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Charlot et le parapluie (Between showers)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Un dandy (Ford Sterling) échange discrètement son vieux parapluie troué contre celui, flambant neuf, d'un policier (Chester Conklin) qui fait la cour à son amie (Sadie Lampe). Plus tard, alors que la pluie a cessé de tomber, il offre son assistance à une jeune femme (Emma Clifton), qui ne peut franchir une profonde flaque d’eau accumulée au bord d’un trottoir. Lui tendant son parapluie, il part chercher une planche sur un chantier. Charlot, qui a repéré la belle, ne tarde pas à l’imiter. Mais entre temps, un policier est arrivé sur les lieux et a apporté son aide à la dame. Le dandy souhaite alors récupérer son parapluie, cependant la jeune femme refuse. Une confrontation s’ensuit, dans laquelle intervient le véritable propriétaire de l’objet, qui jettera finalement le voleur en prison…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h14
Réalisation : Henry Lehrman
Avec Charles Chaplin (Le vagabond), Ford Sterling (Le rival), Chester Conklin (Un policier), Sadie Lampe (L'amie du policier)...
 


Critique
 
Ce cinquième film de Chaplin à la Keystone est aussi le dernier qu’il tourna sous la houlette d’Henry Lehrman. Les relations entre les deux hommes n’avaient en fait cessé de se dégrader depuis leur première collaboration sur Pour gagner sa vie. Si l’on en croit David Robinson, l’acteur reprochait à son réalisateur de dénaturer ou supprimer ses meilleurs effets comiques. Ce que paraît confirmer ce court métrage, où Lehrman donne la part belle au jeu grimaçant et rudimentaire de Ford Sterling, au détriment de celui infiniment plus subtil de Chaplin. Conscient de ces difficultés, Sennett assignera bientôt à sa nouvelle vedette un autre metteur en scène, George Nichols.
 Charlot-et-le-parapluie-1.png
 
Charlot et le parapluie marque aussi les retrouvailles de Chaplin et Sterling, avec qui il avait partagé l’affiche de A thief catcher. Le scénario de ce court métrage a pour point de départ les pluies torrentielles qui s’abattirent au début du mois de février 1914 sur la région de Los Angeles. Comme beaucoup de productions de l’époque, l’intrigue peut sembler dépourvue de sens. C’est qu’il faut faire l’effort d’en pénétrer le langage, essentiellement basé sur le mime. Le public d’alors, familier de ce genre de spectacle, comme pouvait l’être celui du XVIIème siècle pour la Commedia dell'arte, en avait bien sûr une compréhension plus aiguë. 
     
Sous ses airs de comédie échevelée et absurde, Charlot et le parapluie constitue tout de même une évolution majeure du genre burlesque, même si elle s’opère ici par petites touches. Deux styles comiques s’opposent en effet dans ce film, celui de Sterling, fondé sur le geste, et celui de Chaplin, plus intérieur et expressif. Si le premier nous apparaît aujourd’hui assez abscons, faute de détenir encore le code qui nous permettrait de le décrypter, le second est universel et intemporel, donc immédiatement accessible, ainsi que l’observe Robinson dans sa biographie du cinéaste : La différence essentielle entre la comédie Keystone et la comédie Chaplin tient à ce que l’une se fonde sur l’exposition et l’autre sur l’expression. La technique de l’exposition relève de codes tels que le mime ; le style expressif, lui, est compris instantanément par tous. C’est le facteur essentiel de la renommée mondiale que Chaplin connu presque immédiatement.
 Charlot et le parapluie 2
 
Comme tous les films tournés par Chaplin pour la Keystone, Charlot et le parapluie est disponible dans le coffret commercialisé par la société Lobster.

Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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