Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La vie d'Adèle - Chapitres 1 & 2, du bleu au l'âme (1)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

20


Synopsis


À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bas­cule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait décou­vrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...


Une Palme d’or et des controverses


Ce n’est certes pas l’aspect le plus important, ni le plus intéressant de La vie d’Adèle. Les polémiques qui ont accompagné la sortie de ce film ont toute­fois occupé une telle place dans les médias qu’il est impossible de les ignorer. D’autant que nom­bre de critiques négatives y ont trouvé la matière de leur analyse et une forme de légitimité, alors même que leurs auteurs n’avaient, parfois (sou­vent ?), pas vu cette œuvre…


Un tyran aux commandes ?


Il y eut d’abord les plaintes d’un certain nombre de techniciens du film, relayées le 23 mai 2013 par un communiqué du Spiac-CGT, le Syndicat des professionnels de l'industrie de l’audiovisuel et du cinéma. Ce texte[1] dénonce, entre autres, des conditions de travail difficiles, des horaires à géométrie variable, le non-respect des minima salariaux… Rappelons tout de même que ces ac­cusations ont surgi près de neuf mois après la fin du tournage (pourquoi avoir tant attendu pour dénoncer ces infractions au droit ?), en plein débat sur la convention collective du cinéma. De là à voir comme une forme d’opportunisme, pour profiter de la mise en lumière du film…


Laissons néanmoins le bénéfice du doute aux plaignants (je parle de doute, n’étant pas dans le secret des dieux). Il me semble cependant que les professions concernées sont exercées avant tout par passion (du moins je l’espère !). Loin de moi l’idée de dire que celle-ci justifie l’accepta­tion de toutes les dérives, il n’empêche, elle peut aussi permettre d’envisager le Code du travail avec une certaine souplesse. Fait-on de tels métiers pour compter ses heures (je sais, mon dis­cours n’est pas des plus politiquement corrects…) ? La tribune du Spiac-CGT évoque le départ de plusieurs techniciens durant le tournage. D’autres sont restés. Parmi eux, des fidèles dAbdellatif Kechiche, et ce depuis son premier film. Pourquoi continuent-ils à collaborer avec ce « tyran » ?

Difficile, donc, de faire la part du vrai et du faux, de la manœuvre politique (et syndicale) dans cette affaire… Quoi qu’il en soit, les grands créateurs sont rarement des enfants de chœur. Ce sont des personnalités fortes, exigeantes envers elles-mêmes et les autres. Leur aspiration obses­sionnelle à l’excellence est sans doute humainement difficile à vivre, mais elle permet aussi le dépassement de soi. L’histoire du cinéma nous en offre de multiples exemples. Un autre réalisa­teur récompensé à Cannes, Terrence Malick, eut lui aussi des relations très tendues avec ses col­laborateurs. C’était sur le tournage deBadlands (1973) : « Mécontent de son directeur de la photo, Brian Probyn, il a fini par le virer. L’assistant de Probyn, Tak Fujimoto, a pris la suite, avant de jeter l’éponge. Le responsable des effets spéciaux a été grièvement blessé lors du tournage de la séquence de l’incendie du début du film. N’ayant pas les moyens d’affréter un hélicoptère, Malick l’a emmené à l'hôpital en voiture, à la grande fureur de l’équipe qui s’est mise en grève. Les dernières semaines de tournage, l’équipe se réduisait à Malick, sa femme et un élève d'un lycée du coin[2] ». Au regard de ce récit, on ne peut s’empêcher de sourire quand un technicien de La vie d’Adèle s’émeut dans les colonnes du Monde que Kechiche, mécontent de l’une des te­nues de ses comédiennes, ait « osé » demander à un membre de son équipe de lui prêter son pull-over[3]Much ado about nothing

 




 

 On a aussi abondamment commenté les centaines d’heures de rushes réalisées par le cinéaste. Comme s’il s’agissait là d’une pratique exceptionnelle ! Prenons le cas d’un grand monteur, pas­sé à la réalisation, David Lean. Sur le tournage deGreat expectations (1946), il exigea ainsi de son actrice principale, Valérie Hobson, quarante-trois prises pour un seul plan : « Mon visage était censé ne montrer aucune émotion. Il fallait que je sois absolument détachée, froide et sans cœur. David ne voulait rien voir, rien entendre, il a continué, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il voulait et, en fait, il a utilisé la troisième prise[4] ».


