Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

The killer inside me

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The-killer-inside-me-1.jpg
 
Synopsis
 
Lou Ford (Casey Affleck) est le shérif-adjoint de Central City, une petite ville du Texas. Apprécié de ses concitoyens, il rassure et a l'estime de tous. Un jour, son supérieur (Tom Bower) lui demande de rendre visite à Joyce Lakeland (Jessica Alba), une prostituée dont l’activité choque son voisinage bien-pensant. Cependant, au lieu de lui enjoindre de quitter la localité, Lou préfère entamer une liaison avec cette jeune femme séduisante. Mais cette relation va lui donner l’occasion de donner libre cours à sa perversité, ce qui va bientôt l’entraîner dans une spirale meurtrière… 
 
Fiche techniqueThe-killer-inside-me---Affiche.jpg
 
Film américain, suédois, britannique, canadien 
Année de production : 2010
Durée : 1h49
Réalisation : Michael Winterbottom
Scénario : John Curran
Image : Marcel Zyskind
Avec Casey Affleck (Lou Ford), Kate Hudson (Amy Stanton), Jessica Alba (Joyce Lakeland), Ned Beatty (Chester Conway), Tom Bower (Bob Maples)...    
 

 
Critique
 
The killer inside me est l'adaptation d’un roman de Jim Thompson, polar ultraviolent qui fascine depuis longtemps Hollywood. Loué par Stanley Kubrick, envisagé avec Marilyn Monroe, il a déjà été porté à l’écran en 1976 par Burt Kennedy sous le titre Ordure de flic, avec Stacy Keach dans le rôle de Lou. Jim Thompson est d’ailleurs très lié à l’univers du cinéma, que ce soit par ses collaborations avec Kubrick -pour lequel il écrivit les scénarios de L'ultime razzia, tiré d'un roman de Lionel White, et des sentiers de la gloire- ou pour les adaptations de ses propres œuvres. Ainsi, en 1979, Alain Corneau réalisa Série noire d'après son roman A hell of a woman. En 1981, Bertrand Tavernier porta à l’écran Pop. 1280 (Coup de torchon). Un autre de ses romans, The grifters (Les arnaqueurs), adapté par Stephen Frears, obtint quatre nominations aux Oscars. 
 
The-killer-inside-me-2.jpg 
Michael Winterbottom est décidément un cinéaste prolifique (sa filmographie compte une vingtaine de films depuis 1990) et éclectique. Son précédent film, Genova (Un été italien), décrivait avec une sensibilité rare le parcours d’un homme après la mort accidentelle de sa femme, et de ses deux filles, dont l’une, jouée par Perla Haney-Jardine (remarquable), se croit responsable de la mort de sa mère. 
 
Cette fois, le cinéaste prend un plaisir sadique à filmer l’itinéraire meurtrier d’un odieux sociopathe, s’attardant avec une rare complaisance sur les détails les plus abjects de ses actes. Si encore ces images avaient un sens ! Le problème, c’est qu’elles paraissent n’avoir d’autre raison d’être que de s’inscrire dans une stratégie marketing malsaine (à l’instar des scènes de sexe non simulées de 9 songs, du même Winterbottom). Un objectif globalement atteint, si l’on en juge par le scandale provoqué au festival de Sundance, lors de la présentation du film. Certes, l’auteur a tenté de justifier sa démarche et de se défendre des accusations de misogynie dont il est l'objet en affirmant qu’il est bien plus problématique de banaliser la violence en la minimisant qu’en la poussant à son paroxysme. Un argument un peu facile et malhonnête. Car pourquoi a-t-il traité d’une manière si inégale les victimes féminines et masculines de Lou ? En effet, si le réalisateur nous décrit avec de gros plans à la limite du supportable les passages à tabac de Joyce et d’Amy (Kate Hudson), il recourt curieusement à l’ellipse lorsqu’il évoque la mort de Johnnie (Liam Aiken) dans sa cellule. Se pourrait-il que la mise en image d’une femme rouée de coups soit plus vendeur ? Ce serait ignoble, mais pas impossible…
 The-killer-inside-me-3.jpg
 
Au-delà du reproche que l’on peut faire sur cette débauche gratuite de brutalité, on pourra regretter que Winterbottom ne s’intéresse pas davantage aux personnages secondaires et au contexte politique et social de l’époque. On sera aussi gêné par les invraisemblances du scénario. Ainsi, comment la police peut-elle se laisser abuser par la grossière mise en scène de Lou ? Comment peut-elle croire que Joyce, le visage horriblement tuméfié, ait pu tirer quatre balles dans la tête d’Elmer Conway (Jay R Ferguson) ? Certes, un inspecteur, Howard Hendricks (Simon Baker, le héros de la série Mentalist) paraît douter du récit de Lou. Mais il est le seul. Quant à la fin, et son twist plus qu’attendu, elle est vraiment too much
 The-killer-inside-me-4.jpg
 
Surnage de cet ensemble déplaisant (pour ne pas dire écœurant) l’interprétation de Casey Affleck, déjà formidable dans The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford (Andrew Dominik) et Gone baby gone (Ben Affleck). L’inexpressivité de son visage, sa voix trainante conviennent parfaitement à ce type de rôles, auxquels il semble d’ailleurs abonné. 
 
 Ma note - 2/5

Commenter cet article