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Warrior

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis 

 

Ancien Marine ayant servi en Irak, Tommy Conlon (Tom Hardy) est de retour au pays. Il reprend bientôt contact avec son père (Nick Nolte), qui l’entraînait lorsqu’il était enfant à la lutte. Malgré tout ce qui les sépare, il lui demande de le préparer à un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner cinq millions de dollars. Mais au même moment, le frère de Tommy, Brendan (Joel Edgerton), en proie à d’importantes difficultés financières, décide lui aussi de s’engager dans la compétition…

 

Fiche techniqueWarrior---Affiche.jpg

 

Film américain

Année de production : 2011

Durée : 2h20

Réalisation : Gavin O'Connor

Scénario : Gavin O'Connor, Anthony Tambakis, Cliff Dorfman 

Image : Masanobu Takayanagi

Avec Joel Edgerton (Brendan Conlon), Tom Hardy (Tommy Conlon), Nick Nolte (Paddy Conlon), Jennifer Morrison (Tess Conlon), Frank Grillo (Frank Campana)... 

 


 

Critique 

 

Warrior n’est pas toujours d’une originalité folle. Gavin O'Connor reprend en effet les ficelles les plus usées du genre (les combats ne voient pas le triomphe de la force brute, mais de la volonté soutenue par un noble dessein), rendant ainsi son récit très transparent. On devine donc très vite l’identité des deux adversaires qui s’affronteront en finale du tournoi et l’issue de celle-ci. Le réalisateur de Miracle accumule par ailleurs les poncifs, sur la rédemption, l’honneur, la famille… Il se trouve même parfois au bord de la rupture, avec quelques scènes proches du ridicule (voir celle où les Marines présents dans le public entonnent un hymne patriotique au moment où Tommy entre dans l’arène). 

 

Warrior 2 

Malgré ses défauts, et en dépit de sa durée (2h20), Warrior n’en retient pas moins l’attention. C’est que l’histoire familiale des deux héros, leur opposition, donnent au film un air de tragédie grec qui ne peut que toucher. De plus, les combats sont très efficacement filmés -beau travail de Masanobu Takayanagi, à qui l’on doit, entre autres, la photographie de Babel- et Tom Hardy, déjà stupéfiant dans Bronson de Nicolas Winding Refn, signe encore une fois une composition monstrueuse. Son regard et ses épaules de taureau feraient presque baisser les yeux du spectateur ! Joel Edgerton n’est pas en reste, dans en rôle pourtant moins évident. Des deux frères, il est le gentil, celui qui a fondé une famille et mène une vie bien rangé de professeur de physique aimé de ses élèves. Il est toujours plus facile de susciter l’empathie lorsqu’on incarne un écorché vif que la vie n’a pas épargné. Nick Nolte est également particulièrement émouvant. Seul bémol concernant l’interprétation : comme trop souvent dans ce genre de film (Fighter de David O. Russell fait à cet égard figure de louable exception), le personnage féminin joué par Jennifer Morrison -Allison Cameron dans Docteur House- est mal exploité.

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Warrior ne manque pas non plus d’une certaine subtilité. Il ne se limite en effet pas à une succession de combats (sauf dans la seconde partie), son propos est parfaitement ancré dans l’Amérique d’aujourd’hui, avec l’évocation de la crise économique et de la guerre en Irak. S’ajoute à cela quelques références culturelles plutôt inattendues dans un tel film, lui confèrant ainsi un ton singulier : Théagène de Thasos, l’un des athlètes les plus fameux de la Grèce antique, dont les 1 400 couronnes faisaient rêver Tommy lorsqu’il était enfant, ou encore les entraînements sur fond de musique classique dans l’académie dirigée par Frank Campana (Frank Grillo)… Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes qui font de Warrior un film plaisant, même s’il n’atteint pas, pour moi, le niveau de Fighter

 

 Ma note - 3/5

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