Certains se sont encore émus que Kechiche ait parfois filmé ses interprètes à leur insu, pendant leur moment de repos. Ils ont vu dans ce procédé comme une violation de leur intimité. Une nouvelle fois, je renvoie au passé, et à ce témoignage -parmi tant d’autres- d’Alec Guinness, également à propos de Lean : « Je devais tourner un gros plan où je devais rire à gorge déployée ce qui est toujours difficile. […] Nous avons essayé une ou deux fois et David a dit : "Laissons tomber un petit moment. On s’accorde une vingtaine de minutes", et il s’est assis à côté de moi et m’a dit quelque chose qui m’a fait rire. Je n’avais pas vu qu’il avait fait un petit signe pour que la caméra continue de tourner pendant la conversation, et puis il a dit : "Coupez !". Il a donc obtenu son plan grâce à ce stratagème. […] J’étais très reconnaissant. Sans cela, je ne crois pas que j’y serais arrivé[5] ».


La méthode Kechiche n’est par conséquent pas unique. Je ne me sens pas en droit de la juger moralement, comme le font avec beaucoup de suffisance tant de commentateurs qui ne con­naissent pas l’homme. Mais quand je regarde la liste des metteurs en scène réputés tyranniques (j’aurais pu encore citer Hitchcock, Curtiz, Clouzot, Kazan, Mankiewicz, Peckinpah, Kubrick ou Pialat), je me dis que les grandes œuvres ont un prix, même si ce n’est pas une règle. Peut-être faut-il le déplorer, mais c’est ainsi…


            Une œuvre trahie ?


On a beaucoup parlé de trahison à propos de la transposition à l’écran de la bande dessinée de Julie MarohCe débat est presque aussi ancien que le cinéma, puisque cet art, dès les premières années de son histoire, fit de l’écrit une source d’inspiration essentielle.


Soulever cette question de la fidélité relève d’une forme d’archaïsme intellectuel, car elle suppo­se de la part de ceux qui la soulèvent une ignorance complète de ce qui distingue littérature et cinéma. Ces deux formes d’expression ont chacune leur langage propre. Il est donc illusoire de penser retrouver par l’intermédiaire d’images animées les images mentales suscitées par les mots. Christian Metz, observe d’ailleurs à ce sujet qu’il est « toujours possible de faire passer dans le film la substance globale du livre, dont néanmoins chacune des pages sera irrémédiable­ment trahie[6] ».


De plus, une œuvre littéraire, dès l’instant où elle est livrée au public, devient multiple. Il y a au­tant de visions que de lecteurs. Chacun passe le texte au filtre de son vécu, de sa sensibilité, de son imaginaire. C’est encore plus vrai si le lecteur est lui-même créateur[7]Julie Maroh l’a bien saisi : « Pour moi cette adaptation est une autre version/vision/réalité d’une même histoire. Aucune ne pourra annihiler l’autre. […] Ce qu’il [Kechiche] a développé est cohérent, justifié et fluide. C’est un coup de maître. N’allez pas le voir en espérant y ressentir ce qui vous a traversés à la lecture du Bleu. Vous y reconnaîtrez des tonalités, mais vous y trouverez aussi autre chose. […] Pourtant, étant l’auteure du Bleu, j’y retrouve toujours beaucoup du livre. C’est le cœur bat­tant que j’en reconnais tout mon Nord natal, tel que j’avais tenté de le retranscrire en images, enfin réel. […] Donc quoi que vous entendiez ou lisiez dans les médias (qui cherchent souvent à aller à l’essentiel et peuvent facilement occulter certaines choses) je réaffirme ici que oui, La vie d’Adèle est l’adaptation d’une bande dessinée, et il n’y a rien de mal à le dire. […] Quoi qu’il en soit je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l’adapta­tion d’une œuvre est à revoir, selon moi. Car j’ai perdu le contrôle sur mon livre dès l’instant où je l’ai donné à lire[8] ».

