Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Neds

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Neds-1.jpg
 
Synopsis 
 
John McGill (Gregg Forrest) est sur le point d’entrer au collège. C’est un écolier brillant. Mais dans une société figée dans ses préjugés, il lui faut faire oublier ses antécédents familiaux : son frère aîné, Benny (Joe Szula), est un chef de gang, un NED (non-educated delinquent), qui a sévi dans l’établissement où l'adolescent est à présent scolarisé. Aussi, en dépit de ses excellents résultats, le place-t-on d’abord dans une classe d’élèves en échec. Les années passent. Malgré les obstacles, John réussit à faire la démonstration à ses professeurs de ses qualités. L’espoir d’échapper à la misère sociale dans laquelle il a été élevé semble possible. Jusqu’au jour où la famille de son meilleur ami le rejette en raison de son origine…
 
Fiche techniqueNeds - Affiche
 
Film britannique, français, italien
Année de production : 2010
Durée : 2h04
Réalisation : Peter Mullan
Scénario : Peter Mullan
Image : Roman Osin
Avec Conor McCarron (John McGill), Peter Mullan (Monsieur Mc Gill), Greg Forrest (John jeune), Joe Szula (Benny McGill), John Joe Hay (Fergie)...
 

 
Critique 
 
Peter Mullan, dont c’est ici la troisième réalisation, nous propose avec Neds une œuvre radicale, sans concession. John McGill ne peut échapper à son destin. Il est prédestiné par son origine sociale. Et même lorsque le système éducatif semble lui offrir une seconde chance, on devine très vite qu’il s’agit seulement d’une illusion (en fait, on le placera dans la section des laissés-pour-compte, reléguée dans un bâtiment préfabriqué), qui précipitera sa chute finale. Le cinéaste d’origine écossaise refuse par conséquent à son héros la possibilité d’une rédemption miraculeuse, à la manière hollywoodienne. 
 
Mais cette glaçante peinture naturaliste d’une jeunesse sans repère -qui n’est pas sans évoquer, dans un genre différent, l’éprouvant Eden Lake de James Watkins- porte en elle les défauts de ses qualités. Démonstrative, d’un symbolisme parfois un peu trop appuyé (la scène du calvaire, pour mieux signifier le chemin de croix du jeune homme), souvent manichéenne, elle sombre peu à peu dans un jusqu’au-boutisme outrancier, qui culmine dans un combat de rue un peu grotesque, où John se mue en une sorte de Wolverine, scotchant des couteaux à ses poignets pour affronter les membres d’un gang adverse… 
 
Neds-2.jpg 
Malgré ses imperfections et ses excès, Neds n’en est pas moins une œuvre puissante, notamment grâce à l’interprétation de Conor McCarron, dont c’est ici la première apparition au cinéma. Le jeune homme donne à son personnage une densité incroyable, avec un jeu pourtant minimaliste. Son prix d’interprétation au Festival de San Sebastian est à cet égard pleinement justifié. Peter Mullan, qui joue le père de John, livre également une composition remarquable, nous rappelant ainsi le très grand acteur qu’il est (on se souvient qu’il fut récompensé à Cannes en 1998 pour son rôle dans My name is Joe de Ken Loach). On regrettera par contre l’inconsistance des personnages féminins... 
 
Ma note - 3/5

Commenter cet article