Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blackthorn

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Blackthorn 1
 
Synopsis 
 
Présumé mort depuis 1908, Butch Cassidy (Sam Shepard) se cache en réalité en Bolivie sous le nom de James Blackthorn. Au crépuscule de sa vie, il n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer le fils qu’il a eu avec Etta Place (Dominique McElligott). Aussi, après avoir passé une dernière nuit avec sa compagne, Yana (Magaly Solier), vend-il tout ce qu’il possède, puis prend la direction de son pays natal. Mais son chemin croise bientôt celui d’un jeune ingénieur, Eduardo (Eduardo Noriega), qui vient de braquer la mine dans laquelle il travaillait. Poursuivi par son ancien employeur, l’un des hommes les plus puissants du pays, il propose à Butch Cassidy une partie de son butin s’il accepte de l’aider. L’ancien hors-la-loi, qui a perdu à cause de lui son cheval et son argent, se laisse convaincre… 
 
Fiche techniqueBlackthorn - Affiche
 
Film espagnol, américain, bolivien, français
Année de production : 2011
Durée :1h32
Réalisation : Mateo Gil
Scénario : Miguel Barros
Avec Sam Shepard (Butch Cassidy/James Blackthorn), Eduardo Noriega (Eduardo), Magaly Solier (Yana), Dominique McElligott (Etta Place), Stephen Rea (Mackinley)...
 

 
Critique
 
Selon certains esprits chagrins, le western serait un genre moribond, dont le dernier chef-d’œuvre serait Impitoyable. C’est effacer d’un revers de main un peu rapide des films comme L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Andrew Dominik), Appaloosa (Ed Harris), True Grit (Joël et Ethan Coen) ou encore La dernière piste (Kelly Reichardt). Blackthorn s’ajoute à cette liste pour prouver qu’il a encore un bel avenir devant lui…
 
Mateo Gil, scénariste de la plupart des films d’Amenábar (dont Agora, si injustement méprisé par la critique à sa sortie), se fonde ici sur l’incertitude entourant les circonstances de la mort de Butch Cassidy -la sœur de ce dernier, Lula Parker Betenson, ayant affirmé dans un livre que son frère avait vécu anonymement aux Etats-Unis bien après sa mort supposée à San Vincente, en Bolivie- pour revisiter l’histoire et imaginer la vieillesse du légendaire hors-la-loi. Un point de vue qui confère à cette œuvre une dimension nostalgique bouleversante. Ce qui range Blackthorn dans la catégorie des westerns crépusculaires. Mais d’une manière atypique, compte tenu de son esthétique, de la lumière presque aveuglante dans laquelle il baigne. A cet égard, les auteurs de sous-titres seraient bien inspirés de composer leurs textes avec un lettrage de couleur adapté au fond de l’image ! La transcription des dialogues étaient parfois à la limite de la lisibilité. J'avais connu le même problème avec Battle for Haditha, de Nick Broomfield... 
 
Blackthorn 3 
S’il excelle à construire une ambiance, le cinéaste espagnol nous propose également quelques scènes d’anthologie, qui lui permettent de soutenir la comparaison avec quelques-unes des plus belles réussites du genre (et je ne parle pas seulement des plus récentes). On citera notamment la chevauchée désespérée de Butch Cassidy et d’Eduardo dans le Salar de Uyuni. Leur fuite à travers ce désert de sel situé sur les hauts-plateaux boliviens est en effet d’une stupéfiante beauté. On doit sur ce point saluer le travail du directeur de la photographie, Juan Ruiz Anchía. 
 
Voilà donc un film parfaitement maîtrisé, auquel l’immense Sam Shepard prête son incroyable charisme. Quelques commentateurs affirment cependant qu'il souffre de la comparaison avec Butch Cassidy et le Kid, de George Roy Hill. Un tel parallèle me semble assez incongru, tant ces deux oeuvres sont différentes. Mais si l'on veut s'amuser à mettre en balance les mérites de l'une et de l'autre, je trouve au contraire que Blackthorn donne un terrible coup de vieux à son prédécesseur, que j'ai revu il y a quelques mois et qui m'a semblé très daté esthétiquement. Pourtant, nul n'ignore mon intérêt -ma passion, devrais-je dire !- pour le cinéma de patrimoine...
 
