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Monsters

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis

 

Après qu’une sonde de la NASA se soit écrasée dans la jungle mexicaine, une forme de vie extra-terrestre s’est développée, entraînant l’exode des populations. Le nord du pays est devenu depuis une zone de guerre, où l’armée américaine affronte les créatures venues de l’espace. C’est dans ce contexte chaotique qu’Andrew Kaulder (Scoot McNairy), un photographe en quête du cliché qui le rendra célèbre, est chargé d’escorter jusqu’au Etats-Unis la fille du propriétaire du magazine qui l’emploie, Samantha Wynden (Whitney Able)… 

 

Fiche techniqueMonsters---Affiche.jpg

 

Film britannique

Année de production : 2010

Durée : 1h34

Réalisation : Gareth Edwards

Scénario : Gareth Edwards

Image : Gareth Edwards

Avec Scoot McNairy (Andrew Kaulder), Whithney Able (Samantha Wynden), Justin Hall (Un Marine), Ricky Catter (Un Marine), Paul Archer (Un Marine)...  

 


 

Critique

 

Monsters, film au budget modeste (Gareth Edwards, le réalisateur, signe aussi le scénario, la photographie, les décors, les effets spéciaux, la conception graphique des monstres !) est la (très) bonne surprise de cette fin d’année. Certes, il décevra sans doute les amateurs de grosses productions : les monstres ne sont presque jamais montrés ; les scènes d’action sont assez rares et essentiellement suggérées ; les deux protagonistes ne vivent pas non plus un enfer, comme dans un banal survival. Il devrait par contre séduire les spectateurs plus sensibles à l’ambiance qu’aux effets tape-à-l’œil. En fait, Monster est avant tout un road-movie initiatique, dans la lignée de La route de John Hillcoat. Cependant, à la différence de ce dernier, Gareth Edwards choisit une voie moins désespérée, moins sinistre. Si je ne craignais pas d’effrayer certains, je qualifierais sa démarche de poétique ! De fait, plusieurs scènes sont animées par un véritable souffle lyrique, telle celle où Andrew et Samantha contemplent depuis le sommet d’une pyramide aztèque la muraille cyclopéenne supposée préserver les Etats-Unis de l’invasion. 

 

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D’autres séquences sont assez inattendues et témoignent d'une certaine audace. Je pense notamment à celle de la station service où les deux héros attendent l’arrivée des secours. Menacés (du moins le croient-il) par deux créatures extra-terrestres, ils assisteront finalement, médusés, à l'accouplement de celles-ci. Des monstres qui font l'amour, pas la guerre, c'est assez peu commun dans le cinéma de science-fiction ! 

 

Original sur la forme, Monster l’est également sur le fond. Puisque ce film est aussi une fable écologique et une métaphore politique. Fable écologique, par la beauté sauvage des paysages traversés et les destructions que leur font subir l’Homme. Métaphore politique, puisque la lutte menée par les Etats-Unis contre l’envahisseur évoque les différents conflits dans lesquels cette nation est engagée depuis les attentats du 11 septembre 2001 (l'un des personnages relève ainsi que l'armée américaine cause plus de souffrances aux populations locales que les prétendus monstres). Certains fâcheux diront que ces messages sont transparents et grossiers. Ils sont toutefois tellement d'actualité et réalistes que le spectateur ne peut y être que sensible.

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Monsters est donc bien plus qu'un énième film d'Aliens. Et contrairement à ce que prétend la promotion, c'est moins du côté de District 9 de Neill Blomkamp qu'il faut chercher une influence, mais plutôt de Délivrance ou de The mist (que l'on compare d'ailleurs l'affiche française de Monsters à certaines images du film de Frank Darabont) et, bien sûr, de La route. On songera également à Fitzcarraldo (pour le bateau échoué dans les arbres) et à La guerre des mondes (la scène où Samantha, réfugiée à l'intérieur de la station service, est menacée par les tentacules de la créature rappelle celle où Tom Cruise et Dakota Fanning, cachés dans une cave, essaient d'échapper à la vigilance des tripodes). Boorman, Darabont, Hillcoat, Herzog, Spielberg : il y a pire comme influences ! 

 

Ma note - 3/5

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