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My week with Marilyn

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

My week with Marilyn 1
 
Synopsis
 
À Londres en 1956. Sir Laurence Olivier (Kenneth Branagh) se prépare à réaliser Le prince et la danseuse. Le jeune Colin Clark (Eddie Redmayne), enthousiaste étudiant de cinéma, parvient à se faire embaucher comme troisième assistant sur le plateau du film. Il est ainsi témoin des relations tendues entre le cinéaste et son actrice, Marilyn Monroe (Michelle Williams). Intrigué par la commédienne avant même de la connaître, Colin Clark est progressivement invité par la jeune femme à entrer dans son monde intérieur, où elle lui dévoile ses luttes intimes, ainsi que ses craintes relatives à sa célébrité, à sa beauté et à son désir d'être une grande actrice… 
 
Fiche techniqueMy week with Marilyn - Affiche
 
Film britannique, américain
Année de production : 2011
Durée : 1h39
Réalisation : Simon Curtis
Scénario : Adrian Hodges
Image : Ben Smithard
Avec Kenneth Branagh (Sir Laurence Olivier), Michelle Williams (Marilyn Monroe), Eddie Redmayne (Colin Clark), Julia Ormond (Vivien Leigh)...   
 

 
Critique 
 
Les biopics ne sont pas ma tasse de thé. Du moins dans leur forme actuelle (sur ce sujet, j'invite à lire le très bel article d'Armelle, Les biopics ou la vie des autres). Parmi les plus récents, certains font bien sûr figure d'exception (Gainsbourg, vie héroïque), cependant ces films reposent aujourd'hui presque exclusivement sur la performance simiesque –au sens de singer- d’un comédien, prouesse qui ne m’intéresse guère, le mimétisme avec le modèle étant désormais surtout l’affaire des maquilleurs prosthétiques. Au risque de choquer, l’exemple le plus grotesque est pour moi celui de Marion Cotillard dans La Môme, que j’ai trouvée absolument insupportable . 
 
Cette mise au point faite (j’imagine qu’elle m’aura déjà coûté quelques lecteurs, notamment ma remarque sur le film d’Olivier Dahan…), qu’en est-il de My week with Marilyn ? La réalisation de Simon Curtis, connu surtout pour son travail à la télévision (l’équipe technique, du scénariste Adrian Hodges, en passant par le directeur de la photographie Ben Smithard, ou le chef décorateur Donal Woods, est d’ailleurs essentiellement issue du petit écran), sans être infâmante, est assez fade. Le cinéaste anglais nous propose une reconstitution appliquée de l’atmosphère de l’époque et du tournage du Prince et la danseuse. Son désir de faire authentique transparait toutefois trop. La rigueur est assurément une qualité méritoire. Néanmoins, elle se traduit ici par un style trop studieux pour être personnel et suggérer la passion. Un comble, compte tenu du sujet...
 My week with Marilyn 2
 
L’interprétation est la clé de ce genre d’œuvre. Michelle Williams est une actrice talentueuse. Ses choix de carrière, souvent audacieux, car loin des productions mainstream (Blue Valentine, La dernière piste), donnent à son parcours un cachet atypique. Le problème, c’est qu’elle doit ici incarner une icône. Peut-être même l’Icône du cinéma. Un défi évidemment impossible à relever. Certes, elle s’inspire de la gestuelle de l’héroïne de Certains l’aiment chaud. Il ne suffit pourtant pas de prendre une attitude suggestive, la main sur une hanche, l’index posé sur les lèvres, pour avoir l’air glamour. Ce geste, chez Marilyn, par son naturel, son côté enfantin, était charmant. Pour tout autre qu’elle, il devient vite vulgaire. Michelle Williams n’échappe pas à la règle. Et comme je l’apprécie, cela m’a singulièrement embarrassé. 
 
Sur Marilyn elle-même, ce film ne nous apprend rien. On sait tous aujourd’hui qu’elle n’était pas la créature ravissante, mais un peu tête en l’air, qu’a donné d’elle le cinéma. De ce personnage fascinant, ce film ne retient malheureusement que sa relation un peu mièvre avec le troisième assistant réalisateur du Prince et la danseuse, Colin Clark. Une semaine intense, d’une grande tension érotique, pour reprendre les propos de Curtis. A l’image, rien de tout cela. Peut-être parce que cette histoire n’est au bout du compte que le fantasme d’un vieux monsieur à qui il ne restait plus beaucoup de temps à vivre, comme ce fut le cas il y a quelques années pour un ancien Président de la République, à propos d’une certaine princesse… Quoi qu’il en soit, pour en savoir plus sur l’actrice, sur la complexité de sa personnalité, mieux vaut lire Fragments (Editions du Seuil), un recueil de ses notes et poèmes, même si cette plongée dans son intimité peut donner le sentiment inconfortable de jouer les voyeurs. 
 
