Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Décès de John Barry (30 janvier 2011)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

John Barry 1

 

Si son nom est peu connu du grand public, ses mélodies sont dans toutes les mémoires : John Barry, compositeur britannique de musique de films, est mort le 30 janvier 2011, à l'âge de 77 ans. On lui doit notamment les musiques d'une douzaine de James Bond, d'Out of Africa, de Danse avec les loups, ces deux derniers films lui ayant valu deux des cinq Oscars qui lui furent décernés au cours de sa carrière. Il composa également le générique de la série télévisée Amicalement vôtre. 

 

John Barry fut le premier mari de Jane Birkin, avec laquelle il eut une fille, Kate, aujourd'hui photographe. 

 

Filmographie complète sur IMDB

Voir les commentaires

Les chemins de la liberté (The way back)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Les chemins de la liberté 1
 
Synopsis
 
Janusz (Jim Sturgess), officier de l’armée polonaise accusé de déloyauté envers l’Union soviétique, est envoyé dans un camp de travail en Sibérie. Mais après seulement quelques semaines passées dans cet enfer, le jeune homme n’a plus qu’une idée : s’évader. Un projet qu’il tentera avec un petit groupe d’hommes, parmi lesquels Smith (Ed Harris), un Américain venu trouver du travail en Russie après la crise de 1929, Valka (Colin Farrell), un prisonnier de droit commun brutal, Voss (Gustaf Skarsgard), Tomasz (Alexandru Potocean)… Ensemble, ils parcourront plus de 10 000 kilomètres à travers la toundra sibérienne, les plaines de Mongolie, le désert de Gobi, puis les sommets de l’Himalaya, avant d’atteindre l’Inde. Leur route croisera celle d’Irena (Saoirse Ronan), jeune fille d’origine polonaise qui a fuit un kolkhoze… 
 
Fiche techniqueLes-chamins-de-la-liberte---Affiche.jpg
 
Film américain, émirati, polonais
Année de production : 2010
Durée : 2h13
Réalisation : Peter Weir
Scénario : Peter Weir, Keith R Clarke 
Image : Russell Boyd
Avec Colin Farrell (Valka), Ed Harris (Simth), Saoirse Ronan (Irena), Mark Strong (Khabarov), Jim Sturgess (Janusz), Gustaf Skarsgård (Voss)...
 


Critique
 
Huit ans après Master and commander, classique du film d’aventure (notamment pour sa mémorable scène d’ouverture), Peter Weir revient enfin sur les écrans avec cette adaptation du best-seller de Slavomir Rawicz, A marche forcée, odyssée sur laquelle plane un certain nombre de doutes. Une enquête menée par la BBC établit en effet que l’auteur aurait bénéficié en 1942 d’une amnistie pour rejoindre l’armée polonaise, rendant ainsi impossible le périple qu’il décrit dans ses mémoires. Mais la question de l’authenticité de ce récit est finalement secondaire, car il offre au cinéma une matière suffisamment riche pour donner naissance à une grande fresque, dans la lignée de Docteur Jivago. 
 
Les-chemins-de-la-liberte-2.jpg 
Malheureusement, faute de susciter véritablement l’émotion, cette œuvre n’est jamais traversée par un souffle épique susceptible d’emporter le spectateur. Prenons la séquence où Irena raconte son histoire (inventée) à Smith. Le plan sur son visage en pleurs devrait nous toucher. Pourtant, la magie n'opère pas. Est-ce dû à l’utilisation très mesurée de la musique tout au long du film ? Certes, cette louable retenue évite aux Chemins de la liberté de sombrer dans un pathos insupportable, toutefois l'absence d'une partition marquante ôte aussi de leur force aux images. Est-ce pour mieux restituer le manque de sincérité (à cet instant) du personnage incarné par Saoirse Ronan ? Toujours est-il que l’on reste émotionnellement en retrait. Et l’on pourrait multiplier les exemples. La scène d’évasion ne fait pas davantage vibrer, car dépourvue de réelle tension (la poursuite des évadés est carrément escamotée). Tout comme celle de la tempête de sable dans le désert de Gobi, impressionnante (notamment par le travail sur les sons), mais hélas interrompue après quelques secondes seulement.
 Les chemins de la liberté 3
 
Pour autant, Les chemins de la liberté ne se regarde pas sans déplaisir. Car Peter Weir démontre une nouvelle fois son incontestable éloquence visuelle. De plus, il est servi par les performances de ses comédiens, en tête desquels il convient de citer Ed Harris, dans un rôle proche de celui de Viggo Mortensen dans La route. Saoirse Ronan, jolie révélation de l'injustement mésestimé Lovely bones, confirme ses talents de comédienne. Colin Farrell est moins à son aise. Il est vrai que son personnage n’est pas de ceux qui suscitent l’empathie… 
 
Bref, un film sans faute de goût, mais un peu trop sage. Et l’on se prend à rêver de ce que Terrence Malick aurait fait de cette confrontation entre l’Homme et la nature... 
 
