Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les naufrageurs des mers du sud (Reap the wild wind)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Les-naufrageurs-des-mers-du-sud-1.jpg

 

Synopsis 

 

1840 en Floride. Avant l'arrivée du chemin de fer, seuls les grands voiliers ont la possibilité, d'assurer la liaison entre le nord-est des Etats-Unis et la vallée du Mississipi. Mais le trajet est dangereux, en raison des récifs qui bordent les côtes. Aussi les naufrages sont-ils fréquents. A Key West, les sauveteurs se tiennent prêts à récupérer les équipages et les cargaisons de leurs navires. Certains sont surtout motivés par ces dernières. C’est le cas notamment de King Cutler (Raymond Massey), avocat et homme d’affaires indélicat, qui soudoie l’officier en second du Jubilee pour le faire échouer. Le capitaine de ce dernier, Jack Stuart (John Wayne), est sauvé par Loxi Claiborne (Paulette Goddard), dont il tombe bientôt amoureux.

 

Profitant d’un voyage à Charleston, Loxi essaie de rencontrer le commodore Devereaux (Walter Hampden), propriétaire de la compagnie qui emploie Jack, pour le convaincre de lui confier le commandement du Southern Cross, un bateau à vapeur. Ses démarches l’amène à croiser le chemin de Steve Tolliver (Ray Milland), l’avocat de la compagnie, qui ne tarde pas, lui aussi, à tomber sous le charme de la jeune femme, lui proposant même le mariage. Mais celle-ci refuse. Les deux prétendants n’auront alors de cesse de s’opposer, jusqu'au naufrage du Southern Cross, qui entraînera la mort de la cousine de Loxi, Drusilla Alston (Susan Hayward), montée à bord clandestinement pour retrouver Dan (Robert Preston), le frère de Cutler, qu'elle aime. Ce drame révélera la vraie nature des différents protagonistes…

 

Fiche techniqueLes-naufrageurs-des-mers-du-sud---Affiche.jpg

 

Film américain

Année de production : 1942

Durée : 2h03

Réalisation : Cecil B DeMille 

Scénario : Alan Le May, Charles Bennett, Jesse Lasky Jr 

Image : Victor Milner, William V Skall 

Avec Ray Milland (Steve Tolliver), John Wayne (Capitaine Jack Stuart), Paulette Goddard (Loxi Claiborne), Robert Preston (Dan Cutler), Susan Hayward (Drusilla Alston)...  

 


 

Critique

 

Les naufrageurs des mers du sud a été réalisé par Cecil B DeMille en 1942. Tourné entre Les Tuniques écarlates (1940) et L'Odyssée du docteur Wassell (1944), ce film combine avec bonheur tous les éléments du cinéma d’aventures, sans être englué dans les valeurs morales généralement exaltées par son auteur : décors exotiques magnifiés par l’emploi du technicolor, rebondissements multiples, affrontement entre deux héros sur fond de rivalités amoureuses, trahisons… Le tout servit par un scénario signé par un trio qui laisse rêveur : Alan Le May, auteur du roman qui inspira à John Ford La prisonnière du désert, Charles Bennett, scénariste de nombreux films d’Hitchcock (L’homme qui en savait trop, Les 39 marches, Quatre de l’espionnage, Jeune et innocent, Correspondant 17…) et Jesse Lasky Jr, le fils du cofondateur de la Paramount (voir mon article sur Clara Bow), un habitué de l’univers de DeMille (Pacific express, Les tuniques écarlates, Les dix commandements). 

 

Les scènes d’action paraîtront à certains un rien désuètes, cependant on aurait tort de les juger à l’aune des productions actuelles, saturées de pixels, mais souvent dépourvues d’âme. Elles témoignent ici d’une créativité et d’une poésie qui, me semble-t-il, sont en train de disparaître. Que l’on se rapporte ainsi à la séquence sous-marine où Steve Tolliver et Jack Stuart affrontent une pieuvre géante, séquence qui permit à Farciot Edouard, Gordon Jennings et William L Pereira de remporter en 1943 l’Oscar des meilleurs effets visuels.

 

Les-naufrageurs-des-mers-du-sud-2.jpg

 

Sans être une œuvre majeure, Les naufrageurs des mers du sud est un classique du genre, qui ravira sans doute les nostalgiques de La dernière séance, émission dans laquelle ce film fut présenté en décembre 1994, en seconde partie de soirée, après Le Fils d'Ali Baba, de George Marshall. A cet égard, une chaîne de télévision serait bien inspirée de reprendre ce programme, qui nous a fait découvrir tant de chefs-d’œuvre ! 

 

Ceux qui aimeraient en savoir plus sur Cecil B DeMille pourront consulter l'excellent dossier que la revue Positif lui a consacré dans son numéro 578 (avril 2009). 

 

A noter enfin que ce film est disponible dans un coffret DVD (Universal) proposant également Cléopâtre (1934) et Les croisades (1935). 

 

Ma note - 3,5/5

Commenter cet article