My week with Marilyn 3 
My week with Marilyn, en dépit de sa banalité et de ses maladresses, n’en contient pas moins quelques scènes assez fortes. Celles qui m’ont le plus touché se trouvent dans la dernière partie du film, qui marque aussi la fin du tournage du Prince et la danseuse. Ainsi, quand Marilyn se présente à Sir Laurence Olivier -Kenneth Branagh, comme toujours très convaincant- et à l’équipe technique : sa fragilité est bouleversante. Et, surtout, lorsque le réalisateur regarde les rushes et cite Shakespeare (La tempête) : We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep… Une tirade qui semble avoir été écrite pour la star. Et un beau moment de cinéma… 
 
Ma note - 2/5
 
A consulter : Press-book du film

Commenter cet article

Eeguab 18/05/2012 20:50

Je n'aime pas les biopics non plus.Là sur une semaine de la vie de Marilyn j'ai apprécié surtout les tirades shakespeariennes et Kenneth Branagh s'il n'évoque pas vraiment Laurence Olivier en est
quand même un peu l'héritier,sans le souffle de Welles,l'alter ego de William Shakespeare.Donc un film agréable.Mais si je peux me permettre un conseil aux jeunots qui connaissent très peu
Marilyn,qu'ils regardent Certains l'aiment chaud,Sept ans de réflexion,Les misfits,Le millardaire,ou même des films moins côtés mais où elle fait merveille,Niagara,Bus Stop.C'est ça,Marilyn.

CHRISTOPHE LEFEVRE 19/05/2012 00:18



On est bien d'accord... Marilyn est unique et ne peut se concevoir que dans ses films



neil 29/04/2012 12:00

C'est vrai que c'est un film anecdotique à la mise en scène assez fade. Reste un bon petit moment de cinéma, qui ne restera pas dans les annales.

CHRISTOPHE LEFEVRE 30/04/2012 09:33



C'est sur, sur l'instant sympa. Mais j'ai déjà oublié l'essentiel...



Chris 26/04/2012 22:44

J'ai pour ma part été bon public (une fois n'est pas coutume) et trouvé l'interprétation de M Williams bouleversante (car pas dans l'imitation mais dans la recherche de "l'esprit"). De plus j'ai
découvert tout cet épisode que je ne connaissais pas de la vie de Marilyn...

CHRISTOPHE LEFEVRE 27/04/2012 01:09



Moi aussi, cet épisode de sa vie m'était inconnu, mais comme je le dis, est-ce un fantasme ? Je ne sais pas... J'ai beaucoup d'admiration pour les choix de carrière de Michelle Williams, mais là,
je n'ai pas été convaincu. Ce qui pose problème lorsqu'il s'agit d'un biopic, oeuvre qui repose entièrement sur la performance des acteurs...



selenie 26/04/2012 18:28

Je trouve ce film d'une grande justesse, et d'une intelligence qui fait plaisir. Evitant l'écueil d'un film sentimental à la sauce "histoire vécue" le film décrit au contraire un tournage où la
fragilité de Marylin fait face à l'ogre Olivier, ce dernier ayant lui aussi ses fêlures... On frôle le très grand film... 3/4

CHRISTOPHE LEFEVRE 26/04/2012 18:35



Le problème, c'est que Marilyn ne peut être imitée. Et malgré tout son talent, Michelle Williams n'est pas du tout dans le ton pour nous faire croire à son rôle.



armelle 26/04/2012 09:24

Excellente critique. Après avoir vu sa présentation en salles, je n'ai pas eu envie de voir ce film sur Marilyn à cause de l'actrice que je ne trouvais absolument pas convaincante. Comme toi, je
n'apprécie guère les biopics et je ne m'en cache guère dans l'article que j'ai publié ce matin, à l'exception de quelques rares réussites. Je suis moins sévère que toi pour "La môme". J'avais
trouvé Cotillard très bonne et rendant bien la personnalité d'Edith Piaf.

CHRISTOPHE LEFEVRE 26/04/2012 09:32



Merci, mais ton article sur les biopics est absolument formidable. Je pense que je vais faire un petit lien vers lui dans le corps de mon texte, car il mérite d'être connu