Ma note - 4/5 

Commenter cet article

fredastair 06/09/2011 11:21


Beau film mélancolique en effet, avec quelques longueurs toutefois (beaucoup d'allers-retours, de volte-faces) mais qui ajoutent à son charme languide. J'ai aimé la douceur de sa bande-son, la
majesté tranquille des décors, la simplicité de ses comédiens.
Après, s'il fallait l'opposer à "True Grit", ce serait plutôt ce "Blackthorn" qui irait dans la catégorie des "films sympas", bien en-dessous de celui des Coen! La mise en scène classiciste de
"True Grit" me semble plus ample qu'ici, et l'histoire m'avait davantage accroché.


CHRISTOPHE LEFEVRE 06/09/2011 11:42



Il y a aussi une belle chevauchée nocturne dans True Grit !



mymp 05/09/2011 20:34


Le cycle débutera normalement le 19 septembre avec l'article de Palilia, très drôle, sur un héros (et un fantasme) de sa jeunesse !
Sinon, question technique : tu as vu qu'on était limité au niveau du stockage des images. Comment fais-tu toi ? Parce que moi, déjà rien qu'avec une soixantaine d'images (qui, c'est vrai, ne
viennent pas de Google ni d'Allociné puisque je les retravaille et les reformate), je suis presque arrivé à 200 (apparemment le maximum). Donc le problème d'illustrer mes articles va se poser à un
moment et je ne sais pas trop comment le résoudre... Si jamais tu as la solution, je suis preneur.


CHRISTOPHE LEFEVRE 05/09/2011 23:44



Il faut faire des dossiers ! Quand tu abordes un film, tu mets l'image, ou les images, dans un dossier : comme ça tu n'es plus limité. Sauf à 3 Go, bien sûr... Mais avant de les atteindre. Je
dois avoir mis deux cents photos de grande taille, et j'ai consommé seulement 0,3 Go. Bon, je suis dans un cas particulier, car j'ai pris l'option Premium, ce qui me donne 30 Go de stockage. Mais
la solution des dossiers devrait résoudre ton problème. Pour qu'il n'y ait pas qu'une seule photo par dossier, tu peux toujours en faire nu par moi, avec une photo de tous les films vus... Je ne
sais si je suis très clair ? N'hésite pas à me redemander !



Robin 04/09/2011 20:39


Très bon film. Il met un peu de temps à démarrer, et est académique sur son début, mais sait se distinguer dès lors que la poursuite est lancée. Une très belle ambiance assez rêche pour ce western
très sobre, et un excellent Sam Shepard qui porte le film sur ses épaules.
Je suis d'accord avec Mymp quand au décevant True Grit, au script tout juste médiocre.


CHRISTOPHE LEFEVRE 04/09/2011 23:52



Je suis complètement d'accord sur la partie Blackthorn. Pour Tru grit, je reste sur l'idée que c'était quand même sympa, même si un peu paresseux !



mymp 04/09/2011 11:59


Beh oui, L'assassinat de Jesse James, c'est quand même l'un des plus beaux westerns de tous les temps (sur True grit en revanche, je ne te rejoins absolument pas). Celui-là me tente bien,
l'ambiance a l'air magnifique (faut juste que j'aie le temps d'aller le voir avant qu'il ne disparaisse rapidement des écrans).
Sinon, je vois que monsieur publie comme un malade, tu vas devenir le nouveau ffred ;) Bonne continuation.


CHRISTOPHE LEFEVRE 04/09/2011 12:07



C'est vrai que L'assassinat de Jesse James est très supérieur à True grit. Je cite celui-ci car je l'ai trouvé sympa, mais il est un peu hors de propos dans cette liste. Quant au film de Dominik,
il supporte largement la comparaison avec les films du genre... Je publie pas mal... Même un peu trop, car je ne prends plus le temps de fouiller un peu mes critiques. J'aurais voulu dire
plus de choses sur ce film, mais je n'ai pas le temps si je veux chroniquer tous les films que je vois... Autre problème, c'est que je réagis un peu trop à chaud. Ce qui me donne parfois
envie, avec le recul, de relativiser ce que j'ai écrit. Dommage que tu n'aies pas aimé Melancholia... J'aurais aimé lire une critique comme celle que tu as faites pour Antichrist... Bonne
continuation aussi à toi, et j'attends avec impatience le démarrage du cycle des inavouables !