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Hanna

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
Hanna (Saoirse Ronan), 16 ans, vit avec son père, Erik (Eric Bana), dans une région isolée du nord de l’Europe. Ce dernier, un ancien espion, a fait d’elle une redoutable combattante en vue d’éliminer Marissa Wiegler (Cate Blanchett). Lorsque l’adolescente se sentira prête à affronter cet agent de la CIA qui, prétend-il, a tué sa mère, elle n’aura qu’à déclencher une balise. Ce qu’elle fait un jour où Erik part à la chasse. Rapidement retrouvée par un groupe d’intervention, Hanna est exfiltrée vers une base secrète, au Maroc. Au terme d’un premier interrogatoire, une jeune femme rousse vient la retrouver. Croyant avoir affaire à Marissa, elle tue celle-ci, puis se débarrasse de ses gardiens, avant de s’échapper dans le désert. Hanna n’a désormais plus qu’une obsession : retrouver son père, qui lui a donné rendez-vous à la maison Wilhelm Grimm du Spreepark Plänterwald de Berlin. Mais il lui faudra échapper aux hommes de Marissa, qui n’est pas morte. Et faire face à de stupéfiantes révélations sur son identité… 
 
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Film américain, britannique, allemand
Année de production : 2011
Durée : 1h51
Réalisation : Joe Wright
Scénario : Seth Lochhead, David Farr 
Image : Alwin H Kuchler
Avec Saoirse Ronan (Hanna), Eric Bana (Erik), Cate Blanchett (Marissa Wiegler), Jessica Barden (Sophie), Vicky Krieps (Johanna Zadek)...  
 

 
Critique
 
Déjà auteur de trois longs métrages -Orgueil et préjugés, adaptation tout à la fois classique et sensible de Jane Austen, Reviens-moi (également avec Saoirse Ronan), mélodrame passablement ennuyeux, et Le soliste (que je n’ai pas vu)- Joe Wright se lance ici dans un exercice de style audacieux : faire se rencontrer conte de fée -la référence aux frères Grimm sous-tend tout le film- et thriller. Un projet original, donc, mais aussi périlleux, dont le cinéaste anglais se sort avec plus ou moins de bonheur. Au rang des réussites, on citera d’abord la séquence introductive, esthétiquement splendide, dans la neige finlandaise, où le spectateur se trouve immédiatement sous le charme ambigu de Saoirse Ronan, tout à la fois ingénue et guerrière impitoyable. Il y a également ces deux scènes d’action pure où le réalisateur fait preuve d’une maîtrise qui n’a rien à envier aux spécialistes du genre, tel Paul Greengrass : celle où Hanna s’évade de la base secrète de la CIA, saisissante de virtuosité, et la poursuite sur les docks. 
 
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L'interprétation est également à mettre au crédit du film. Saoirse Ronan (Lovely bones) offre une prestation en tous points remarquable. Et de même qu’elle s’imposait, malgré sa gracilité juvénile, face à Colin Farrell et Ed Harris dans Les chemins de la liberté, la jeune irlandaise aux faux airs de Ludivine Sagnier impressionne dans un rôle complexe et très physique. Cate Blanchett, toujours d’une classe absolue, campe avec conviction un personnage à des lieux de ses rôles habituels, sorte de sorcière cruelle, ou plutôt de vampire, si l’on se réfère à son obsession pour son hygiène dentaire. Eric Bana est moins à son aise. Il est vrai, cependant, que je ne l’ai jamais connu très expressif…
 
La séquence finale, dans le parc d’attraction à l'abandon, est une idée géniale. Avec sa grande roue immobile, ses manèges étouffés par la végétation, ses dinosaures rouillés, le Spreepark offre en effet un décor idéal pour l’ultime confrontation entre Hanna et Marissa. J’ai été d’autant plus sensible à cette trouvaille qu’elle évoque pour moi les œuvres d’exploration urbaine, ou Urbex, mouvement artistique que j’ai découvert il y a peu, et qui me fascine, car redonnant de la vie à des lieux -hôpitaux, usines, installations minières, hôtels…- délaissés.
 
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En dépit de ses qualités, Hanna souffre quand même de sérieuses ruptures de rythme. Ainsi, tout le périple marocain de l'adolescente, que l'on peut regarder comme un parcours initiatique, aurait dû être plus resserré : trop d'éléments parasitent cette partie. En outre, la description de la famille anglaise avec laquelle Hanna voyage -plus ou moins clandestinement- est assez caricaturale. De ce passage, je retiens surtout le baiser qu'elle échange avec la fille du couple, Sophie (Jessica Barden, vue dans Tamara Drewe). Fantasme de vieux pervers ! s'exclameront à la lecture de ces lignes certains lecteurs à l'esprit vipérin (et j'en connais de fort malveillants !). Que nenni ! Cette scène est belle, car filmée avec beaucoup de pudeur. De plus, elle trouve sa juste place dans la quête identitaire de la jeune fille... 
 
Ma note - 3/5

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