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Intouchables

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Intouchables 1
 
Synopsis 
 
A la suite d’un accident de parapente, Philippe (François Cluzet), riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss (Omar Sy), un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. A priori, la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… intouchables… 
 
Fiche techniqueIntouchables - Affiche
 
Filme français
Année de production : 2011
Durée : 1h52
Réalisation : Olivier Nakache, Eric Toledano
Avec François Cluzet (Philippe), Omar Sy (Driss), Anne Le Ny (Yvonne), Audrey Fleurot (Magalie), Alba Gaïa Kraghede Bellugi (Elisa)...
 

 
Critique 
 
Encore un film tire-larmes et bien-pensant me suis-je dit en lisant le pitch d’Intouchables. Aussi avais-je exclu a priori d’aller le voir. Mais le phénomène qui l’entoure depuis sa sortie, l’excellent bouche à oreille dont il bénéficie, ont éveillé ma curiosité et m’ont amené à penser que j’avais, peut-être, porté un jugement un peu rapide sur cette nouvelle réalisation du tandem Eric Toledano-Olivier Nakache, dont j’avais par ailleurs apprécié Nos jours heureux. Au bout du compte, qu’en est-il ? Certes, comme le relève quelques commentateurs, ce n’est pas du grand art en matière de mise en scène, hormis la séquence d’ouverture, qui ne manque pas d’une certaine virtuosité. On pourrait également lui reprocher quelques clichés un peu faciles ou le classicisme de son scénario (la plupart des comédies reposent sur cette rencontre entre deux personnages issus d’univers que tout oppose). Cependant, il faudrait avoir l’esprit sacrément mal disposé pour s’en tenir à ces défauts et rester insensibles au formidable duo formé par François Cluzet et Omar Sy. Leurs échanges sont réjouissants et font presque systématiquement mouche. Et bien que le sujet soit des plus délicats, jamais leurs traits d’humour ne mettent mal à l’aise. 
     
Intouchables 2
 
C’est que le rire est ici vital, salvateur. Non seulement il aide les deux protagonistes à ne pas sombrer dans le désespoir de leur handicap respectif, l’un physique, l’autre social, mais il permet aussi au film d’éviter un pathos toujours désastreux. L’émotion ne pointe que discrètement, pudiquement, essentiellement dans la dernière scène, lorsque le regard de Philippe, attablé dans le restaurant où il attend la jeune femme avec qui il correspond depuis plusieurs mois (il ne sait en fait pas à cet instant qu’il a rendez-vous avec elle), croise celui de Driss, qui s’éloigne sur la plage de Dunkerque. 
 
Intouchables ne serait évidemment pas ce qu’il est sans ses deux interprètes principaux, en parfaite osmose. On connaissait déjà l’immense talent de François Cluzet. Omar Sy révèle ici toute l’étendue du sien, qui va bien au-delà de son rôle d’amuseur cathodique. Les deux comédiens forment un beau couple de comédie, comme on n’en a plus vu depuis longtemps.
    Intouchables 4
 
Bref, un grand film populaire au sens noble du terme (une formule qui devrait me valoir les sarcasmes de l’intelligentsia de la blogosphère !), c’est-à-dire sachant divertir, tout en respectant le public. Eric Toledano et Olivier Nakache ne prennent en effet pas les spectateurs pour des demeurés, à la différence d’un Dany Boon. Derrière l’amusement, il y une dimension humaine et sociale. Peut-être n’est-elle pas très originale. Du moins a-t-elle le mérite d’exister, ce que relève avec une jolie formule le journal Le Monde : En deuxième rideau, le film file une métaphore généreuse, qui montre tout l'intérêt de l'association entre la vieille France paralysée sur ses privilèges et la force vitale de la jeunesse issue de l'immigration. 
 
Ma note - 3/5

Commenter cet article

Tching 30/11/2011 09:58

Non le chef-d'oeuvre, c'est le moins qu'on puisse dire, n'est pas là... J'ai presque envie de me reconnaître dans l'esprit mal disposé (j'aimerais tellement en être un...), mais j'ai apprécié ce
film, sur le moment. Après, en y réfléchissant, j'ai plutôt déchanté. Et puis je n'aurai pas voulu faire la phrase du Monde, ça non : j'y ai vu tout le contraire, une amitié faite sur du cash, de
l'intérêt et, dans cette perspective, davantage une instrumentalisation de cette France immigrée et dynamique.
Alors je l'ai l'esprit mal disposé ? Please... ;-)

CHRISTOPHE LEFEVRE 30/11/2011 13:01



Non, parce que tu ne l'as pas jugé a priori, comme certains se disposaient à le faire sur FaceBook, simplement parce que le film a du succès. Après, une fois vue, on peut aimer ou pas, c'est une
question de goût, d'appréciation, de disposition d'esprit au moment de la séance...



palilia 19/11/2011 07:53

je pense qu'il faut avoir à l'esprit que si des gens applaudissent c'est certainement qu'ils ont une raison : peut-être connaissent-ils quelqu'un dans ce cas. Pour les rares fois où je vais au
cinéma, je regarde sans me poser de questions et si je rentre dans le film au départ, c'est un pur bonheur. La personne que je connais qui est, malheureusement, dans le même état de santé que
François CLUZET dans ce film est allée le voir... accompagnée bien sûr et l'a adoré : elle a beaucoup ri aussi. Et j'ai adoré ce film. Après je n'ai pas fait attention aux plans ni à la façon de
tourner des autres metteurs en scène, le principal étant de rentrer dans l'histoire. Le fait de savoir que c'est tiré (bien qu'adapté) d'une histoire vraie est pour beaucoup dans le fait qu'on
apprécie ces échanges qui sont un peu rudes parfois. Et ça m'a rappelé des souvenirs, ces soins et ces regards parfois désabusés de ceux qui ne peuvent rien faire. Je suis contente que cela t'ait
plu christophe

CHRISTOPHE LEFEVRE 19/11/2011 10:33



J'y suis même retourné... donc j'y ai pris beauocup de plaisir



Gabriel 17/11/2011 21:37


Complètement d'accord avec tes remarques ! En particulier la notion de film populaire noble, sincère. J'aime bien la métaphore du Monde aussi.


CHRISTOPHE LEFEVRE 17/11/2011 22:40



Oui, j'aurais aimé être l'auteur de cette métaphore...



neil 15/11/2011 21:17


Je revendique tout à fait le qualificatif d'"esprit mal disposé" voire de pisse-froid.
Plus sérieusement, ce que je reproche surtout au film c'est de ne pas faire du cinéma. Et ce n'est pas parce que c'est une comédie populaire qu'il faut mettre de côté la mise en scène. Oury ou
Veber, pour ne citer qu'eux, avaient beaucoup mieux, selon moi, le sens du rythme et prenaient plus soin à l'image.


CHRISTOPHE LEFEVRE 15/11/2011 22:17



J'ai trouvé le travail sur la photographie plutôt réussi. Et franchement, je ne vois pas ce que Veber faisait de mieux côté mise en scène ?!?



Squizzz 15/11/2011 14:00


La comédie populaire est un genre tellement complexe, que lorsqu'elle est réussie, des applaudissements ne me choquent pas. Pas un chef d'oeuvre certes, mais il risque de faire les beaux jours des
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