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Malveillance (Mientras duermes)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
César (Luis Tosar) est un gardien d’immeuble toujours disponible, efficace et discret. En apparence, du moins. Car il ne trouve un apaisement à ses démons intérieurs que dans la destruction du bonheur des autres. Sa principale cible est Clara (Marta Etura), une jeune femme insouciante et heureuse, sur laquelle il va s’acharner jusqu’à l’obsession… 
 
Fiche techniqueMalveillance---Affiche.jpg
 
Film espagnol
Année de production : 2011
Durée : 1H42
Réalisation : Jaume Balagueró 
Scénario : Albert Marini
Image : Pablo Rosso
Avec Luis Tosar (César), Marta Etura (Clara), Alberto San Juan (Marcos), Iris Almeida (Úrsula), Pep Tosar (Le père d'Úrsula)...
 

 
Critique 
 
Malveillance nous rappelle, si besoin était, la prédilection de Jaume Balagueró pour les univers clos et la terreur nocturne. Lui-même avoue être obsédé par ce qui peut se passer autour de lui quand il dort. L’émission télévisée de [REC] s’appelait d’ailleurs Pendant que vous dormez. Précisément le titre original de ce nouvel opus, Mientras duermes 
 
Le réalisateur catalan abandonne ici l’horripilant genre du documenteur, qui a fait sa renommée, pour un thriller horrifique dans la lignée du Locataire de Polanski ou du cinéma d’Hitchcock (en voyant César un couteau de la main, on songe inévitablement à Psychose). Dans le même temps, son style se fait plus sobre, ce dont on ne se plaindra pas.
 
Malveillance-4.jpg
 
Le cinéaste préfère se concentrer sur son récit, qu’il maîtrise parfaitement, manipulant habilement le spectateur, au point de rendre dans les premières scènes son héros sympathique. En butte à l’indifférence ou à l’hostilité de la plupart des occupants de l’immeuble qu’il garde, on éprouve d’abord de la compassion pour cet homme dont la vie ingrate et solitaire se résume à rendre service aux autres et à tenir compagnie à sa mère grabataire. En sorte que l’on pourrait presque comprendre ses actes. Bien sûr, la perception que l’on a de lui bascule lorsque l’on saisit ses motivations. D’autant que sa malévolence ne vise pas les locataires les plus antipathiques (Carlos Lasarte, déjà présent dans La secte sans nom et les deux premiers volets de [REC], campe ici un personnage assez odieux), mais la plus aimable d’entre eux, celle qui lui manifeste le plus d’attention, Clara. 
 
Au-delà du divertissement, Malveillance propose en filigrane une peinture assez sombre d’une humanité de plus en plus égoïste, où l’individu -en l’occurrence le gardien d’un immeuble- n’est guère plus qu’un élément du décor. La résidence n’est par ailleurs plus un lieu de vie collective. Ses habitants s’y croisent en s’ignorant poliment (dans le meilleur des cas). C’est aussi un théâtre de la cruauté et de la perversité, à l’image de la société.
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Malveillance doit forcément beaucoup à l’interprétation de Luis Tosar. Déjà impressionnant dans Cellule 211 de Daniel Monzón (où il partageait déjà l’affiche avec Marta Etura), il réussit le tour de force d’incarner un psychopathe avec une réserve qui le rend d’autant plus glaçant. Face à lui, on retiendra surtout la performance d’Iris Almeida (Úrsula), une gamine d’une dizaine d’années, dans un rôle plutôt casse-gueule pour son âge. Machiavélique et perverse, malgré son angélique visage et ses yeux très clairs, elle est la seule à tenir tête à César (dans une certaine mesure, tout de même…). 
 
Jaume Balagueró nous livre donc un suspense sans effets inutiles (pas de jump scares, pas de musique ronflante), mais très efficace et jusqu’au-boutiste, ce qui le différencie des productions hollywoodiennes classiques. Il confirme par la même occasion la bonne santé du cinéma d’horreur ibérique. Bref, une bonne surprise… 
 
 Ma note - 3/5

Commenter cet article

Bob Morane 15/01/2012 12:01

J'ai du passer à côté, parce que je n'ai jamais été pris par l'histoire, qui m'a fait plus rire que sursauter. La petiote est extraordinnaire en effet. Sinon, bon film, sans plus pour moi...

CHRISTOPHE LEFEVRE 15/01/2012 23:58



Je fonctionne rarement sur ce genre de film. Pour une fois, ça été le cas. J'étais peut-être bien disposé !



Antoine 14/01/2012 20:55

Merci. Je connaissais le procédé, pas l'expression. On voit bien d'ailleurs l'influence hitchcockienne : dilatation et contraction du temps donc suspense plutôt que surprise.

CHRISTOPHE LEFEVRE 15/01/2012 00:17



Oui, à la différence de la série REC...



Antoine 14/01/2012 15:58

Belle critique (la mienne sortira un jour ; écrite avant de t'avoir lu - comme il se doit) !
Je te rejoins sur les qualités du film et sa lignée polansko-hitchcockienne (les douches, les douches !) mais je crois qu'on garde de la sympathie pour le héros pendant tout le film (a-t-on
vraiment envie qu'il se fasse prendre quand il est danger ?). Aussi, je ne suis pas sûr (du moins, dans une certaine mesure) que le film finisse si mal que ça (un peu de Rosemary's Baby
aussi...).
PS : c'est quoi un jump square ?

CHRISTOPHE LEFEVRE 14/01/2012 18:17



C'est un procédé destiné à faire sursauter le spectateur. Une brusque, souvent souligné par un effet de musique....



ffred 04/01/2012 00:24

oui ça nous change des films hollywoodiens qui se finissent toujours bien !

CHRISTOPHE LEFEVRE 04/01/2012 00:31



On y est tellement habitué qu'on a du mal a y croire... Je viens de voir ce soir Les crimes de Snwotown, qui est très très fort... Mais j'ai du retard dans mes critiques : je dois faire celle de
Killing fields, de Bruegel et d'un Murnau (La découverte d'un secret). Je n'ai rien fait pendant mes vacances et je suis en retard



ffred 03/01/2012 22:53

Oui bien d'accord... je ne me suis toujours pas remis de la fin...

CHRISTOPHE LEFEVRE 04/01/2012 00:13



C'est sûr que César va vraiment au bout du bout pour détruire le peu de bonheur que Clara pouvait encore avoir...