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Le discours d'un roi (The king's speech)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
31 octobre 1925 - Le duc d'York (Colin Firth), fils du roi George V, doit prononcer le discours de clôture de l'exposition de l'Empire britannique au stade de Wembley. L'allocution est retransmise à la BBC. Mais pour le duc, qui soufre de difficultés d'élocution depuis l'enfance, l'expérience tourne à la catastrophe. Sa femme, Elizabeth (Helena Bonham Carter), va tout mettre en œuvre pour l'aider à surmonter son handicap. Elle rencontre alors Lionel Logue (Geoffrey Rush), un thérapeute d'origine australienne connu pour avoir guéri des vétérans de guerre traumatisés... 
 
Fiche techniqueLe-discours-d-un-roi---Affiche.jpg
 
Film britannique
Année de production : 2010
Durée : 1h58
Réalisation : Tom Hooper
Scénario : David Seidler
Image : Danny Cohen
Avec Colin Firth (Le roi George VI), Helena Bonham Carter (La reine Eilzabeth), Geoffrey Rush (Lionel Logue), Michael Gambon (Le roi George V)...     
 


Critique 
 
Le discours d'un roi est le parangon du film à Oscars. Tout est en effet parfaitement calibré pour lui permettre de triompher le 27 février prochain : une histoire vraie abordée sous l'angle de l'émotion, une reconstitution soignée et une performance d'acteur. 
 
La mise en scène de Tom Hooper ne contient pas de réelles fausses notes. Mais elle est aussi sans surprise. Loin de moi l'idée de stigmatiser son classicisme. Je suis le premier à affirmer que ce n'est pas un critère suffisant pour dédaigner une œuvre. Et je me suis suffisamment fait le défenseur, sur d'autres blogs, d'auteurs dit académiques pour ne pas me livrer ici à cette critique. Cependant, là où une Jane Campion, par exemple, sait émouvoir avec subtilité (voir le magnifique Bright star), Hooper recourt ici à des effets si ostentatoires qu'ils produisent souvent un résultat contraire à celui recherché : gros plans sur les visages, théâtralité excessive de certaines séquences et, surtout, musique envahissante (concernant ce dernier aspect, on va dire que je ne sais pas ce que je veux, ayant adressé le reproche inverse à Peter Weir pour ses Chemins de la liberté : il doit néanmoins être possible de trouver un juste milieu...). Prenons la fameuse scène du discours. Trop présente, la partition de Beethoven accapare entièrement l'attention du spectateur, diluant ainsi le potentiel émotionnel du texte de l'allocution et du jeu de Collin Firth. 
 
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Par instant, toutefois, Hooper se laisse aller à plus de fantaisie. Malheureusement, ses efforts de stylisation, faute d'être maitrisés, se révèlent assez hasardeux. Ainsi, lorsque George VI quitte la salle d'accession pour se présenter devant les dignitaires du royaume, les prises de vue alternant plongées et contreplongées, censées rendre le malaise du nouveau souverain, sont pour le moins maladroites. Pour quelle raison le cinéaste n'a-t-il pas fait confiance au talent de son acteur ? Je suis certain qu'il aurait su mieux exprimer le trouble que ces artifices de mise en scène. 
 
Sur le fond, on pourra être dérangé par la tentation hagiographique de ce biopic. Car même si Hooper montre parfois le tempérament colérique du duc d'York, l'image que l'on nous donne de lui est tout de même un peu lisse. De plus, on regrettera que le cinéaste n'ait pas eu l'ambition d'approfondir davantage la question de la communication en politique. Ce n'était évidemment pas le thème du film, il n'empêche, cela lui aurait donné du corps. D'autant que le sujet s'y prêtait, puisque l'époque évoquée ici vit l'émergence de la radio et fut marquée par une opposition entre un roi bègue et un orateur terrifiant. Sur ce point, on relèvera cependant la belle remarque (presque un peu envieuse) de George VI au sujet d'Hitler : Au moins, lui, il sait parlé.
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Malgré tout, Le discours d'un roi est un spectacle humainement touchant, car porté par des acteurs en état de grâce. Colin Firth est réellement habité par son personnage rongé par des responsabilités qui l'écrasent. Aussi serait-il étonnant que l'Oscar lui échappât. Geoffrey Rush est également parfait. Et l'on est heureux de voir qu'il est descendu -hélas, temporairement !- du Black Pearl. Helena Bonham Carter, dans un registre plus sobre que ses dernières prestations, et enfin à visage découvert (après La planète des singes, Sweeney Todd, Alice au pays des merveilles ou Harry Potter, on finissait par ne plus savoir à quoi elle ressemblait !) illumine cette histoire par sa beauté. Ce film nous offre aussi le grand plaisir de revoir Claire Bloom, inoubliable interprète de Thérèse Ambrouse dans Limelight, ici dans la rôle de la reine Mary. Timothy Spall en Churchill est en revanche moins convaincant. Sans doute un problème de ressemblance... 
 
Au final, Le discours d'un roi est un film agréable et raffiné, bien qu'un peu trop sage, comme Les chemins de la liberté...  
 
 Ma note - 3/5

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