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Décès de Pierre Schœndœrffer (14 mars 2012)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Les articles nécrologiques vont bientôt prendre le pas sur les critiques sur ce site. En effet, après les disparitions de Ralph McQuarrie (3 mars), Pierre Tornade (7 mars), Jean Giraud (10 mars), Michel Duchaussoy (13 mars), c’est au tour de Pierre Schœndœrffer de nous quitter, à l’âge de 83 ans. 

 

Né le 5 mai 1928 à Chamalières, Pierre Schœndœrffer fit ses premières armes derrière la caméra au sein du Service cinématographique de l'armée, en Indochine, où il filma les horreurs et la misère des combats. Fait prisonnier à la bataille de Diên Biên Phu, il fut sauvé par le cinéaste soviétique Roman Karmen. De retour en France, il exerça des activités de journaliste (en Algérie, notamment), avant de réaliser ses premiers films, à la fin des années 1950. Ce fut d’abord La Passe du Diable (1958), coréalisé avec Jacques Dupont, sur un scénario de Joseph Kessel. Le thème du film, le bouzkachi, un sport équestre très prisé en Afghanistan, fut un prétexte pour financer une expédition longue dans ce pays. 

 

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L’année suivante, Schœndœrffer mit en scène Ramuntcho et Pêcheur d’Islande, tout les deux d’après Pierre Loti. En 1965, il réalisa La 317ème Section (inspiré de son propre roman), qui lui valut le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes. Il s’agit de l’un des rares films sur la guerre d’Indochine. La version longue d'Apocalypse Now, qui incorpore des scènes inédites avec Aurore Clément, contient une référence explicite à cette œuvre. 

 

Après Objectif 500 millions (sur un scénario de Jorge Semprún), il fit une incursion dans le documentaire avec La Section Anderson, qui lui valut d’être oscarisé en 1968. 

 

Par la suite, Schœndœrffer se tourna vers l’écriture, avec L'adieu au roi (prix Interallié 1969), adapté au cinéma par John Milius en 1989, puis Le Crabe-tambour (grand prix du roman de l'Académie française en 1976), qu’il porta à l’écran en 1977. Ce film, inspiré de la vie du lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, qui participa au putsch d'Alger en avril 1961, permit à Jean Rochefort, Jacques Dufilho et Raoul Coutard -directeur de la photographie- d’être récompensés par l’académie des Césars. 

 

Pierre Schœndœrffer 1 

En 1982, le cinéaste tourna L'honneur d'un capitaine, dont la toile de fond est la guerre d’Algérie. Il revint au conflit indochinois au début des années 1990, avec Diên Biên Phu (1992). Dans ce film, son fils Ludovic interprète un cameraman du Service cinématographique de l'armée… comme lui-même l’avait été près de quarante ans plus tôt. Sa dernière production au cinéma remonte à 2004, avec Là-haut, un roi au-dessus des nuages. 

 

Pierre Schœndœrffer était également le père de Frédéric Schœndœrffer, l’auteur de Scènes de crimes, Agents secrets, Truands, Switch et de quelques épisodes de la série Braquo, et de la comédienne Amélie Schoendoerffer. 

 

Filmographie complète sur IMDB

Commenter cet article

palilia 16/03/2012 20:11

Je me souviens encore du CRABE TAMBOUR : le nom m'avait frappée. C'est vrai que c'est l'hécatombe en ce moment et j'aimais bien Michel DUCHAUSSOY aussi

CHRISTOPHE LEFEVRE 16/03/2012 21:22



Oui, les temps sont durs pour le cinéma...



Eeguab 14/03/2012 19:35

Un cinéaste que j'estimais,assez éloigné du show,des paillettes et de la démagogie qui envahit trop souvent le cinéma à mon gré.

CHRISTOPHE LEFEVRE 14/03/2012 20:20



Cela devient effectivement rare de faire une carrière tout en réussissant à ne pas s'exposer...