforce le sentiment de dégoût que suscite la nature vile de ce personnage, incarnation parfaitement abjecte des valeurs traditionnelles de la société japonaise, dont la plus odieuse est la soumission absolue de la femme à son mari. Les hommes (japonais) ont usé sans honte de violence sur leur femmes, explique le cinéaste dans le dossier de presse. Ils ont considérés celles-ci comme de simples usines à satisfaire leur appétit sexuel et comme machines à faire des enfants. Dans la société japonaise, ce genre de relation entre les hommes et les femmes est considéré comme normal. 
 
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On sera tout de même surpris par le sentimentalisme final, qui s'exprime sous la forme de séquences assez invraisemblables, où la conscience de Kurokawa, soudain ranimée, est torturée par le souvenir des Chinoises qu’il a violées, et d'un générique illustré par une chanson de Hajime Chitose, Shinda onna no ko (littéralement Petite fille morte), en complet décalage avec le reste du film. 
 
Ma note - 3,5/5

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Harry Potter et les reliques de la mort - Première partie (Harry Potter and the deathly hallows : part 1)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Harry Potter et les reliques de la mort 2
 
Synopsis
 
Harry Potter (Daniel Radcliffe), Ron Weasley (Rupert Grint) et Hermione Granger (Emma Watson) décident de terminer le travail commencé par Dumbledore (Michael Gambon) et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre Voldemort (Ralph Fiennes)… 
 
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Film américain
Année de production : 2010
Durée : 2h26
Réalisation : David Yates
Scénario : Steve Kloves
Image : Eduardo Serra
Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Emma Watson (Hermione Granger), Ralph Fiennes (Lord Voldemort), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange)...  
 


Critique
 
Une séquence de rattrapage pour cet Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1. Il faut dire que je n'étais pas vraiment pressé de découvrir ce premier épisode d'un diptyque dont la seule raison d'être est de prolonger le succès d'une saga déjà très lucrative (Daniel Radcliffe nous prend pour des demeurés quand il affirme que c’était le seul moyen de raconter l'histoire d'une manière complète et satisfaisante : il oublie de dire qu’il double par la même occasion son cachet de 4 millions de livres sterling…). Pratique qui semble faire des adeptes, puisque le dernier volet de Twilight sera également divisé en deux parties. Mais après tout, si les fans consentent à se faire plumer... Pour ma part, j'ai eu la chance de ne pas payer ma place, donc pas de regret (enfin, presque…).
 
Mon peu d'empressement à voir cet avant-dernier opus tient aussi au fait que je n'ai pas en haute estime la littérature geek de J K Rowling : Mangemorts, Déluminateur et autres Horcruxes me laissent de marbre. Et que dire des sortilèges crétins déclamés avec un sérieux presque comique par les apprentis sorciers de Poudlard ? Mutinlutin malinpesti, Petrificus totalus, Finite incantatem… J’en passe et des meilleurs ! Si vous voulez lire un vrai roman gothique, préférez Les mystères d’Udolphe, d’Ann Radcliffe (avec un tel nom, vous ne serez pas complètement dépaysé…). 

Harry Potter et les reliques de la mort 3
 
Que l’on me permette ici une petite digression (un peu provocante…). Je sais que mes propos ne vont pas m'attirer de nouveaux amis. Le risque est même grand que je sois condamné au bûcher pour hérésie ! Cependant, il est un phénomène qui m’irrite au plus haut point : celui des geeks ! (J’entends déjà des voix s’élever pour me dire que, puisque je suis cinéphile, j’appartiens moi aussi à cette communauté. Je les arrête tout de suite ! Mon intérêt pour le septième art n’a rien de dévorant ! J’aime beaucoup le cinéma, certes, néanmoins ce n’est pas toute ma vie. Loin s’en faut !) 
 
Mais revenons à nos moutons. Je veux dire aux geeks… Outre que je ne comprends pas leur besoin d’être rangé dans une case, d’être catégorisé, ce qui m’agace le plus chez eux, c’est leur absence de recul et de regard critique. Ainsi, dans le domaine du cinéma, à partir du moment où un réalisateur s’adresse à eux, il devient aussitôt culte (mot bête s’il en est !) et ses films sont regardés comme des chefs-d’œuvre. Parfois même avant leur sortie (j’ai pu le constater sur certains blogs) ! Comme tout le monde, j’ai mes préférences, toutefois je ne crois pas perdre mon impartialité lorsque j’admire un créateur. John Ford est pour moi l’un des plus grands cinéastes de l’histoire, pourtant j’admets que toutes ses réalisations ne sont pas inoubliables (La route du tabac, par exemple). De la même façon, si je suis impatient de découvrir The tree of life, je n’écarte pas l’éventualité d’être déçu… Alors, revenez à la raison les geeks ! Et n’oubliez pas que selon l'Oxford american dictionnary, l'origine du mot geek se trouve dans l'ancien allemand geck, qui signifiait fou. Bon, refermons cette parenthèse... 
 
