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Arrietty, le petit monde des Chapardeurs (借りぐらしのアリエッティ)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Arrietty-1.jpg
 
Synopsis
 
Les Chapardeurs sont des êtres lilliputiens vivant dans les endroits les plus secrets des vieilles demeures. Ils subsistent en empruntant aux humains ce dont ils ont besoin. Mais en menue quantité, pour ne pas éveiller l’attention de leurs cousins de grande taille. Arrietty appartient à ce petit peuple. Cependant, l’aventureuse jeune fille, ignorant toute prudence, va se lier avec un jeune garçon, Sho, venu se reposer, avant une délicate opération, dans la maison où elle et ses parents ont trouvé refuge…
 
Fiche techniqueArrietty---Affiche.jpg

Film japonais
Année de production : 2010
Durée : 1h34
Réalisation : Hiromasa Yonebayashi
Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa
Image : Atsushi Okui
Avec (voix originales) Mirai Shida (Arrietty), Ryunosuke Kamiki (Sho), Kirin Kiki (Haru), Tomokazu Miura (Pod), Shinobu Ötake (Homily), Keiko Takeshita (Sadoko)... 
 
 
Critique
 
Inspiré d’un roman de Mary Norton (The Borrowers), Arrietty, le petit monde des chapardeurs est une nouvelle merveille des studios Ghibli, dont c’est ici le 18ème long métrage. Arrietty procure d’abord, par sa représentation poétique d’une nature à la beauté quasi sacrée, un ravissement esthétique (trop) rare. Une nature bruissante de vie, gorgée de chlorophylle et de couleurs impressionnistes (Monet n’est pas loin), et même de parfums, que l’on peut presque percevoir. Car, bien sûr, comme souvent chez Miyazaki (auteur ici du scénario), ce film est avant tout une magnifique fable écologique, où le personnage principal et sa famille, menacés par les humains, sont les symboles d’un monde enchanté et naturel en voie d’extinction.
 
Arrietty-2.jpg
 
Arrietty va toutefois bien au-delà. Il est aussi une parabole sur la fin possible (et souhaitée ?) de la société de consommation (il a été mis en chantier en 2008, en pleine crise économique). En détournant les objets de leur usage initial (un escalier fait de clous, une bobine de fil recyclée en ascenseur, du ruban adhésif double face en guise de matériel d’escalade...), en empruntant -raisonnablement et uniquement ce qui leur est indispensable (les Chapardeurs préfèrent aux charmants bibelots de la maison de poupée un humble morceau de sucre)- plutôt qu’en achetant, le peuple d’Arrietty nous montre en effet une autre voie de développement envisageable, une manière de vivre et de s'épanouir différente, moins matérialiste, davantage tournée vers l'essentiel, c'est-à-dire l’humain, qu’incarne la belle et émouvante relation de la jeune fille avec ses parents, marquée ici non pas par le conflit générationnel, mais par la transmission et la solidarité.
 
D'une qualité graphique qui n’a rien à envier aux productions du maître Miyazaki, la réalisation d’Hiromasa Yonebayashi prouve que le jeune cinéaste (il n’a que 37 ans) a déjà trouvé son style, défini ses propres thématiques et créé un univers personnel, laissant entrevoir un bel avenir pour le mythique studio japonais.
 
Ma note - 3,5/5

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