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MR. TURNER, LUMIERE ET COULEUR (partie 10)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Conclusion

Le film de Mike Leigh illustre bien le polymorphisme de son personnage, véritable kaléidoscope hu­main à la personnalité insaisissable, et dont le visage, la physionomie, l’humeur semblent pouvoir évoluer, se transformer à l’infini, au gré d’insensibles retouches, comme ses tableaux. Un être d’une infinie richesse, incarné par un acteur en état de grâce, même si la formule est aujourd’hui quelque peu pervertie par un usage abusif…

"Beauty is truth, truth beauty", -that is all
Ye
know on earth and all ye need to know

écrivait Keats. Le cinéaste britannique nous le rappelle ici à chaque instant, que ce soit par l’évoca­tion de la sensibilité du peintre, de sa technique, de son œuvre, par sa manière de nous plonger dans son regard, mais aussi par son art propre, l’harmonie de sa mise en scène, l’intelligence de son récit, bien plus novateurs que d’autres films soucieux de faire moderne par la multiplication de sensations plus ou moins ordurières, et que ne le laissent entendre certains critiques, qui, par une sorte d’ortho­doxie maniaque, associent films en costumes et académisme, sans ce rendre compte que leurs pro­pos, par leur caractère répétitif, sont eux-mêmes… académiques…

 

KEATS John, Ode on a Grecian urn, in The odes, Siegle, Hill & Co, 1903, p. 3 : « Beauté est vérité et vérité beauté. Voilà tout ce que l’on sait sur terre et tout ce qu’il faut savoir ».

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