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La double énigme (The dark mirror)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Double énigme 2

 

Synopsis 

 

Le docteur Peralta est retrouvé assassiné dans son logement. Très vite, les soupçons de la police se portent sur son amie, Terry Collins (Olivia de Havilland). La jeune femme possède toutefois un solide alibi, plusieurs personnes pouvant témoigner de sa présence à Jefferson Park au moment des faits. Cependant, l’inspecteur  chargé de l’enquête, Stevenson (Thomas Mitchell), découvre bientôt que la jeune femme à une sœur jumelle, Ruth. L’une des deux a donc forcément commis le meurtre. Mais impossible de déterminer laquelle. Pour résoudre ce crime apparemment parfait, Stevenson fait appel au docteur Scott Elliott (Lew Ayres), un psychiatre spécialiste en gémellité…

 

Fiche techniqueDouble énigme - Affiche

 

Film américain

Année de production : 1946

Durée : 1h25 

Réalisation : Robert Siodmak

Scénario : Nunnally Johnson

Image : Milton R Krasner 

Avec Olivia de Havilland (Terry collins/Ruth), Lew Ayres (Docteur Scott Elliott), Thomas Mitchell (Lieutenant Stevenson), Richard Long (Rusty)...  

 


 

Critique 

 

La double énigme est un bijou assez méconnu du film noir, signé Robert Siodmak. Sans doute n’atteint-il pas l’excellence des Tueurs, chef-d’œuvre du cinéaste allemand tourné la même année. Il n’en est pas moins une merveille de virtuosité, notamment grâce au magicien Eugen Schüfftan. Par un jeu complexe de miroirs (procédé déjà expérimenté, entre autres, sur les tournages des Nibelungen et de Metropolis), il produit des effets bluffants de réalisme. Même un visionnage attentif ne permet pas de déceler le moindre défaut lors des confrontations entre les deux sœurs, interprétées par la même actrice. Un exploit pour l’époque (1946) !

 

Toutes proportions gardées, cette œuvre est à situer dans la lignée de La maison du docteur Edwardes (Alfred Hitchcock) et du Secret derrière la porte (Fritz Lang), autres thrillers ayant pour toile de fond la psychanalyse, sujet très apprécié alors à Hollywood. L’intrigue, inspirée d’un roman de Vladimir Pozner, est habilement construite par Nunnally Johnson. Ce scénariste de Ford (Je n’ai pas tué Lincoln, Les raisins de la colère, La route du tabac…) et de Lang (La femme au portrait) parvient en effet adroitement à préserver jusqu’à la scène finale l’identité de la meurtrière. 

 

Double-enigme-4.JPG

 

La double énigme offre par ailleurs à Olivia de Havilland l’occasion de mettre en valeur ses talents dramatiques. Jusque-là réduite à incarner des personnages sans grande épaisseur (elle existe à peine face à la fiévreuse Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent), elle se voit enfin confier ici un rôle complexe, où elle montre pour la première fois un visage déplaisant, voire même inquiétant, de manipulatrice perverse qui, par jalousie, n’hésite pas à tourmenter mentalement sa jumelle. Quant on connaît la relation tendue, pour ne pas dire de rivalité, que la comédienne entretient depuis l'enfance avec sa propre sœur cadette, Joan Fontaine (les deux femmes ont rompu toute relation depuis 1975), on peut presque voir dans dans sa composition une part autobiographique. 

 

Ce film marque aussi le retour en grâce de Lew Ayres (Paul Bäumer dans A l’ouest rien de nouveau), qui avait disparu des écrans à la suite de sa prise de position pacifiste au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1941. On relèvera également l'interprétation débonnaire de Thomas Mitchell, sans doute l’un des meilleurs seconds rôles du cinéma hollywoodien de l’époque. Oscar dans cette catégorie en 1939 pour La Chevauchée fantastique, il fut dirigé par Howard Hawks dans Seuls les anges ont des ailes, Frank Capra dans Monsieur Smith au sénat, La vie est belle et Milliardaire d’un jour, Victor Fleming dans Autant en emporte le vent et L’aventure, Raoul Walsh dans La rivière d’argent, Fred Zinnemann dans Le train sifflera trois fois, Fritz Lang dans La cinquième victime ou encore John Sturges dans Par l’amour possédé.

 

Double énigme 1 

Réunion incroyable de talents (j’aurais aussi pu parler de la belle partition de Dimitri Tiomkin), La double énigme est disponible dans la collection Les introuvables de Wild Side. Un passionnant entretien avec Hervé Dumont, directeur de la Cinémathèque Suisse et auteur du livre Robert Siodmack, le maître du film noir, est proposé en bonus.
 

Ma note - 4/5

 

Robert Siodmak sur ce site : Le signe du cobra     

Commenter cet article

Eeguab 06/09/2011 20:01


Figure-toi que par hasard une patiente(j'ai une profession de santé)m'a apporté ce soir une douzaine de Mon film,revue des années 40-50,des originaux bien sûr.Dans le lot La double énigme,histoire
complète,photos,etc...,datant de 1947,je ne sais plus le mois.En très bon état.Si tu es intéressé je me ferai un plaisir de te l'envoyer. Gracieusement cela va sans dire.A bientôt.


CHRISTOPHE LEFEVRE 07/09/2011 00:08



Cela me ferait effectivement très plaisir. Mais il ne faut pas que cela te prive... En tout cas, j'en serais très très heuerux



Bob Morane 06/09/2011 08:07


Belle critique sur un film qui me donne envie de voir au plus vite, avec en plus olivia de havilland que j'aime beaucoup


CHRISTOPHE LEFEVRE 06/09/2011 08:51



En plus, on a deux Olivia de Havilland pour le prix d'une



Eeguab 05/09/2011 20:24


Excellent noir de Siodmak qui aura vraiment touché à tout.


CHRISTOPHE LEFEVRE 05/09/2011 23:45



Oui, bluffant ! Et c'est vrai que c'est le grand écart, entre, par exemple, Le signe du Cobra, et ce film