Ma note - 2,5/5

Voir les commentaires

Au-delà (Hereafter)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Au-dela-1.jpg
 
Synopsis
 
Marie Lelay (Cécile de France), journaliste française, passe ses vacances en Asie du sud avec son compagnon, Eric (Thierry Neuvic). A la veille de quitter le pays, tandis qu’elle se rend dans des boutiques pour acheter quelques souvenirs, elle est surprise par une vague gigantesque provoquée par un tremblement de terre sous-marin. Emportée par les flots, elle connaît une expérience de mort imminente, qui la bouleversera durablement… George Lonegan (Matt Damon) vit à San Franciso. Cet ouvrier a conservé d’une encéphalomyélite contractée dans sa jeunesse un pouvoir médiumnique qui l’empêche de tisser des relations sociales normales. Ce don encombrant sera même cause de l’échec de sa liaison amoureuse avec la séduisante Melanie (Bryce Dallas Howard), rencontrée à l’occasion d’un cours de cuisine… Marcus et Jason (Frankie et George McLaren) vivent dans une banlieue populaire de Londres avec leur mère (Lyndsey Marshal), dépendante à l’alcool est aux stupéfiants. Mais un jour, Jason est tué dans un accident de la circulation. Marcus est alors placé dans une famille d’accueil… Guidés par le même besoin de percer le mystère de l'au-delà, Marie, George, et Marcus vont voir leur destin se croiser… 
 
Fiche techniqueAu-dela---Affiche.jpg
 
Film américain
Année de production : 2010
Durée : 2h09
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Peter Morgan
Image : Tom Stern 
Avec Cécile de France (Marie Lelay), Thierry Neuvic (Didier), Matt Damon (George Lonegan), Bryce Dallas Howard (Melanie), Frankie McLaren ( Marcus)...    
 

 
Critique 
 
Avec Au-delà, Clint Eastwood s’essaie au film choral, sous la forme d'un récit structuré en trois épisodes. Evacuons tout de suite la question de la partie parisienne, dont tout le monde, même les critiques les plus indulgents, s’accorde à reconnaître la faiblesse. Je ne serai donc pas très original en relevant moi aussi que le spectateur français se sentira sans doute gêner par la méconnaissance dont font preuve le réalisateur et son scénariste, Peter Morgan, à l’égard de la politique de notre pays. Mettre dans la bouche d'une journaliste responsable d’un magazine d’investigation d'une grande chaîne publique que personne n’a encore étudié la part d’ombre de François Mitterrand est de fait assez consternant (l’action se déroule en 2005). 
 
L’épisode anglais m’a en revanche davantage séduit. Sur certains blogs, j’ai lu qu’il était d’une sentimentalité dégueulasse ! Un reproche qui me semble un brin outrancier. Je ne vois en effet pas en quoi le sentimentalisme peut-être qualifié de dégueulasse. Le racisme, la vulgarité, sans doute. Mais là, je ne comprends pas. A la rigueur, cela peut être agaçant, ridicule... Quoi qu’il en soit, j’ai été sensible à l’évocation pleine de justesse de cet univers ouvrier et à l’interprétation des jumeaux et de leur mère à la dérive. 
 
Au-dela-2.jpg 
La partie américaine fait le lien entre les deux autres récits, grâce au personnage incarné par Matt Damon. Inégale dans son traitement, elle donne tout de même lieu à une très belle scène de dégustation à l’aveugle, joliment sensuelle, au cours de laquelle Bryce Dallas Howard se confie à George. Il est simplement dommage que leur relation ne soit pas davantage développée. 
 
D’un point de vue formel, Clint Eastwood fait montre une nouvelle fois d'une parfaite maîtrise, notamment à l’occasion de la reconstitution du tsunami, impressionnante, et de la séquence de panique dans le métro londonien. Le talent du cinéaste transparaît également dans des plans moins spectaculaires, plus intimes, mais tout aussi forts, tel celui où, après la mort de Jason, la caméra s’élève vers le ciel, comme dans Mystic river après la découverte du corps de Katie Markum. Si l'on devait mettre un bémol, tout juste soulignerait-on la théâtralité exagérée des flashs de George, qui auraient pu être rendus d’une manière plus subtile, ainsi que le caractère un peu conventionnel des représentations de l’au-delà, avec des silhouettes évanescentes immobiles dans un espace éclatant de lumière. 
 
