Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Décès de Marie-France Pisier (24 avril 2011)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Marie-France-Pisier.jpg

 

Marie-France Pisier est morte cette nuit, 24 avril 2011, à l’âge de 66 ans. Née le 10 mai 1944 à Đà Lt (Indochine française), elle fut découverte en 1961 par François Truffaut, qui lui offrit son premier rôle, celui de Colette, le premier amour d’Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud), dans un court-métrage de L’amour à vingt ans, Antoine et Colette. Elle retrouva ce rôle en 1968, dans Baisers volés, puis en 1979 dans L’amour en fuite.

 

Marie-France Pisier tourna trois fois la direction de Robert Hossein : La mort d’un tueur (1963), Les yeux cernés (1964) et Le vampire de Düsseldorf (1964). L'actrice devint peu à peu une égérie du cinéma d'auteur, apparaissant chez Alain Robbe-Grillet (Trans-Europ-Express), Luis Buñuel (Le fantôme de la liberté), Jacques Rivette (Céline et Julie vont en bateau) et surtout André Téchiné, grâce à qui elle obtint le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1977, pour Barocco. Récompense qu’elle reçu également pour Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella. 

 

Marie-France Pisier fut aussi à l’affiche de plusieurs succès populaire, comme Le corps de mon ennemi d’Henri Verneuil (1976), ou L’as des as de Gérard Oury (1982). Sa dernière apparition au cinéma remonte à 2010 (Il reste du jambon ? d’Anne de Petrini). 

 

On lui doit encore, comme réalisatrice, Le bal du gouverneur (adaptation de son propre roman) et Comme un avion (2002). 

 

A noter qu'elle devait être l'invitée d'une émission spéciale consacrée à Jean-Paul Belmondo, dont elle fut à plusieurs reprises la partenaire, le 17 mai prochain, sur France 2. 

 

Filmographie complète sur IMDB.

Voir les commentaires

La maison sur la colline (The house on Telegraph Hill)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

La-maison-sur-la-colline-1.png
 
Synopsis
 
L’imposante demeure victorienne qu’occupait Victoria Kowelska (Valentina Cortese) sur la colline de Telegraph Hill, à San Francisco, est en vente. L’occasion pour elle de se rappeler les dernières années qu’elle vient de vivre… Tout commence onze ans plus tôt, en 1939, au moment de l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes. Peu après la mort de son mari, tué au cours du siège de Varsovie, la jeune femme est internée en Basse-Saxe, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, où elle se lie d’amitié avec une de ses compatriotes, Karin Dernakova (Natasha Lytess). Sensible aux soins que lui prodigue Victoria, Karin lui fait un jour la promesse de l’emmener aux Etats-Unis, chez sa tante Sophie, qui a recueilli son bébé au tout début du conflit. Le désir de revoir son enfant, dont elle a été si vite séparée, et la protection de Victoria soutiennent Karin durant presque toute la guerre. Mais très affaiblie, elle s’éteint quelques jours seulement avant la libération du camp par l’armée américaine. Ayant tout perdu, Victoria décide alors de prendre l’identité de la malheureuse et d’entrer en relation avec la tante de celle-ci, qui n’a aucun moyen de découvrir son imposture, n’ayant jamais revu sa nièce depuis son départ de Pologne, quarante ans auparavant… 
 
Fiche techniqueLa-maison-sur-la-colline---Affiche.jpg
 
Film américain
Année de production : 1951
Durée : 1h33
Réalisation : Robert Wise
Scénario : Elick Moll, Frank Partos
Image : Lucien Ballard
Avec Richard Basehart (Alan Spender), Valentina Cortese (Victoria Kowelska), William Lundigan (Major Marc Bennett), Fay Baker (Margaret)...
 

 
Critique
 
Réalisé par Robert Wise en 1951, deux ans après Nous avons gagné ce soir et la même année que Le jour où la Terre s’arrêta, La maison sur la colline est un thriller de bonne facture, même s’il ne s’agit pas de la pièce maîtresse de la filmographie du cinéaste. On appréciera plus particulièrement son ambiance expressionniste (voir la scène du garage où Victoria-Karin, seule dans la lumière, est épiée par une ombre énigmatique), que l’on doit au très beau travail du directeur de la photographie, Lucien Ballard, qui avait fait ses premières armes dans des films de Josef von Sternberg (Morocco, La femme et le pantin, Crime et châtiment, Sa majesté est de sortie). 
 
