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The artist

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The-artist-1.jpg
 
Synopsis 
 
Hollywood, 1927. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du muet à qui tout sourit. Son dernier film, A russian affair, est un succès. Mais le studio qui l’emploie, la Kinograph, est convaincu que l’avenir du cinéma passe par le parlant. Or, George refuse cette évolution. C’est le début pour lui de la chute. Dans le même temps, Peppy Miller (Bérénice Bejo), une jeune figurante qu’il avait croisée à la première de son ultime triomphe, va être propulsée au firmament des stars… 
 
Fiche techniqueThe-artist---Affiche.jpg
 
Film français
Année de production : 2011
Durée : 1h40
Réalisation : Michel Hazanavicius
Scénario : Michel Hazanavicius
Avec Jean Dujardin (George Valentin), Bérénice Bejo (Peppy Miller), John Goodman (Zimmer), James Cromwell (Clifton)...
 

 
Critique 
 
The artist n’est pas un objet si unique qu'on veut bien le dire. S’ils ne sont pas légion, d’autres films muets ont en effet été tournés bien après l’avènement du parlant. On peut citer, parmi les plus récents, Dracula, pages tirées du journal d'une vierge (2002), du Canadien Guy Maddin. Cependant, le plus souvent il s’agit de démarches expérimentales.

Comme toujours chez Michel Hazanavicius, on se situe ici au niveau du pastiche. Un genre dont les qualités artistiques peuvent être réelles (Proust imita à merveille Balzac, Flaubert ou encore Sainte-Beuve dans Pastiches et mélanges), mais qui a aussi ses limites. The artist nous le rappelle. Car si l’auteur d’OSS 117 rend une copie plaisante, le résultat est somme toute assez impersonnel, ce qui fait qu’on peine à se sentir concerné par la déchéance de cette gloire du muet et par son histoire d’amour avec une étoile montante.
 The-artist-2.jpg
 
The artist pose également problème sur un plan plus formel. J’ai eu le sentiment d’un décalage entre ce à quoi mon œil d’amoureux du muet est habitué et ce que nous propose Hazanavicius. Je ne sais comment expliquer clairement cette impression. Car l'habillage est parfait... En fait, si le film est en noir et blanc et sans parole, il n’en appartient pas moins à notre époque. Sa grammaire, son montage sont contemporains, malgré ses multiples allusions aux grands maîtres du genre (voir la belle scène où Peppy Miller passe, avec une tendresse toute chaplinesque, son bras dans la manche de la redingote de George, ou cet effet de surimpression d’une bobine sur l’œil de ce dernier, qui lui donne un faux-air de Fritz Lang). En sorte que The artist apparaît aussi un peu artificiel…
 
Michel Hazanavicius nous apporte une nouvelle fois la preuve de ses talents d'imitation. J’attends maintenant qu’il nous démontre qu’il possède un style propre. Néanmoins, son pari audacieux et son amour du cinéma –que l’on devine sincère- méritent d’être salués, même s'il doit se méfier : à force de faire des films-hommages, il risque de faire un cinéma nécrologique... On retiendra également le jeu de Dujardin et de sa partenaire. Le visage du premier, d’une plasticité rare, lui permet de retrouver l’expressivité des acteurs du muet. Quant à Bérénice Bejo, elle n’a sans soute jamais été aussi juste.
 
Ma note - 2,5/5

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Tching 28/10/2011 10:37


Un peu chiant et un peu mou. Pas vraiment enthousiasmant et certainement pas génial. Moyen quoi...


CHRISTOPHE LEFEVRE 28/10/2011 11:30



Les Dijonnais sont donc d'accord sur ce point :)



Jérémy 28/10/2011 00:14


Il est vrai qu'un pari ne fait pas forcément un bon film.
Je trouve celui-ci un peu mieux réussi pour ma part, mais sans doute que ton aisance dans le cinéma muet ne rivalise pas avec mes références ;) .
J'ai apprécié 'The Artist' car je n'en ait pas trouvé moins que ce que j'en attendais, à savoir un postiche de références harmonieusement mises en image.


fredastair 24/10/2011 15:18


Je te trouve également un peu injuste. Pour moi le film n'est pas impersonnel ni artificiel car il m'a beaucoup touché (la romance entre Dujardin et Bejo fonctionne : aaah, cette séquence des
répétitions ratées, que Peppy retrouve dans la bobine brûlée...). Question d'appréciation bien entendu. Le film ne démérite pas tant à mes yeux que d'autres classiques du muet que j'ai pu
découvrir. Je te concède le ventre mou de l'intrigue en milieu de métrage... mais ça se rattrape avec le final, superbe !


CHRISTOPHE LEFEVRE 24/10/2011 19:38



Bin, moi, le ventre moi, il m'a achevé. Ce qui fait que je ne suis pas certain d'avoir tout vu à cet instant... Par contre, je me suis regardé Le Président et Michael de Dreyer, la semaine
dernière, c'est autre chose. C'est un émerveillement de chaque instant.



armelle 20/10/2011 13:26


Je te trouve un peu sévère, car réaliser en 2011 un film qui va à contre-courant de tout ce qui se produit, est déjà un sacré challenge. Et puis tellement bien filmé, une bande sonore parfaite, des
images sublimes, des trouvailles, des acteurs expressifs et convaincants et, cerise sur la gâteau, l'adorable petit chien. Avec " Le discours d'un roi", pour moi le plus beau film de l'année.
Déception avec " Polisse", un remake des téléfilms des chaînes publiques et des journaux télévisés.


CHRISTOPHE LEFEVRE 20/10/2011 19:35



Il ne suffit pas de faire un pari pour faire un bon film, et The artist m'a quand même un peu ennuyé. C'est bien fait, certes, mais bon, cela ne m'a jamais touché. C'est superficiel et
artificiel. Et l'on ne peut pas dire que je sois réfractaire au cinéma muet... Quant au chien, dont tout le monde parle... Je ne vois pas ce qu'il a d'extraordinaire. C'est amusant, mais
cela ne va pas au-delà... Quant à Polisse, j'ai bien aimé. Pas un chef-d'oeuvre, mais un film fort et réussi. Enfin, très loin des accusations de sitcom lancées par Le Monde et Les Cahiers du
cinéma... Pour le meilleur film de l'année reste Melancholia. Le discour d'un roi, sympa, mais très académique.



Gabriel 16/10/2011 01:46


Tu reproches au film d'être trop collé à son genre (pastiche impersonnel), et de ne pas l'être assez (film moderne finalement) !!!

Pour moi, la force du film est justement de ne pas être un simple pastiche, même si il en est né. Il a sa propre ambiance, sa propre saveur, sa propre logique (autour du muet mais aussi du
non-muet, du bruit, tout ça est très bien géré, bien pensé, très cohérent dans son ensemble), son propre potentiel émotionnel. Une izzarerie, mais une réussite


CHRISTOPHE LEFEVRE 16/10/2011 09:51



Oui, cela paraît contradictoire. Mais cette contradiction explique l'échec de ce film.  Haszanivicius fait un pastiche, dont impersonnel, mais pas assez réussit, donc décevant. Il
aurait fallu qu'il fasse un choix : soit un vrai film personnel, soit un pastiche absolu. En refusant le choix, il se plante.