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Contagion

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Contagion-4.jpg
 
Synopsis 
 
Une pandémie dévastatrice ravage la planète… Au Centre de prévention et de contrôle des maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le docteur Ellis Cheever (Laurence Fishburne), confronté à un vent de panique collective, fait appel à une jeune doctoresse, Erin Mears (Kate Winslet). Leonora Orantes (Marion Cotillard), de l’OMS, s’efforce quant à elle de remonter aux sources du fléau… 
 
Fiche techniqueContagion---Affiche.jpg
 
Film américain
Année de production : 2011
Durée : 1h46 
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Scott Z Burns
Avec Gwyneth Paltrow (Beth Emhoff), Laurence Fishburne (Docteur Ellis Cheever), Kate Winslet (Docteur Erin Mears), Matt Damon (Mitch Emhoff), Jude Law (Alan Krumwiede), Marion Cotillard (Docteur Leonora Orantes)...
 

 
Critique 
 
Ma grande nosophobie me faisait craindre un spectacle particulièrement anxiogène. Mais il n’en est rien. Pourtant, ce thriller choral se distingue par son traitement particulièrement réaliste, pour ne pas dire clinique (voir l’autopsie de Beth Emhoff). Alors, qu’est-ce qui fait que Contagion ne fonctionne pas, qu’il ne provoque pas l’effroi, qu’on ne se sent pas concerné ? Peut-être est-ce un effet de l’emballement médiatique de l’épisode H1N1, qui nous amène aujourd’hui à considérer un tel sujet avec un brin de cynisme. Sans doute cela tient-il aussi au fait que le propos de Soderbergh se dilue dans plusieurs intrigues secondaires mettant en scène des personnages trop désincarnés pour susciter l’intérêt. C’est le cas, par exemple, de celui du docteur Leonora Orantes, interprété par une Marion Cotillard qui poursuit une carrière hollywoodienne aussi prestigieuse… qu’insignifiante et muette. En effet, que ce soit sous la direction de Michael Mann (Public ennemies) ou de Christophe Nolan (Inception), on ne peut pas dire qu’elle se soit vu jusque-là confier des rôles très denses et très dialogués. Bon, sachons gré tout de même à Soderbergh de ne pas lui avoir fait fredonner La vie en rose ou L’hymne à l’amour 
 
Contagion-5.jpg
 
On reprochera également à Soderbergh certains traits caricaturaux : l’origine du mal vient ainsi d’Asie ; la famille recomposée est décimée, alors que le modèle plus traditionnel est préservé ; la femme adultère figure parmi les premières victimes (ah ! l’infâme pécheresse !), tandis que l’homme trompé bénéficie d’une miraculeuse immunité…
 
Tout n’est toutefois pas à rejeter. On retiendra notamment l’intéressant rôle dévolu à Jude Law, blogueur militant aux motivations ambiguës, dont il aurait été tendant de faire, par démagogie, une sorte de chevalier blanc face aux autorités étatiques et à l’industrie pharmaceutique, mais qui en réalité joue sur les rumeurs pour asseoir sa notoriété et s’enrichir, ainsi que la mise en scène de Soderbergh, toujours d’une absolue élégance. C’est néanmoins un peu mince pour convaincre, surtout de la part d’un tel auteur. Cependant, avant de le juger trop sévèrement, il faut garder à l’esprit qu’il nous a habitués, depuis le début de sa carrière, a alterné projets ambitieux et films ludiques, lesquels lui permettent généralement de financer les premiers. Espérons que son prochain opus, Haywire, programmé pour février prochain, appartiendra à ceux-ci… 
 
Ma note - 2,5/5

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nolan 02/12/2011 01:32

Tu n'es pas le seul à avoir reproché à Soderbergh de choisir comme patient zéro la femme adultère. Je suis loin d'être aussi sévère. D'une part parce qu'il me semble que, contrairement à ce que
pense son mari et le spectateur, ce n'est pas son amant qui lui refile sa maladie mais son boulot comme c'est ironiquement souligné lors de la dernière scène qui montre une pelleteuse de sa boite
détruire un palmier. Néanmoins, le réalisateur a fait le choix de présenter de bonnes personnes à l'exception de Law. Mais je ne vois pas de morale conservatrice là dedans : d'ailleurs Winslet n'a
rien fait de "mal" et y passera alors que Law est un salaud et s'en sortira.

Tching 17/11/2011 08:43


D'accord, et même plus méchant ; à part le personnage de Jude, en effet, y'a rien à voir, c'est dire que ce truc est vide à mourir d'ennui. On repassera pour les idées, pour une fiction prenante et
pour un film à sensation. Bref, naze !


Marcozeblog 15/11/2011 18:34


Ecoute, pas si mauvais que cela ce film. Moi, je l'ai trouvé très bien foutu et, a posteriori, content que le film ne vire pas au film catastrophe lambda (même si j'ai été surpris sur le moment).
Assez d'accord avec toi pour la môme Marion. Biz


Jérémy 14/11/2011 13:16


D'accord avec ton point de vue.
Le film est assez inégal, mais la direction est intéressante (contexte clinique, pas de grand spectacle, dimension humaine...). Cependant les maladresses de forme - aïe aïe aïe, l'Amérique qui
sauve le monde, STOP ! - et la chorale peu convaincante qui semble ne pas exploiter toutes les possibilités de son casting, ont pris le dessus sur mon appréciation du film.
Un projet plus intéressant sur le papier..


CHRISTOPHE LEFEVRE 14/11/2011 13:45



Oui, c'est peut-être le pire : l'Amérique une nouvelle sauveuse du monde



Platinoch 14/11/2011 09:33


Un peu pareil que toi, j'ai trouvé qu'il y avait des choses intéressantes à retenir de ce film qui demeure pour autant assez raté. L'aspect "réaliste" de l'entreprise m'a assez plu, car en totale
opposition avec ce qui se fait d'habitude dans ce genre de film. Pour autant, la multiplication des sous-intrigues, la construction éclatée en forme de puzzle sont autant d'éléments qui tuent le
film dans l'oeuf. Décevant mais totalement mauvais.


CHRISTOPHE LEFEVRE 14/11/2011 10:50



Le côté réaliste nous change effectivement des films habituels, avec transformation en zombie, et autres excès gores...