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L'arbre

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

L'arbre 1
 
Synopsis
 
Dawn (Charlotte Gainsbourg) et Peter O’Neill (Aden Young) mènent une existence heureuse dans une grande maison d'une bourgade du Queensland, au nord-est de l’Australie, avec leurs quatre enfants, trois garçons et une petite fille, Simone (Morgana Davies). Pour faire vivre sa famille, Peter transporte des maisons préfabriquées à travers le pays. Mais au retour d’une de ses missions, il succombe brutalement à une crise cardiaque. Face à ce deuil, chacun va réagir à sa manière : ainsi, tandis que Dawn s’abîme peu à peu dans le chagrin et que l’aîné accélère son passage à l’état adulte, Simone se persuade que l’âme de son père continue de vivre dans les branches et frondaisons du figuier de Moreton-Bay, à l’ombre duquel est construite la demeure familiale... 
 
Fiche techniqueL-arbre---Affiche.JPG
 
Film français, australien, allemand, italien
Année de production : 2010
Durée : 1h40
Réalisation : Julie Bertuccelli
Image : Nigel Bluck
Avec Charlotte Gainsbourg (Dawn O'Neil), Morgana Davies (Simone O'Neil), Aden Young (Peter O'Neil), Christian Byers (Tim O'Neil)...   
 

 
Critique
 
Julie Bertuccelli nous offre avec L’arbre, adaptation d’un roman de Judy Pascoe (L’arbre du père), une très belle métaphore du travail de deuil. Les sentiments que fait naître le figuier sont en effet très symboliques des émotions contradictoires qui bouleverse l'être humain confronté à la mort d'un être cher : à la fois désir de s'abîmer dans le souvenir du disparu et nécessité de s'en détacher (sans pour autant l'oublier), pour continuer à vivre. La tempête finale, qui met à terre l'arbre, va permettre à Dawn et à ses enfants de réinvestir leur environnement, de vivre sans Peter. La perte est alors remplacée par une présence intérieure, qui n'est plus envahissante, comme pouvait l'être (symboliquement) les racines du figuier, qui repoussaient les fondations de la maison. 
 
L-arbre-3.jpg
 
Que l’on ne croit cependant pas que ce film porte au désespoir. Au contraire ! De cette œuvre infiniment tendre et douce émane une poésie de l’existence apaisante. Notamment grâce à son climat fantastique. Il est d'ailleurs singulier de constater que, en dehors de Poetry, L'arbre est le troisième film que je vois cette semaine baignant dans une atmosphère (faussement) surnaturelle. Il y a eu en effet Ondine, avec sa sirène, et L'heure du crime, avec les étranges visions de son héroïne. Ici, le merveilleux nait de l'animisme de Simone, qui voit dans le bruissement des feuilles du figuier, dans le grincement de ses branches, la présence toujours vivante de son père. 
 
La réussite d’un film tient évidemment à ses acteurs. L'arbre doit beaucoup à ses deux interprètes féminines. Il y a d'abord Charlotte Gainsbourg. Un an après avoir remporté le prix d'interprétation à Cannes pour son rôle dans Antichrist, de Lars Von Trier, elle offre une nouvelle fois une composition très juste et très émouvante. A ses côtés, la jeune Morgana Davies se révèle magnifique de naturel. C'est d'ailleurs une seconde ressemblance avec Ondine, qui était magnifié par la présence d'une autre débutante, Alison Barry. 
 
Ma note - 4/5

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