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Les Lyonnais

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Les-Lyonnais-1.jpg
 
Synopsis
 
Edmond Vidal (Gérard Lanvin), surnommé Momon, a grandi dans un camp de Gitans. Il en a retenu le sens de la famille, la loyauté et la fierté de ses origines. Il est resté très proche de Serge Suttel (Tchéky Kario), son ami d’enfance avec qui il a été en prison pour un vol de cerises. Les deux hommes ont ensuite plongé dans le grand banditisme, connaissant leurs heures de gloire avec le gang des Lyonnais, une bande de braqueurs célèbres du début des années 1970. Mais en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire, l’aventure prend fin. Aujourd’hui à l’approche de la soixantaine, Monmon tente d’oublier cette période de sa vie, prenant soin de Janou (Valeria Cavalli), son épouse, de ses enfants et petits enfants. Cependant, Serge Suttel ne s’est pas assagi... 
 
Fiche techniqueLes-Lyonnais---Affiche.jpg
 
Film français
Année de production : 2011
Durée : 1h42
Réalisation : Olivier Marchal
Scénario : Olivier Marchal
Image : Denis Rouden
Avec Gérard Lanvin (Edmond Vidal), Tchéky Kario (Serge Suttel), Daniel Duval (Christo), Patrick Catalifo (Commissaire Max Brauner)...
 

 
Critique
 
Il était difficile pour Olivier Marchal de tomber plus bas que son pathétique et sordide MR 73. Dans ce sens, et par comparaison, Les Lyonnais pourrait presque passer pour un bon film. J’insiste quand même lourdement sur le presque ! Il n’y a en effet pas grand-chose à retenir de ce nouvel opus de l’ex-policier reconverti à la réalisation.

L’intrigue est d'abord assez maladroitement construite. Le trop plein de flash-backs et l’absence de ressemblance des acteurs incarnant les personnages jeunes avec leur alter ego plus âgé -même si on a prit le soin de mettre a
u coin de la bouche des différents interprètes de Momon un grain de beauté (des effets spéciaux à la française !)- font qu’on a le sentiment de regarder deux films différents. Une impression due peut-être au fait que Marchal a d’abord envisagé de conter l’histoire des Lyonnais en deux volets, comme Jean-François Richet avec Mesrine. Il aurait été plus inspiré de l’imiter. Il aurait également pu se contenter d'évoquer le présent. Car non seulement il n'est pas un virtuose de la narration, mais en plus, les incessants aller et retour entre le passé et le présent n'ont pas de réelle raison d'être. Dans Il était une fois en Amérique, du côté duquel Olivier Marchal lorgne clairement, ils avaient une justification, le héros de Leone portant un regard désabusé sur sa vie manquée. Ici, pas de  mélancolie. Seule compte la (pseudo-)droiture de Momon, que symbolisent -sans subtilité- les mâchoires serrées et le torse bombé d’un Gérard Lanvin de moins en moins bien utilisé (que l’on songe à son inénarrable accent méridional dans Mesrine : l'ennemi public n° 1 !). Marchal aurait donc pu nous épargner ces séquences sépia qui n'apportent rien à son récit. Bon, c'est vrai qu'il ne serait pas resté grand chose...  
 
Les-Lyonnais-2.jpg 
Les Lyonnais n’est pas plus convaincant sur le fond que sur la forme. Son auteur a une théorie : les voyous d'hier avaient des valeurs, les truands d’aujourd’hui n’ont plus aucune règle. C’est son fantasme. C’est aussi, et surtout, un mythe. Car où est l’honneur lorsqu’on enlève un enfant de neuf ans -en l'occurrence Christophe Mérieux- ou qu’on abat froidement un juge devenu gênant (Louis Guillaud, dit la Carpe, reconnu dans une confession post-mortem avoir fait partie du groupe qui tua le juge Renaud en juillet 1975) ? Faits bien sûr éludés par le cinéaste… Et cette manière d'imputer à une justice trop inflexible le passage de Momon et Suttel de la petite délinquance au grand banditisme ! C’est d’un démagogique ! Certes, Marchal ne prétend pas faire un documentaire. Et je respecte sa liberté d’artiste. Cependant, puisqu’il fait le choix de s’inspirer de faits réels, il aurait pu se livrer à une réflexion morale. Bien sûr, Momon paraît regretter que la libération de son ancien compagnon se soit soldée par la mort d’une jeune policière mère de famille. Mais si cette opération a tourné au bain de sang, ce n’est pas parce qu’il a pris le risque de l’organiser : c’est parce qu’il l’a confiée à d’autres, de jeunes têtes brûlées, sans aucun principe. Une façon pour le moins tendancieuse d'envisager la responsabilité d'un criminel...
 
Ma note - 1,5/5

Commenter cet article

Wilyrah 16/12/2011 20:07

Je me suis ennuyé ferme.

CHRISTOPHE LEFEVRE 16/12/2011 20:18



Oui, c'est pas top...



palilia 14/12/2011 05:28

dommage, j'aime bien Gérard Lanvin. Mais je ne peux plus regarder ce genre de films en ce moment : n'importe qui tue n'importe qui dans la vraie vie comme s'il s'agissait d'un jeu vidéo et on finit
par se demander, à force, si ça n'influe pas sur les esprits les plus tordus.

CHRISTOPHE LEFEVRE 14/12/2011 08:09



Moi aussi, je l'aime bien. Mais il ne fait plus de bons films depuis quelques années... Il est mal utilisé...



ffred 12/12/2011 19:09

En effet mieux que MR73, c'était pas difficile !

CHRISTOPHE LEFEVRE 12/12/2011 19:17



Efectivement. C'était effroyablement glauque...