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The secret (The tall man)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The secret 1
 
Synopsis 
 
À Cold Rock, petite ville minière isolée des Etats-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et n’ont jamais été retrouvés. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet, mais pour Julia (Jessica Biel), le médecin de cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 6 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant... 
 
Fiche techniqueThe secret - Affiche
 
Film américain, candien, français
Année de production : 2012
Durée : 1h46
Réalisation : Pascal Laugier
Scénario : Pascal Laugier
Image : Kamal Derkaoui
Avec Jessica Biel (Julia), Jodelle Ferland (Jenny), Stephen McHattie (Lieutenant Dodd), William B Davis (Shérif Chestnut), Samantha Ferris (Tracy)... 
 

 
Critique 
 
Quand on a l’immodestie d’affirmer qu’on n’a jamais été autant bluffés depuis Sixième sens, il faut se douter que l’on est dans un coup marketing. Et l’on sait la valeur qu’il faut accorder à ce genre de démarche. Ici, l’accroche dessert le film. Parce qu’elle annonce la couleur, à savoir l’existence d’un twist (il est de bon ton aujourd’hui de parsemer une critique de quelques termes anglais). Or, le succès d’un tel procédé narratif tient pour partie au fait qu’il n’est pas attendu. Communiquer dessus me paraît donc maladroit et contre-productif. En outre, la référence au film de Shyamalan laisse supposer que le rebondissement de The secret -traduction française (!) de The tall man...- est saisissant, ce qui est loin d’être le cas. Aussi ceux qui espèrent une intrigue bien roublarde en seront-ils pour leurs frais… 
 
Le récit de Pascal Laugier commence par une prolepse (désormais, par ce même snobisme dont je parle plus haut, il convient d’écrire flashforward…). Une entame bien vite suivie d’un retour en arrière (dois-je dire flashback ?), qui ancre le film dans le domaine fantastique, où plane l’ombre d’un croque-mitaine (un Boogeyman, pour les amateurs d’anglicismes…).

Intervient alors le retournement principal, placé, pour une fois, au milieu du film (les dernières scènes font certes repartir l’intrigue dans une direction nouvelle, mais très prévisible, compte tenu des motivations et de la personnalité de l’héroïne). A partir de là, l’histoire s’enracine résolument dans le réel, nous rappelant que l’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est ce qui fait sa singularité : faire naître l’horreur du bien, non pas du mal. Ce renversement de repères suscitera probablement un fort sentiment de rejet d'une part du public. Pourtant, aussi choquant soit-il, le propos du réalisateur ne me paraît pas équivoque, dans le sens où je n'ai pas l'impression qu'il prenne parti (malgré les dernières phrases de Jenny), à la différence de F Gary Gray dans le nauséabond Que justice soit faite
 
    The-secret-4.jpg 
L’arrière-plan social donne également une tonalité originale à The secret. Par certains aspects, les habitants de Cold Rock m’évoquent les Hillbillies dépeints par Debra Granik dans Winter’s bone. Derrière le récit horrifique, Pascal Laugier dresse en effet en filigrane le portrait de populations frappées par la crise, pour lesquelles l’american dream –restons dans le ton anglophile de cette chronique !- n’est plus qu’un lointain souvenir. Ce thème n’est certes pas nouveau. Il n’en donne pas moins une saveur particulière à cet ensemble, ne serait-ce que par la galerie de seconds rôles qu’il permet de composer. 
 
Ces intentions sont hélas en partie annhiliées par la réalisation paresseuse de Laugier -hormis l’enlèvement de l’enfant de Julia, on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent- et l’interprétation fadasse, comme toujours, de Jessica Biel. On ne sera pas surpris. Sa carrière ne laisse planer aucun doute sur ses talents d’actrice… Heureusement, il y a la petite Jodelle Ferland, qui incarne à la perfection Jenny. Il faut dire que l’énigmatique beauté de la jeune fille convient parfaitement aux univers les plus étranges, comme en témoigne sa déjà longue filmographie : Dark angel, Le peuple des ténèbres, Carrie, Smallville, Kingdom hospital, Tideland, Silent hill, Seed, Twilight, chapitre III, La cabane dans les bois... Elle nous guide dans ce film par ses pensées, qui nous sont rendues perceptibles, comme celles de Linda dans Les moissons du ciel... 
 
The secret 3 
Il n’y a en fait pas grand chose à dire sur The secret (cela doit se ressentir à la lecture des lignes qui précèdent…). Pas vraiment déplaisant, mais quand même assez décevant, au regard du potentiel du scénario. Peut-être le cinéaste français pèche-t-il, pour cette première expérience outre-Atlantique, par trop d’ambition. En voulant aborder plusieurs sujets de front, il oublie l’essentiel : donner du rythme à sa mise en scène. Ce qui est gênant pour un film de genre… 
 
Ma note - 2/5 

Commenter cet article

Wilyrah 18/09/2012 12:49

Pour moi c'est mauvais et PLUS QUE douteux.

CHRISTOPHE LEFEVRE 18/09/2012 13:29



Partant de là, il y a plein de films PLUS QUE DOUTEUX dans leur propos. Prends La petite, de Louis Malle, qui est cependant un très bon film. The dark kngiht rises aussi est douteux, puisqu'il
laisse entendre qu'une révolution populaire est forcément instrumentalisée, et tourne toujours au chaos. Et l'attitude de Wayne laisse entendre aussi que le bonheur est dans la guerre. Donc, tu
vois, c'est une question d epoint de vue. On n'est pas dans le monde de Oui-Oui. Plein de choses sont choquantes. Pour autant, doit-on ne pas en parler ? La démarche serait douteuse si le
réalisateur faisait sien le point de vue de Julia. Mais je n'en ai pas eu l'impression. Il présent des faits. Je me trompe peut-être, ceci dit. Je ne suis pas aussi catégorique que toi



selenie 11/09/2012 20:02

J'ai bien aimé. Etant fan de "Martyrs" ce film empreinte le même chemin mais est (évidemment) moins transgressif. Jessica Biel trouve enfin un "vrai" rôle... 3/4

CHRISTOPHE LEFEVRE 11/09/2012 21:27



Des choses intéressantes, mais j'ai quand même trouvé qu'il manquait du rythme...