 



 

 

 

En ce qui me concerne, j’ai découvert la bande dessinée après avoir vu le film. Mon ressenti est donc forcément très différent de celui d’un spectateur ayant fait le cheminement inverse. La première moitié de l’ouvrage est très fidèlement reprise dans La vie d’Adèle, que ce soit dans les situations, les dialogues (je ne parle pas d’esthétique, Kechiche et Maroh ayant leur propre uni­vers). Certes, Clémentine devient Adèle, mais c’est un détail, me semble-t-il (peut-être ce chan­gement reflète-il la volonté du réalisateur de renforcer l’identification de son actrice à sa jeune héroïne ?). Là encore, la dessinatrice relève cette proximité : « Chez Quat’Sous Films se trouvait tout le découpage des scènes filmées, épinglé au mur en petites étiquettes. J’ai battu des pau­pières en constatant que les deux-tiers suivaient clairement le cheminement du scénario du li­vre, je pouvais même en reconnaître le choix des plans, des décors…[9] ».


Dans la seconde partie (à partir de la première relation entre Adèle/Clémentine et Emma), les deux œuvres prennent par contre des directions divergentes.L’approche de Kechiche est plus charnelle. Le traitement de l’histoire chez Maroh est, à mon avis, plus affectif et mélancolique. Ces deux visions sont pour moi complémentaires.


            Un film pornographique ?


Débat passionné que la représentation du sexe à l’écran ! La fameuse séquence de sept minutes montrant la première étreinte amoureuse d’Adèle et Emma n’y échappe pas. D’autant que l’au­teur de L’Esquive prend le parti d’une frontalité assez crue. Je ne crois pas que son choix soit guidé par le désir de provoquer. Il est cohérent avec le reste du film. La mise en scène déborde de vie, d’appétit de vivre, même dans la souffrance, le désespoir. Cela transparaît dans les scè­nes de repas, dans sa manière de filmer les actrices, de saisir leurs émotions les plus intimes. Il nous rend sensibles les tremblements dont sont parcourus leur visage et leur corps, frissons de plaisir pendant l’amour, spasmes de douleur après la rupture… Kechiche ne nous épargne rien, pas même les humeurs corporelles, dont la vue a tellement marqué (choqué) certains specta­teurs. Il y a du Montherlant dans cette représentation : « L'être convulsé projette de toutes parts sa salive, son urine et sa morve, que les assistants reçoivent religieusement[10] ».


Le trouble éprouvé devant La vie d’Adèle tient probablement au fait que le cinéma contempo­rain est de plus en plus aseptisé. L’acteur, ici, n’est pas réduit à être un support de capteurs pour effets numériques. Il est un être fait de chair et de sang. Il s’exprime autant par la parole que par ses rires, ses larmes, ses aspérités physiques, ses petitesses, les élans de son cœur et les bouil­lonnements de son âme. Autant de choses qui bousculent les sens et la raison, dérangent l’ordre établi, bref, tout ce que notre société formatée fuit. Elle préfère les fruits bien calibrés et lisses à ceux, d’apparence plus imparfaite, mais qui ont une saveur…


Pour en revenir à la scène polémique du film, qui suffit à le qualifier de pornographique dans son entièreté, il convient de s’interroger sur ce qu’est l’obscénité. C’est à mon sens une notion floue[11]. Les limites qui la déterminent sont mouvantes, elles changent en fonction des époques, des cul­tures, de la sensibilité des individus… L’Olympia de Manet fit scandale en son temps. Ce tableau est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre. Tout comme Riso amaro de Giuseppe de Santis ou The misfits de John Huston, pourtant signalés lors de leur première diffusion sur petit écran, dans les années 1960, par un carré blanc, triste « fleurdelysage » télévisuel annonçant leur supposée immoralité.


