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Colombiana

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Colombiana-1.jpg   
Synopsis
 
Cataleya Restrepo (Amandla Stenberg) n’a que 9 ans lorsqu’elle assiste au meurtre de ses parents, commandité par Don Luis (Beto Benites), un narcotrafiquant colombien. Échappant de peu au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio (Cliff Curtis), un gangster. Quinze années passent. La jeune femme (Zoe Saldana) est devenue tueuse à gages. Elle signe ses forfaits d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message destiné aux assassins de ses parents. Car elle est bien décidée à les venger…
 
Fiche techniqueColombiana---Affiche.jpg

Film français
Année de production : 2011
Durée : 1h45
Réalisation : Olivier Megaton
Avec Zoe Saldana (Cataleya Restrepo), Amandla Stenberg (Cataleya Restrepo jeune), Michael Vartan (Danny Delanay), Cliff Curtis (Emilio Restrepo), Beto Benites (Don Luis)...
 

 
Critique 
 
J’ai d’abord hésité à faire la critique de Colombiana. Devais-je consacrer une partie de mon temps à écrire sur cette nouvelle production signée EuropaCorp ? La haute valeur morale de cette histoire, la grande vraisemblance d’un scénario dont chaque rebondissement est subtilement amené, la charge émotionnelle de certaines scènes (soulignée par une musique idoine), l’extrême complexité des personnages, la qualité de l’interprétation -mention spéciale au jeu dense, pour ne pas dire shakespearien, de Cliff Curtis- m’ont décidé à prendre la plume (ou plutôt le clavier)...
 
J'ai été d'autant plus convaincu qu’Olivier Megaton -prononcez à la française (ton), non pas à l’anglaise (tonne), pour éviter toute confusion avec l’unité utilisée pour mesurer l’énergie dégagée lors de l’explosion d’une arme nucléaire- n’hésite pas à mêler divertissement et culture. En effet, outre une scène située dans une bibliothèque (!), le prénom de l’héroïne interprétée par la sobre Zoe Saldana (je me demande si je ne la préfère pas avec sa carnation bleue et ses yeux de félin d’Avatar), Cataleya, renvoie discrètement le spectateur un peu lettré à l’une des œuvres phares de notre littérature, Un amour de Swann. Pour les béotiens, je rappelle que cette variété d’orchidée était l’une des préférées d’Odette de Crécy, future madame Swann : Elle trouvait à tous ses bibelots chinois des formes amusantes, et aussi aux orchidées, aux catleyas surtout, qui étaient, avec les chrysanthèmes, ses fleurs préférées, parce qu’ils avaient le grand mérite de ne pas ressembler à des fleurs, mais d’être en soie, en satin. Ses fleurs devinrent même au fil du temps, pour le couple, une manière métaphorique de désigner l’acte sexuel : Et bien plus tard, quand l'arrangement (ou le simulacre rituel d'arrangement) des catleyas fut depuis longtemps tombé en désuétude, la métaphore faire catleya, devenue un simple vocable qu'ils employaient sans y penser quand ils voulaient signifier l'acte de la possession physique -où d'ailleurs l'on ne possède rien-, survécut dans leur langage.

Colombiana-3.jpg
Bref, Colombiana est un film d’action intelligent et… Bon, je plaisante ! C’est particulièrement crétin. Et si vous voulez voir une histoire de tueuse, préférez Hanna, de Joe Wright. Car même s’il est très imparfait, tout vaut mieux que cet inénarrable navet (qui m’a quand même permis de citer Proust !). Décidément, après The tree of life, Halal police d’Etat et La source des femmes, la société de Luc Besson fait le grand écart cette année…
 
Ma note - 0,5/5

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