Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'assaut

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

L-assaut-1.jpg
 
Synopsis
 
Le 24 décembre 1994, à l'aéroport Houari Boumediene d'Alger. Quatre hommes se présentent à l’embarquement du vol Air France 8969. Se faisant passer pour des policiers, ils procèdent à une vérification des passeports des passagers. Mais les autorités algériennes, inquiètent de l'immobilisation prolongée de l'avion, envoient bientôt sur la piste un groupe d’intervention. Constatant son approche, les quatre hommes prennent aussitôt le contrôle de l'avion en déclarant être membres du Groupe islamique armé. Ils font alors connaître leurs revendications : ils exigent la libération de deux responsables du Front islamique du salut, Abbassi Madani et Ali Belhadj. Devant le refus des autorités, les preneurs d'otages exécutent un premier passager sur la passerelle avant de l'avion… 
 
Fiche techniqueL-assaut---Affiche.jpg
 
Film français
Année de production : 2011
Durée : 1h35
Réalisation : Julien Leclercq
Scénario : Simon Moutairou, Julien Leclercq  
Image : Thierry Pouget
Avec Vincent Elbaz (Thierry), Grégori Derangère (Commandant Denis Favier), Mélanie Bernier (Carole Jeanton), Philippe Bas (Didier)...
 


Critique
 
L’assaut met en scène un évènement que tout le monde -du moins ceux qui étaient nés à l'époque- garde encore en mémoire. Car ce fut sans doute l’une des premières fois (avec la guerre du Koweït) où la télévision donna à voir à des millions de personnes l’Histoire en marche. Et ce, près de sept ans avant les attentats du 11 septembre 2001.
 
Pour évoquer ce fait historique, Julien Leclercq fait le choix d’une reconstitution précise, froide, comme la photographie délavée de Thierry Pouget. Ici, peu de place à l’émotion. Le point de vue des otages est relégué au second plan. D’ailleurs, à part les trois passagers assassinés (le policier algérien, le diplomate vietnamien, Bui Giang To, et l’employé de l’ambassade de France, Yannick Beugnet), une jeune femme voyageant avec ses parents et quelques membres de l’équipage, la plupart n’ont pas de visage clairement identifié. Le réalisateur de Chrysalis préfère nous faire vivre ces évènements à travers trois personnages aux intérêts divergents : Thierry (Vincent Elbaz), un homme du GIGN, Abdul Abdallah Yahia (Aymen Saïdi), le meneur des terroristes, et Carole Jeanton (Mélanie Bernier), une jeune diplomate ambitieuse du Quai d’Orsay. Cette construction, qui permet de découvrir le dessous des cartes (même si le temps cinématographique a obligé le cinéaste à prendre quelques libertés avec la vérité), garantit un certain suspense, alors que l’issue est connue de tous.

L-assaut-2.jpg
 
Concernant la psychologie des principaux protagonistes, j’ai trouvé que Julien Leclercq évite avec intelligence le piège de la caricature. Certes, il ne se livre pas ici à une analyse fine de leurs motivations (mais ce n’est pas son propos), néanmoins, jamais il ne cède à la tentation d’héroïser exagérément les membres du GIGN ou de diaboliser les terroristes, comme aurait pu le faire un réalisateur américain. Seul le portrait de Carole Jeanton peut paraître un brin chargé.
 
Quant à l’assaut, vers quoi tend tout le film, les premières secondes m’ont d’abord un peu décontenancé par leur manque de rythme. J’étais déjà en train de me demander ce qu’aurait pu en faire un Paul Greengrass. Puis Julien Leclercq trouve son rythme, nous plongeant, grâce à une caméra épileptique et un montage nerveux, au cœur de l’action. Une scène donc parfaitement aboutie, sans être outrageusement lyrique (merci de ne pas nous avoir abrutis avec une musique à la Brian Tyler (voir World invasion : battle Los Angeles)), dont l’efficacité justifie pleinement le déplacement.
 
Ma note 2,5/5

Commenter cet article