Au-dela-3.jpg 
Certes, Au-delà n’occupera probablement pas une place majeure dans la très riche filmographie d’Eastwood. Ce film n’est pas pour autant aussi infâmant que certains se plaisent à l’affirmer. Il a du moins le mérite de prouver la cohérence de l’œuvre du réalisateur. Car on y retrouve des thèmes maintes fois abordés au cours de sa carrière (le poids du passé, la mort, le surnaturel…). De plus, il illustre avec beaucoup de tendresse le lien mystérieux unissant les vivants à leurs morts. Comme l’a noté Lee Chang-dong (l’auteur du très beau Poetry) lors du dernier festival de Toronto, Au-delà est un film apaisant, qui prend le contre-pied de tous les principes du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui. 
 
Ma note - 2/5

Voir les commentaires

Arrietty, le petit monde des Chapardeurs (借りぐらしのアリエッティ)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Arrietty-1.jpg
 
Synopsis
 
Les Chapardeurs sont des êtres lilliputiens vivant dans les endroits les plus secrets des vieilles demeures. Ils subsistent en empruntant aux humains ce dont ils ont besoin. Mais en menue quantité, pour ne pas éveiller l’attention de leurs cousins de grande taille. Arrietty appartient à ce petit peuple. Cependant, l’aventureuse jeune fille, ignorant toute prudence, va se lier avec un jeune garçon, Sho, venu se reposer, avant une délicate opération, dans la maison où elle et ses parents ont trouvé refuge…
 
Fiche techniqueArrietty---Affiche.jpg

Film japonais
Année de production : 2010
Durée : 1h34
Réalisation : Hiromasa Yonebayashi
Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa
Image : Atsushi Okui
Avec (voix originales) Mirai Shida (Arrietty), Ryunosuke Kamiki (Sho), Kirin Kiki (Haru), Tomokazu Miura (Pod), Shinobu Ötake (Homily), Keiko Takeshita (Sadoko)... 
 
 
Critique
 
Inspiré d’un roman de Mary Norton (The Borrowers), Arrietty, le petit monde des chapardeurs est une nouvelle merveille des studios Ghibli, dont c’est ici le 18ème long métrage. Arrietty procure d’abord, par sa représentation poétique d’une nature à la beauté quasi sacrée, un ravissement esthétique (trop) rare. Une nature bruissante de vie, gorgée de chlorophylle et de couleurs impressionnistes (Monet n’est pas loin), et même de parfums, que l’on peut presque percevoir. Car, bien sûr, comme souvent chez Miyazaki (auteur ici du scénario), ce film est avant tout une magnifique fable écologique, où le personnage principal et sa famille, menacés par les humains, sont les symboles d’un monde enchanté et naturel en voie d’extinction.
 
Arrietty-2.jpg
 
Arrietty va toutefois bien au-delà. Il est aussi une parabole sur la fin possible (et souhaitée ?) de la société de consommation (il a été mis en chantier en 2008, en pleine crise économique). En détournant les objets de leur usage initial (un escalier fait de clous, une bobine de fil recyclée en ascenseur, du ruban adhésif double face en guise de matériel d’escalade...), en empruntant -raisonnablement et uniquement ce qui leur est indispensable (les Chapardeurs préfèrent aux charmants bibelots de la maison de poupée un humble morceau de sucre)- plutôt qu’en achetant, le peuple d’Arrietty nous montre en effet une autre voie de développement envisageable, une manière de vivre et de s'épanouir différente, moins matérialiste, davantage tournée vers l'essentiel, c'est-à-dire l’humain, qu’incarne la belle et émouvante relation de la jeune fille avec ses parents, marquée ici non pas par le conflit générationnel, mais par la transmission et la solidarité.
 
D'une qualité graphique qui n’a rien à envier aux productions du maître Miyazaki, la réalisation d’Hiromasa Yonebayashi prouve que le jeune cinéaste (il n’a que 37 ans) a déjà trouvé son style, défini ses propres thématiques et créé un univers personnel, laissant entrevoir un bel avenir pour le mythique studio japonais.
 
Ma note - 3,5/5

Voir les commentaires

Somewhere

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Somewhere 1
 
Synopsis
 
Johnny Marco (Stephen Dorff), star hollywoodienne installée à demeure à Château Marmont, luxueux hôtel niché au-dessus de Los Angeles, mène une existence oisive. Jusqu’au jour où sa fille, Cleo (Elle Fanning), née d’un mariage raté, débarque dans sa vie...
 