Finalement, que retenir d’Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1 ? Pas grand-chose. L’intrigue s’étire en longueur. Forcément ! Le livre fait 809 pages et son adaptation cinématographique dure près de 300 minutes (j’extrapole à partir des 2 h 25 de la première partie). Alors que les 720 pages d’Harry Potter et le Prince de sang-mêlé tenaient en 153 minutes. Il a fallu remplir ! Ce qui donne lieu à d’interminables scènes, notamment en forêt. Bien sûr, c’est assez sombre. Sans doute pour donner plus de densité aux personnages. Car c’est bien connu, on ne peut être profond que si l’on évolue dans une ambiance ténébreuse, torturée. Visuellement, je trouve également que le film perd en qualité par rapport aux précédents. Une séquence illumine néanmoins cet ensemble assez ennuyeux (et là, je crains que l’on ne m’accuse de vouloir faire semblant d’être objectif en apportant une note positive à ma critique) : celle illustrant le Conte des trois frères. On a droit alors à un pur moment de grâce, qui évoque Les aventures du prince Ahmed, de Lotte Reiniger, film d’animation enchanteur de 1926 réalisé en papier découpé.
 Le conte des trois frères
 
    Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1, David Yates (2010)
  Les aventures du prince Ahmed 1
 
    Les aventures du prince Ahmed, Lotte Reiniger (1926)
 
Malgré cela, l'intérêt d'Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1 est assez mince ! Aussi, pour faire passer ce spectacle un rien indigeste, vais-je regarder Le guépard ou lire quelques pages d’A l’ombre des jeunes filles en fleur. Cela me rafraîchira le cerveau. Ou alors, je vais préparer un article sur le projet d’adaptation d’A la recherche du temps perdu par Visconti. Quel dommage qu’il n’ait pu le mener à bien ! L’un de mes plus grands regrets… 
 
Ma note - 1,5/5

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Monsters

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis

 

Après qu’une sonde de la NASA se soit écrasée dans la jungle mexicaine, une forme de vie extra-terrestre s’est développée, entraînant l’exode des populations. Le nord du pays est devenu depuis une zone de guerre, où l’armée américaine affronte les créatures venues de l’espace. C’est dans ce contexte chaotique qu’Andrew Kaulder (Scoot McNairy), un photographe en quête du cliché qui le rendra célèbre, est chargé d’escorter jusqu’au Etats-Unis la fille du propriétaire du magazine qui l’emploie, Samantha Wynden (Whitney Able)… 

 

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Film britannique

Année de production : 2010

Durée : 1h34

Réalisation : Gareth Edwards

Scénario : Gareth Edwards

Image : Gareth Edwards

Avec Scoot McNairy (Andrew Kaulder), Whithney Able (Samantha Wynden), Justin Hall (Un Marine), Ricky Catter (Un Marine), Paul Archer (Un Marine)...  

 


 

Critique

 

Monsters, film au budget modeste (Gareth Edwards, le réalisateur, signe aussi le scénario, la photographie, les décors, les effets spéciaux, la conception graphique des monstres !) est la (très) bonne surprise de cette fin d’année. Certes, il décevra sans doute les amateurs de grosses productions : les monstres ne sont presque jamais montrés ; les scènes d’action sont assez rares et essentiellement suggérées ; les deux protagonistes ne vivent pas non plus un enfer, comme dans un banal survival. Il devrait par contre séduire les spectateurs plus sensibles à l’ambiance qu’aux effets tape-à-l’œil. En fait, Monster est avant tout un road-movie initiatique, dans la lignée de La route de John Hillcoat. Cependant, à la différence de ce dernier, Gareth Edwards choisit une voie moins désespérée, moins sinistre. Si je ne craignais pas d’effrayer certains, je qualifierais sa démarche de poétique ! De fait, plusieurs scènes sont animées par un véritable souffle lyrique, telle celle où Andrew et Samantha contemplent depuis le sommet d’une pyramide aztèque la muraille cyclopéenne supposée préserver les Etats-Unis de l’invasion. 

 

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D’autres séquences sont assez inattendues et témoignent d'une certaine audace. Je pense notamment à celle de la station service où les deux héros attendent l’arrivée des secours. Menacés (du moins le croient-il) par deux créatures extra-terrestres, ils assisteront finalement, médusés, à l'accouplement de celles-ci. Des monstres qui font l'amour, pas la guerre, c'est assez peu commun dans le cinéma de science-fiction ! 

 

Original sur la forme, Monster l’est également sur le fond. Puisque ce film est aussi une fable écologique et une métaphore politique. Fable écologique, par la beauté sauvage des paysages traversés et les destructions que leur font subir l’Homme. Métaphore politique, puisque la lutte menée par les Etats-Unis contre l’envahisseur évoque les différents conflits dans lesquels cette nation est engagée depuis les attentats du 11 septembre 2001 (l'un des personnages relève ainsi que l'armée américaine cause plus de souffrances aux populations locales que les prétendus monstres). Certains fâcheux diront que ces messages sont transparents et grossiers. Ils sont toutefois tellement d'actualité et réalistes que le spectateur ne peut y être que sensible.

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Monsters est donc bien plus qu'un énième film d'Aliens. Et contrairement à ce que prétend la promotion, c'est moins du côté de District 9 de Neill Blomkamp qu'il faut chercher une influence, mais plutôt de Délivrance ou de The mist (que l'on compare d'ailleurs l'affiche française de Monsters à certaines images du film de Frank Darabont) et, bien sûr, de La route. On songera également à Fitzcarraldo (pour le bateau échoué dans les arbres) et à La guerre des mondes (la scène où Samantha, réfugiée à l'intérieur de la station service, est menacée par les tentacules de la créature rappelle celle où Tom Cruise et Dakota Fanning, cachés dans une cave, essaient d'échapper à la vigilance des tripodes). Boorman, Darabont, Hillcoat, Herzog, Spielberg : il y a pire comme influences ! 

 

Ma note - 3/5

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