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This must be the place

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
Cheyenne (Sean Penn), une ancienne star du rock, mène une existence retirée dans un château de la région de Dublin. Il vit dans le remords d’avoir causé, par ses chansons, le suicide de deux de ses fans. La mort de son père, avec qui il avait coupé toute relation, va cependant l’obliger à quitter sa retraite pour rejoindre New-York. Sur place, il découvre que cet ancien déporté avait consacré sa vie à rechercher le gardien du camp qui l’avait persécuté, Aloise Lange. Il décide alors de le traquer à travers les Etats-Unis…
 
Fiche techniqueThis-must-be-the-place---Affiche.jpg
 
Film italien, français, irlandais
Année de production : 2011
Durée : 1h58
Réalisation : Paolo Sorrentino
Image : Luca Bigazzi
Avec Sean Penn (Cheyenne), Frances McDormand (Jane), Judd Hirsch (Mordecai Midler), Eve Hewson (Mary), David Byrne (Lui-même)...
 

 
Critique 
 
Ce n'est pas sans hésitation que je suis allé voir ce film. A l'origine de ma réticence : la dégaine improbable de Sean Penn, largement inspirée de celle de Robert Smith. L’avoir choisi pour interpréter un personnage arborant un tel look m’apparaissait a priori comme une grossière erreur de casting. Je m’étais trompé. L’acteur y est une nouvelle fois bluffant. Par la justesse de son jeu, il rend Cheyenne attachant, notamment dans sa relation avec sa femme (Frances McDormand, trop rare sur les écrans depuis Burn after reading des frères Coen). Tout autre que lui aurait sans doute sombré dans le ridicule...
     This-must-be-the-place-2.jpg
 
Paolo Sorrentino propose avec This must be the place, titre inspiré d’une chanson des Talking Heads (David Byrne, le fondateur de ce groupe, fait d’ailleurs une apparition assez mémorable dans le film), un mélange des genres audacieux : portrait d’une star du rock asthénique, road movie initiatique, mémoire de la Shoah. Le résultat est imparfait, toutefois la sincérité de son auteur ne saurait être mise en doute. En sorte qu’on lui pardonne quelques maladresses assez lourdes, pour ne pas dire contreproductives (voir par exemple la scène où l’ancien bourreau d’Auschwitz, devenu un vieillard faible et émacié, est abandonné nu dans la neige, transformant ainsi l'ancien criminel en victime).
 
Pour ma part, j’ai surtout été sensible à l’errance de Cheyenne sur les routes de l’Amérique profonde. Dans la lignée de Paris, Texas, le réalisateur d’Il divo nous offre une galerie de portraits savoureuse et quelques belles rencontres, dont celle avec la fille de Lange, Rachel (Kerry Condon), un personnage qui aurait mérité un développement plus ample.
 
Au regard de mes appréhensions, This must be the place s'avère donc une bonne surprise. Pas inoubliable, mais plaisant…
 
Ma note - 2,5/5

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