Fiche techniqueSomewhere - Affiche
 
Film américain
Année de production : 2010
Durée : 1h37
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Image : Haris Savides
Avec Stephen Dorff (Johnny Marco), Elle Fanning (Cleo), Chris Pontius (Sammy), Kristina Shanon (Bambi), Karissa Shanon (Cindy)...    
 

 
Critique
 
Une caméra fixe filme une portion de circuit sur laquelle tourne une Ferrari. Le plan dure bien deux minutes. Sans doute se veut-il métaphorique de la vie de Johnny... Il est surtout très ennuyeux et assez laid. Mais cette introduction a au moins le mérite de mettre le spectateur dans l’ambiance. Elle est en effet à l’image du reste de ce long métrage, dont on peut se demander comment il a pu être préféré à Potiche ou à Vénus noire au palmarès de la dernière Mostra de Venise. De là à inférer que la courte relation de l'auteur avec le président du jury, Quentin Tarantino, y est pour quelque chose…
 
J’attendais un film sur la relation père-fille, thème peu abordé au cinéma (du moins à ma connaissance). Sofia Coppola dresse surtout le portrait sans intérêt d’une star hollywoodienne neurasthénique, dont la triste existence se partage entre les shows pathétiques de jumelles strip-teaseuses, des fêtes somme toute assez sages, des promenades en voiture sur les hauteurs de Los Angeles à la poursuite d’une inconnue blonde et quelques séquences de promotion ou de maquillage (il faut bien gagner sa vie !). Johnny est dans un état si comateux qu’il ne s’étonne même pas de voir un véhicule de luxe fracassé contre le mur d’entrée de Château Marmont (une référence à Helmut Newton, mort dans de semblables circonstances en janvier 2004 ?). 
 
Somewhere 4 

Sofia Coppola avait pourtant un sujet en or, qu’elle aurait pu nourrir de sa propre relation avec son illustre géniteur. En fait, si l’on en croit le dossier de presse, il semble qu’elle ait utilisé un certain nombre de souvenirs personnels pour construire le lien unissant Johnny et Cleo. Cela veut donc dire que ses rapports avec son père étaient d’une indigence absolue (ce que je veux bien croire). Car finalement, Johnny et sa fille ne partagent presque rien au cours de leur éphémère cohabitation : quelques heures passées devant la télévision à jouer à Guitar hero, un séjour à Milan durant lequel Johnny essaiera surtout de se cacher de Cleo pour renouer avec une ancienne maîtresse… Et quand il se séparera d’elle, il ne trouvera rien de mieux que de l’emmener dans un casino à Las Vegas (l’endroit du monde le plus adapté pour passer un moment privilégié avec son enfant, avant de lui faire ses adieux !). Puis c’est en hélicoptère -et oui, c’est aussi cela la vie des stars !- qu’il rejoindra le taxi qui acheminera Cleo vers sa colonie de vacances… Mais ces quelques jours passés ensemble lui feront comprendre la vacuité de son existence. Il quittera alors hôtel et voiture de luxe (pour retrouver sa fille ?). Presque aussi profond qu'un roman de Marc Lévy...

Somewhere 3
 
Avec Somewhere, Sofia Coppola apporte la preuve du caractère très surfait de son œuvre. Elle est avant tout une icône de mode, qui fait les beaux jours des pages glacées de Vogue ou celles, recyclées, des magazines people. Son cinéma est par contre assez tape-à-l’œil. Plaquer de la musique new wave sur un film consacré à la vie de Marie-Antoinette relève selon moi plus du snobisme que de l'audace ou de l’intelligence (et tant pis si ces propos me font passer pour rétrograde !). Si je devais définir son talent, je dirais que c’est celui du paraître. Une qualité finalement bien dans l’air du temps. Aussi comprends-je que Sofia Coppola plaise autant à nos contemporains. 
 
Une note positive tout de même, avant de conclure. L’interprétation sensible et pleine de délicatesse de la lumineuse Elle Fanning, dont le personnage, par son innocence, est le seul à véhiculer une réelle émotion. 
 
Je suis donc toujours dans l'attente du film qui me fera vibrer... Depuis deux mois, il n'y a eu que  Le soldat dieu et Outrage (dont je n'ai pas fait la critique...) pour me séduire. Cela fait peu ! 
 
 Ma note - 2/5

Voir les commentaires