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Somewhere

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Somewhere 1
 
Synopsis
 
Johnny Marco (Stephen Dorff), star hollywoodienne installée à demeure à Château Marmont, luxueux hôtel niché au-dessus de Los Angeles, mène une existence oisive. Jusqu’au jour où sa fille, Cleo (Elle Fanning), née d’un mariage raté, débarque dans sa vie...
 
Fiche techniqueSomewhere - Affiche
 
Film américain
Année de production : 2010
Durée : 1h37
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Image : Haris Savides
Avec Stephen Dorff (Johnny Marco), Elle Fanning (Cleo), Chris Pontius (Sammy), Kristina Shanon (Bambi), Karissa Shanon (Cindy)...    
 

 
Critique
 
Une caméra fixe filme une portion de circuit sur laquelle tourne une Ferrari. Le plan dure bien deux minutes. Sans doute se veut-il métaphorique de la vie de Johnny... Il est surtout très ennuyeux et assez laid. Mais cette introduction a au moins le mérite de mettre le spectateur dans l’ambiance. Elle est en effet à l’image du reste de ce long métrage, dont on peut se demander comment il a pu être préféré à Potiche ou à Vénus noire au palmarès de la dernière Mostra de Venise. De là à inférer que la courte relation de l'auteur avec le président du jury, Quentin Tarantino, y est pour quelque chose…
 
J’attendais un film sur la relation père-fille, thème peu abordé au cinéma (du moins à ma connaissance). Sofia Coppola dresse surtout le portrait sans intérêt d’une star hollywoodienne neurasthénique, dont la triste existence se partage entre les shows pathétiques de jumelles strip-teaseuses, des fêtes somme toute assez sages, des promenades en voiture sur les hauteurs de Los Angeles à la poursuite d’une inconnue blonde et quelques séquences de promotion ou de maquillage (il faut bien gagner sa vie !). Johnny est dans un état si comateux qu’il ne s’étonne même pas de voir un véhicule de luxe fracassé contre le mur d’entrée de Château Marmont (une référence à Helmut Newton, mort dans de semblables circonstances en janvier 2004 ?). 
 
Somewhere 4 

Sofia Coppola avait pourtant un sujet en or, qu’elle aurait pu nourrir de sa propre relation avec son illustre géniteur. En fait, si l’on en croit le dossier de presse, il semble qu’elle ait utilisé un certain nombre de souvenirs personnels pour construire le lien unissant Johnny et Cleo. Cela veut donc dire que ses rapports avec son père étaient d’une indigence absolue (ce que je veux bien croire). Car finalement, Johnny et sa fille ne partagent presque rien au cours de leur éphémère cohabitation : quelques heures passées devant la télévision à jouer à Guitar hero, un séjour à Milan durant lequel Johnny essaiera surtout de se cacher de Cleo pour renouer avec une ancienne maîtresse… Et quand il se séparera d’elle, il ne trouvera rien de mieux que de l’emmener dans un casino à Las Vegas (l’endroit du monde le plus adapté pour passer un moment privilégié avec son enfant, avant de lui faire ses adieux !). Puis c’est en hélicoptère -et oui, c’est aussi cela la vie des stars !- qu’il rejoindra le taxi qui acheminera Cleo vers sa colonie de vacances… Mais ces quelques jours passés ensemble lui feront comprendre la vacuité de son existence. Il quittera alors hôtel et voiture de luxe (pour retrouver sa fille ?). Presque aussi profond qu'un roman de Marc Lévy...

Somewhere 3
 
Avec Somewhere, Sofia Coppola apporte la preuve du caractère très surfait de son œuvre. Elle est avant tout une icône de mode, qui fait les beaux jours des pages glacées de Vogue ou celles, recyclées, des magazines people. Son cinéma est par contre assez tape-à-l’œil. Plaquer de la musique new wave sur un film consacré à la vie de Marie-Antoinette relève selon moi plus du snobisme que de l'audace ou de l’intelligence (et tant pis si ces propos me font passer pour rétrograde !). Si je devais définir son talent, je dirais que c’est celui du paraître. Une qualité finalement bien dans l’air du temps. Aussi comprends-je que Sofia Coppola plaise autant à nos contemporains. 
 
Une note positive tout de même, avant de conclure. L’interprétation sensible et pleine de délicatesse de la lumineuse Elle Fanning, dont le personnage, par son innocence, est le seul à véhiculer une réelle émotion. 
 
Je suis donc toujours dans l'attente du film qui me fera vibrer... Depuis deux mois, il n'y a eu que  Le soldat dieu et Outrage (dont je n'ai pas fait la critique...) pour me séduire. Cela fait peu ! 
 
 Ma note - 2/5

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