Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Laisse-moi entrer (Let me in)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Laisse-moi-entrer-1.jpg

 

Synopsis

 

En 1983, au Nouveau-Mexique. Une ambulance escortée de plusieurs véhicules de police roule à tombeau ouvert sur la route enneigée d’un paysage montagneux. A l’intérieur se trouve un homme (Richard Jenkins) au visage horriblement défiguré. Suspecté d’être impliqué dans une série d’assassinats particulièrement abominables, il est interrogé dès son arrivée à l’hôpital de Los Alamos par un inspecteur (Elias Koteas). Celui-ci le soupçonne d’appartenir à une secte satanique. Mais alors que le policier doit s’absenter un instant, pour répondre au téléphone, l’inconnu se défénestre. Sur son lit, on retrouve un mot griffonné sur un morceau de papier : I’m sorry Abby… 

 

Fiche techniqueLaisse-moi entrer - Affiche

 

Film britannique, américain

Année de production : 2010
Durée : 1h56

Réalisation : Matt Reeves

Scénario : Matt Reeves, John Ajvide Lindqvist 

Image : Greig Fraser

Avec Kodi Smit-McPhee (Owen), Chloë Grace Moretz (Abby), Richard Kenkins (Le père), Cara Buono (La mère d'Owen), Elias Koteas (Le policier)...   

 


 

Critique 

 

Considérant Morse comme le plus beau film d’horreur de ces dernières années, je suis naturellement allé voir cette nouvelle transposition à l’écran de Let the right one in avec une certaine appréhension, pour ne pas dire de la défiance. Et bien qu’elle n’atteigne pas l’excellence de son modèle, cette adaptation signée Matt Reeves est plutôt honorable. Elle redonne notamment un peu de vigueur à un genre englué dans les mièvreries de la désolante série Twilight. Et puis, il y a l’impressionnante performance de Kodi Smit-McPhee (vu dans La route) : timide, fragile, mais bouillonnant d’un feu intérieur. Il est le véritable personnage inquiétant du film. Car Chloë Grace Moretz, en dépit d’un talent évident, est trop pleine de vie pour faire croire à la créature spectrale qu’elle incarne. 

 

On reprochera tout de même à cette version sa relative surenchère gore, un aspect qui était quasiment absent du film de Thomas Alfredson (les métamorphoses physiques de la jeune fille sont à cet égard assez inutiles).

 Laisse-moi entrer 2

 

On regrettera également que le réalisateur de Cloverfield édulcore les ambigüités contenues dans le roman de John Ajvide Lindqvist, en particulier l’ambivalence sexuelle d’Abby. Qui a lu Let the right one in sait que le personnage du vampire est en réalité un garçon qui a été castré. Il s’agit d’un élément important de l’intrigue, car au-delà de son aspect horrifique, ce film est aussi (surtout ?) une métaphore sur les difficultés que peuvent rencontrer les adolescents dans leur construction identitaire. Certes, Abby laisse entendre à un moment qu’elle n’est peut-être pas une fille (m’aimerais-tu si je n’étais pas une fille ? demande-t-elle à Owen), cependant je pense que cette remarque fait davantage allusion à sa nature vampirique qu’à son identité sexuelle. Cette thématique n’est en revanche pas éludée dans Morse. On peut ainsi entrapercevoir la cicatrice d'Eli (rebaptisée ici Abby). 

 

Le travail sur la photographie s’avère par ailleurs assez décevant. De fait, même si les deux adaptations baignent dans la même atmosphère hivernale, la version de Matt Reeves pèche par un excès de couleurs chaudes (c’est particulièrement vrai lors des rendez-vous entre Abby et Owen dans la cour de leur immeuble). Chez Thomas Alfredson, au contraire, la palette est réduite au blanc, au noir, au bleu et, bien sûr, au rouge, ce qui renforce le caractère surnaturel de cette histoire.

 Laisse-moi entrer 3

 

Matt Reeves nous livre donc un remake appliqué, mais sans originalité, dont la principale raison d'être tient à l'incapacité du grand public américain à accepter de voir des films en langue étrangère. Néanmoins, s'il donne envie à une partie de ses spectateurs de voir l'original, sa démarche n'aura pas été vaine... 

 

 Ma note - 2,5/5

Commenter cet article