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Rango

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Rango 1   
 
Synopsis 
 
Rango mène une vie sans histoire d’animal de compagnie. Jusqu’au jour où un accident propulse son vivarium sur la route. Perdu en plein désert des Mojaves, il rencontre d’abord Roadkill, un tatou à la recherche de l’Esprit de l’Ouest, puis échappe de peu aux serres d’un faucon. Après avoir passé la nuit dans une canalisation, il fait la connaissance de Fève, un iguane du désert, qui le conduit dans une petite ville desséchée du Far West appelée Poussière, où de sournoises créatures font régner la terreur et détournent l’eau. Pour se fondre dans le décor, le caméléon, déclare s'appeler Rango et, grâce à son imagination, s’improvise shérif. Il va ainsi devenir le dernier espoir de la population de Poussière…
 
Fiche techniqueRango---Affiche.jpg
 
Filma américain
Année de production : 2011
Durée : 1h47
Réalisation : Gore Verbinski
Scénario : John Logan
Image : non renseigné
 


Critique
 
Les premières minutes du film de Gore Verbinski m’ont un peu déconcerté. Pour ne pas dire plus. N’ayant en effet pas compris que Rango se trouve dans un vivarium (je sais, je ne suis pas très clairvoyant !), je me suis demandé où allait me conduire ce caméléon si névrosé et bavard qu'on le croirait sorti de l'imagination de Woody Allen. Mes craintes se sont cependant dissipées dès son arrivée à Poussière. La reconstitution -pour la première fois dans un film d’animation ?- de l’univers du western m’a bluffé. Tout est là : des trognes dignes des films de Sergio Leone, le bruit de l’éolienne d’Il était une fois dans l’Ouest, une musique aux accents morriconien (cela fait longtemps que je n’ai pas salué une composition d’Hans Zimmer, mais je dois reconnaître cette fois qu’il nous livre un bijou de partition, même s’il pille beaucoup), un clone de Clint Eastwood incarnant l’Esprit de l’Ouest… On n’en finirait pas d’énumérer les clins d’œil aux grands mythes du genre. Et ils sont d’autant plus réjouissants qu’ils s’intègrent parfaitement au récit.
     
Rango-2.jpg
 
Cependant Rango n’est pas qu’un simple hommage au western. Il est également une quête identitaire -et qu’elle animal est le plus à même d’incarner cette recherche qu’un caméléon ?- et une fable écologique où le réalisateur stigmatise la surexploitation et le gaspillage des ressources de la planète, dérives dont Las Vegas (représentée ici) est certainement l’un des symboles les plus scandaleux. 
 
Sur le plan formel, Rango bénéficie d’une animation somptueuse, qui n’a rien à envier au leader du secteur (Pixar) et à son challenger (Dreamworks). Je ne dirai en revanche rien sur le doublage des personnages (réalisé apparemment selon une technique inédite), et en particulier sur le travail de Johnny Depp, que beaucoup loue, même les détracteurs du film, car il est aujourd’hui presque impossible en Province de voir un film d’animation en VO (seuls les films de Miyazaki font exception).
 
Rango-3.jpg
     
Les premiers pas de Gore Verbinski dans le monde de l'animation s’avèrent donc plus que convaincants. Je n’apporterai que deux bémols à cette première réalisation. D’une part, le récit aurait gagné à être plus resserré. La folle course poursuite dans le repère de Balthazar, sur fond de Chevauchée des Walkyries et du Beau Danube bleu, morceau de bravoure du film, intervient en effet un peu tardivement. Ou alors, une scène aussi rythmée aurait dû être insérée dans la première partie. D’autre part, à la différence des productions labellisées Pixar, accessibles à tous les publics grâce à leurs différents niveaux de lecture, Rango ne s’adresse sans doute pas aux plus petits. Il est d’ailleurs recommandé aux plus de 6 ans sur le site d’AlloCiné. C’est dommage… 
 
Ma note - 3/5

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