La vision qu’on a de l’obscénité me paraît en outre très restrictive. La classification pornographi­que est souvent restreinte à la seule mise en scène de la sexualité et de la violence (sans doute l’influence de nos racines judéo-chrétiennes). Pour moi, des idées, des paroles, des comporte­ments peuvent être bien plus indécents que des images. Les excès d’un capitalisme décomplexé, les mufleries d’un Séguela sur la réussite, par exemple, sont pour moi terriblement abjects.


Cette conception est par conséquent instable et mal définie. Cela n’empêche cependant pas cer­tains d’énoncer d’un ton décisif que La vie d’Adèle est pornographique. Alors que rien, dans le regard que porte Kechiche sur les corps de ses actrices, ne l’est. Sa caméra glisse sur leur peau comme une caresse, sublimant la beauté convulsive de leur chorégaphie amoureuse, la rendant palpable, sensible, bouleversante... Rien à voir avec l’exploration gynécologique et sordide d’un film X.

 




   

En marge de ce questionnement, quelques personnes se sont étonnées (pour s’en indigner, cela va sans dire !) que le film soit seulement interdit au moins de 12 ans. Hypocrisie ! N’importe quel adolescent a désormais les moyens d’accéder à des images infiniment plus crues sur Internet, et ce en dépit des fitres parentaux. Je ne dis pas que cette évolution n’est pas préoccupante. Mais il s’agit d’un fait. Qu’on arrête donc les faux procès…


            Un fantasme d’homme hétérosexuel ?


On en arrive à la grande faute de goût de La vie d’Adèle. Abdellatif Kechiche est un homme ! Qui plus est hétérosexuel ! « Il me semble clair, écrit Julie Maroh, que c’est ce qu’il manquait sur le plateau : des lesbiennes. Je ne connais pas les sources d’information du réalisateur et des actri­ces (qui jusqu’à preuve du contraire sont tous hétéros), et je n’ai pas été consultée en amont. Peut-être y a-t-il eu quelqu’un pour leur mimer grossièrement avec les mains les positions possi­bles[12] ». Cet argument imbécile[13] est souvent ressorti. A quoi cela sert-il d’œuvrer à la « démar­ginalisation » de l’homosexualité si celle-ci doit rester un domaine réservé, une chasse gardée ? Cela me paraît contradictoire. Bref…


Des lesbiennes ont reproché au réalisateur sa vision de l’amour saphique, qui serait « irréaliste » (sur ce point, je ne sais si la scène de la bande dessinée où Emma descend la nuit, nue, dans la cuisine des parents de Clémentine sonne beaucoup moins faux[14]…) et « hétéro-normée ». « On ne fait pas l’amour ainsi ! », se sont-elles insurgées. Autrement dit, la représentation de Kechiche relèverait du fantasme, démarche qui, en plus de son caractère « évidemment » -pour elles- ré­pugnant, serait en contradiction avec son esthétique naturaliste. Contradiction apparente seule­ment, car le Naturalisme n’est pas nécessairement synonyme de reproduction documentaire du réel, comme le prouve l’œuvre de Zola, principal théoricien de cette doctrine, mais dont le tempérament lyrique transfigurait la vérité, en l’amplifiant. Nous reviendrons ultérieurement sur cette question.


Pour en revenir aux critiques adressées à Kechiche, je n’aurais pas l’impudence de mettre en doute le point de vue des lesbiennes, n’étant pas très renseigné sur leurs usages ! Dans la plu­part des cas, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel, il est probable que l’on ne se livre pas à l’autre, la première fois, avec l’audace et la liberté montrées dans La vie d’Adèle (un conformis­me en vérité bien regrettable). Peut-on néanmoins généraliser ce propos ? Les pratiques sexuel­les répondent-elles à des règles ? Ne sommes-nous pas des individus, donc susceptibles d’agir diversement selon l’instant, le partenaire et le degré de confiance qu’il peut nous insuffler ? Le désir n’est pas une affaire de normes, mais plutôt de psyché.


