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The silent enemy (Arte, 24 octobre 2012 à 00h20)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Arte diffusera le 24 octobre prochain The silent enemy de H P Carver (1930). Une véritable curiosité....

Ce projet initié par W Douglas Burden trouve son inspiration dans le célèbre documentaire de Merian C Cooper et Ernest B Schoedsack, Chang (1927). Pour le mener à bien, Burden s'entoura de collaborateurs susceptibles de s'investir dans un tournage de plus d'un an, en pleine nature, avec des comédiens non-professionnels. Le réalisateur fut choisi en raison de son travail sur Chang, Ilya Tolstoï -neveu de l’écrivain- pour ses connaissances de la toundra. L'équipe comprenait aussi Marcel Le Picard, directeur de la photographie d’une cinquantaine de films muets, dont Pour l’indépendance (1924), l’un des derniers films de David Wark Griffith.
 

 

Tourné dans la réserve Temagami, dans la partie nord de l’Ontario (L’alliance brisée, le western des années 1920, Jean-Louis Leutrat, Presses universitaire de Lyon, 1985), The silent enemy est une reconstitution, sous forme de fiction, de la manière dont vivaient les Indiens Ojibwa, au Canada, avant l'arrivée des colons blancs.

Comme l’observe la Société française d'anthropologie visuelle, ce film relève de la démarche mémorielle : [Il] participe des entreprises qui s'attachent à préserver quelques traces d'une civilisation considérée à l'époque comme évanescente. Fort de la certitude que les Indiens allaient à tout jamais se fondre dans la société américaine, un certain nombre d'auteurs (cinéastes, écrivains) entamèrent un travail sur la mémoire, un travail presque muséal, en proposant une image idéalisée de l'Indien (le noble sauvage digne dans la défaite).
 

 

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The silent enemy bat en brèche nos idées reçues quant aux représentations des Amérindiens dans les premiers temps du cinéma. C’est l’Indien, écrit Anne Garrait-Bourrier, et non le cow-boy, qui fut le personnage central des premiers westerns muets. De plus, ces films tournés pendant la première décennie du siècle, ne faisaient pas le récit de sanglantes batailles contre des soldats ou encore de massacres de pionniers, mais montraient au contraire des scènes de vie quotidienne au sein de la communauté indienne (L’iconographie de l’Indien dans le cinéma américain : de la manipulation de l’image à sa reconquête, Revue Lisa, 2004). On est ici à une période charnière, où les principaux rôles d’Indiens sont encore incarnés par des natifs du continent américain, non par des acteurs blancs grimés, comme ce sera bientôt le cas (les Asiatiques connurent le même sort, ainsi que nous l’avons vu en évoquant la carrière d'Anna May Wong). 

 

The silent enemy n’est pas à proprement parlé un film ethnographique, même s’il recèle un certain nombre d'éléments intéressant cette discipline : Burden did concede many aspects of the film’s anthropological integrity to cinematic and commercial considerations. […] Ultimately, we should be cautious in responding to the film as an authentic anthropological document. However […] the filmmakers, cast and crew were unequivocal in their intention and commitment to honor the heritage of a noble and disappearing people, and to overcoming the considerable challenges associated with making it (présentation du film par Benjamin Schrom au San Francisco Silent Film Festival, 2008). Il constitue en revanche une étape importante du processus de construction de la figure de l'Indien à l’écran. Cette image alternera longtemps avec son négatif, cruel, qui s’est développé avec le parlant. 

 

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Par un tragique coup du sort, la plupart des Indiens apparaissant dans le film moururent des suites de maladies contractées auprès des équipes de tournage blanches : Many of the Ojibway Indians who appeared in The silent enemy died soon after of tuberculosis, flu or pneumonia contracted from the white filmmakers (Benjamin Schrom). 

 

fee ton jouet bandeau

Commenter cet article

palilia 26/10/2012 21:35

tu sais j'ai regardé, mais ça devait être trop tôt, les indiens ressemblaient aux gens du coin passés au cirage, du coup je suis partie me coucher.

AUJOURD'HUI 26 OCTOBRE IL N'Y A DONC PERSONNE DANS CETTE MAISON POUR TE SOUHAITER UN JOYEUX ANNIVERSAIRE ??? non mais des fois ! JOYEUX ANNIVERSAIRE CHRISTOPHE !

CHRISTOPHE LEFEVRE 27/10/2012 01:25



Merci ! Non, pas grand monde ici en ce moment... The silent ennemy est passé après minuit. C'était un film muet, magnifiquement restauré d'ailleurs.



palilia 22/10/2012 10:32

j'adore ça et je le regarderai : mets moi un petit message FB pour m'y refaire penser.... superbe article

CHRISTOPHE LEFEVRE 22/10/2012 11:30



Merci  Si tu ne peux pas le voir, à cause de l'heure, je l'enregistre, donc je te l'enverrai...