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Les chemins de la liberté (The way back)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Les chemins de la liberté 1
 
Synopsis
 
Janusz (Jim Sturgess), officier de l’armée polonaise accusé de déloyauté envers l’Union soviétique, est envoyé dans un camp de travail en Sibérie. Mais après seulement quelques semaines passées dans cet enfer, le jeune homme n’a plus qu’une idée : s’évader. Un projet qu’il tentera avec un petit groupe d’hommes, parmi lesquels Smith (Ed Harris), un Américain venu trouver du travail en Russie après la crise de 1929, Valka (Colin Farrell), un prisonnier de droit commun brutal, Voss (Gustaf Skarsgard), Tomasz (Alexandru Potocean)… Ensemble, ils parcourront plus de 10 000 kilomètres à travers la toundra sibérienne, les plaines de Mongolie, le désert de Gobi, puis les sommets de l’Himalaya, avant d’atteindre l’Inde. Leur route croisera celle d’Irena (Saoirse Ronan), jeune fille d’origine polonaise qui a fuit un kolkhoze… 
 
Fiche techniqueLes-chamins-de-la-liberte---Affiche.jpg
 
Film américain, émirati, polonais
Année de production : 2010
Durée : 2h13
Réalisation : Peter Weir
Scénario : Peter Weir, Keith R Clarke 
Image : Russell Boyd
Avec Colin Farrell (Valka), Ed Harris (Simth), Saoirse Ronan (Irena), Mark Strong (Khabarov), Jim Sturgess (Janusz), Gustaf Skarsgård (Voss)...
 


Critique
 
Huit ans après Master and commander, classique du film d’aventure (notamment pour sa mémorable scène d’ouverture), Peter Weir revient enfin sur les écrans avec cette adaptation du best-seller de Slavomir Rawicz, A marche forcée, odyssée sur laquelle plane un certain nombre de doutes. Une enquête menée par la BBC établit en effet que l’auteur aurait bénéficié en 1942 d’une amnistie pour rejoindre l’armée polonaise, rendant ainsi impossible le périple qu’il décrit dans ses mémoires. Mais la question de l’authenticité de ce récit est finalement secondaire, car il offre au cinéma une matière suffisamment riche pour donner naissance à une grande fresque, dans la lignée de Docteur Jivago. 
 
Les-chemins-de-la-liberte-2.jpg 
Malheureusement, faute de susciter véritablement l’émotion, cette œuvre n’est jamais traversée par un souffle épique susceptible d’emporter le spectateur. Prenons la séquence où Irena raconte son histoire (inventée) à Smith. Le plan sur son visage en pleurs devrait nous toucher. Pourtant, la magie n'opère pas. Est-ce dû à l’utilisation très mesurée de la musique tout au long du film ? Certes, cette louable retenue évite aux Chemins de la liberté de sombrer dans un pathos insupportable, toutefois l'absence d'une partition marquante ôte aussi de leur force aux images. Est-ce pour mieux restituer le manque de sincérité (à cet instant) du personnage incarné par Saoirse Ronan ? Toujours est-il que l’on reste émotionnellement en retrait. Et l’on pourrait multiplier les exemples. La scène d’évasion ne fait pas davantage vibrer, car dépourvue de réelle tension (la poursuite des évadés est carrément escamotée). Tout comme celle de la tempête de sable dans le désert de Gobi, impressionnante (notamment par le travail sur les sons), mais hélas interrompue après quelques secondes seulement.
 Les chemins de la liberté 3
 
Pour autant, Les chemins de la liberté ne se regarde pas sans déplaisir. Car Peter Weir démontre une nouvelle fois son incontestable éloquence visuelle. De plus, il est servi par les performances de ses comédiens, en tête desquels il convient de citer Ed Harris, dans un rôle proche de celui de Viggo Mortensen dans La route. Saoirse Ronan, jolie révélation de l'injustement mésestimé Lovely bones, confirme ses talents de comédienne. Colin Farrell est moins à son aise. Il est vrai que son personnage n’est pas de ceux qui suscitent l’empathie… 
 
Bref, un film sans faute de goût, mais un peu trop sage. Et l’on se prend à rêver de ce que Terrence Malick aurait fait de cette confrontation entre l’Homme et la nature... 
 
Ma note - 2,5/5

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