Le plus plaisant, dans cette affaire, c’est qu’un journal aussi conservateur et réactionnaire que Le Figaro a ouvert ses colonnes au magazine LGBT Posture pour relayer les avis négatifs des lesbien­nes sur cette scène ! Une des quatre jeunes femmes interrogées (un panel statistiquement irré­prochable pour refléter l’opinion de l’ensemble de la communauté !) observe : « J’ai trouvé cela très sexy au début […]. Et puis, cela devient ridicule lorsqu’elles changent de position toutes les dix secondes[15] ». Peut-on expliquer à cette demoiselle que cette succession de position est pour l’essentiel le résultat de l’enchaînement des plans (pour information, on appelle cela le monta­ge…), le film n’étant pas tourné en une seule séquence ? Une autre note : « Emma ressemble à une rave girl de Liverpool des années 90. Personne ne trouverait une telle fille attirante[16] ». Per­sonne ? La beauté est-elle donc également formatée ? C’est tellement pathétique de penser ainsi quand on prône, légitimement, le droit à la différence ! Enfin, pour mémoire, le look d’Emma, en particulier la couleur de ses cheveux, également mis en cause dans ce simulacre d’article, est l’idée de Julie Maroh, pas de Kechiche (il a bon dos, mais quand même !).


Au-delà de la grande variété des comportements que nous venons d’évoquer, bien moins figés qu’on veut nous le faire accroire, on se doit encore de considérer quelques impératifs stricte­ment cinématographiques. De fait, malgré la durée du film (en rapport avec son naturalisme, comme on le verra), le temps dont dispose le cinéaste reste contraint -je sais que cela fera bon­dir ceux qui se sont ennuyés ! S’il veut exprimer la passion, il ne peut raisonnablement se per­mettre de représenter toutes les étapes de son développement, il doit aller droit au but, prendre des raccourcis. Aussi nous plonge-t-il très vite dans ce qu’elle a de plus intense. Ce choix offre en plus l’intérêt de précipiter l’immersion du spectateur. Après la première scène d’amour, il ne peut plus être un témoin passif, il est impliqué émotionnellement, viscéralement.


Pour conclure sur ce point, je trouve assez insultant le mépris affiché à l’égard du public masculin par quelques commentateurs, notamment Julie Maroh, décevante pour l’occasion. Evoquant la séquence ayant suscité le débat sur le caractère pornographique, ou non, du film, elle note : « Et parmi les seuls qu’on n’entend pas rire, il y a les éventuels mecs qui sont trop occupés à se rincer l’œil devant l’incarnation de l’un de leurs fantasmes[17] ». D’une part, quand j’ai vuLa vie d’Adèle, il n’y eut aucune manifestation d’hilarité dans le public, pourtant très variés (âge, sexe…) ; d’au­tre part, croit-elle vraiment que pour « se rincer l’œil » pendant sept minutes, beaucoup d’hom­mes soient prêts à « endurer » une projection de presque trois heures ? A l’époque d’Internet ? Je sais que les « mâles » hétérosexuels ne sont pas réputés pour leur subtilité, que se sont d’im­mondes prédateurs ! Ne peut-on toutefois envisager que si certains ne rient pas, restent silen­cieux devant ces images, c’est aussi par respect pour la splendeur et la force des émotions, des sentiments qu’elles révèlent ? Ce propos est d’une bêtise abyssale et déshonore son auteur…


Commenter cet article

Wilyrah 04/12/2013 19:53

Complètement d'accord sur ton dernier paragraphe sur les hétéros ;)

copa738 02/12/2013 20:34

Comme tu le soulignes très bien, il y a eu beaucoup de critiques négatives pas vraiment fondées sur ce film.

C'est dommage parce que le film est considéré par certains comme un film provocant sur deux lesbiennes qui passent leur temps à baiser sauvagement. Les scènes de sexe sont en effet très intenses,
mais elles représentent à peine 5% du film : c'est limite scandaleux de penser ça.. Heureusement que La Vie d'Adèle ne se résume pas à du sexe entre deux femmes, c'est bien plus profond que cela.

CHRISTOPHE LEFEVRE 02/12/2013 21:00



Oui, complètement, 7 minutes sur trois heures, c'est rien :) Merci de ton commentaire, ta visite me fait vraiment plaisir :)