La-maison-sur-la-colline-2.jpg 
On sera également sensible aux multiples influences qui émaillent cette œuvre : Soupçons d’Alfred Hitchcock, pour son atmosphère paranoïaque ; Citizen Kane, car la maison de Telegraph Hill a un air de famille avec le Xanadu de Charles Foster Kane (il faut se rappeler ici que Wise fut le monteur d’Orson Welles sur ce film et La splendeurs des Amberson) ; La femme au portrait de Fritz Lang et Laura d’Otto Preminger (auquel Lucien Ballard collabora également), pour l’importance accordée à un portrait peint (ici, celui de la tante de Karin, que ne cesse d'interroger Victoria). Bref, un film qui mérite d’être (re)découvert… 
 
Ma note - 3,5/5

Voir les commentaires

Rango

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Rango 1   
 
Synopsis 
 
Rango mène une vie sans histoire d’animal de compagnie. Jusqu’au jour où un accident propulse son vivarium sur la route. Perdu en plein désert des Mojaves, il rencontre d’abord Roadkill, un tatou à la recherche de l’Esprit de l’Ouest, puis échappe de peu aux serres d’un faucon. Après avoir passé la nuit dans une canalisation, il fait la connaissance de Fève, un iguane du désert, qui le conduit dans une petite ville desséchée du Far West appelée Poussière, où de sournoises créatures font régner la terreur et détournent l’eau. Pour se fondre dans le décor, le caméléon, déclare s'appeler Rango et, grâce à son imagination, s’improvise shérif. Il va ainsi devenir le dernier espoir de la population de Poussière…
 
Fiche techniqueRango---Affiche.jpg
 
Filma américain
Année de production : 2011
Durée : 1h47
Réalisation : Gore Verbinski
Scénario : John Logan
Image : non renseigné
 


Critique
 
Les premières minutes du film de Gore Verbinski m’ont un peu déconcerté. Pour ne pas dire plus. N’ayant en effet pas compris que Rango se trouve dans un vivarium (je sais, je ne suis pas très clairvoyant !), je me suis demandé où allait me conduire ce caméléon si névrosé et bavard qu'on le croirait sorti de l'imagination de Woody Allen. Mes craintes se sont cependant dissipées dès son arrivée à Poussière. La reconstitution -pour la première fois dans un film d’animation ?- de l’univers du western m’a bluffé. Tout est là : des trognes dignes des films de Sergio Leone, le bruit de l’éolienne d’Il était une fois dans l’Ouest, une musique aux accents morriconien (cela fait longtemps que je n’ai pas salué une composition d’Hans Zimmer, mais je dois reconnaître cette fois qu’il nous livre un bijou de partition, même s’il pille beaucoup), un clone de Clint Eastwood incarnant l’Esprit de l’Ouest… On n’en finirait pas d’énumérer les clins d’œil aux grands mythes du genre. Et ils sont d’autant plus réjouissants qu’ils s’intègrent parfaitement au récit.
     
Rango-2.jpg
 
Cependant Rango n’est pas qu’un simple hommage au western. Il est également une quête identitaire -et qu’elle animal est le plus à même d’incarner cette recherche qu’un caméléon ?- et une fable écologique où le réalisateur stigmatise la surexploitation et le gaspillage des ressources de la planète, dérives dont Las Vegas (représentée ici) est certainement l’un des symboles les plus scandaleux. 
 
Sur le plan formel, Rango bénéficie d’une animation somptueuse, qui n’a rien à envier au leader du secteur (Pixar) et à son challenger (Dreamworks). Je ne dirai en revanche rien sur le doublage des personnages (réalisé apparemment selon une technique inédite), et en particulier sur le travail de Johnny Depp, que beaucoup loue, même les détracteurs du film, car il est aujourd’hui presque impossible en Province de voir un film d’animation en VO (seuls les films de Miyazaki font exception).
 
Rango-3.jpg
     
Les premiers pas de Gore Verbinski dans le monde de l'animation s’avèrent donc plus que convaincants. Je n’apporterai que deux bémols à cette première réalisation. D’une part, le récit aurait gagné à être plus resserré. La folle course poursuite dans le repère de Balthazar, sur fond de Chevauchée des Walkyries et du Beau Danube bleu, morceau de bravoure du film, intervient en effet un peu tardivement. Ou alors, une scène aussi rythmée aurait dû être insérée dans la première partie. D’autre part, à la différence des productions labellisées Pixar, accessibles à tous les publics grâce à leurs différents niveaux de lecture, Rango ne s’adresse sans doute pas aux plus petits. Il est d’ailleurs recommandé aux plus de 6 ans sur le site d’AlloCiné. C’est dommage… 
 
Ma note - 3/5

Voir les commentaires