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Winter's bone

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis 

 

Ree Dolly (Jennifer Lawrence), 17 ans, vit dans les monts Ozarks, une région isolée du Missouri. En l’absence de son père, Jessup, qui purge une peine de prison pour trafic de méthamphétamine, elle s'occupe de sa mère, malade, et élève son jeune frère et sa petite sœur. Cependant, tout bascule le jour où Jessup, à peine remis en liberté, disparaît. Car l’homme a hypothéqué la bicoque familiale pour payer sa caution. Or, s’il ne réapparaît pas, la jeune fille et sa famille seront expropriées. Ree n’a donc d’autre choix que de partir à la recherche du fuyard pour le convaincre de se présenter au tribunal. Mais pour retrouver sa trace, il lui faudra affronter une communauté de Hillbillies qui semble dissimuler un honteux secret…

 

Fiche techniqueWinter-s-bone---Affiche.jpg

 

Film américain

Année de production : 2010

Durée : 1h40

Réalisation : Debra Granik

Scénario : Debra Granik, Anne Rosellini

Image : Michael McDonough

Avec Jennifer Lawrence (Ree), Isaiah Stone (Sonny), Ashlee Thompson (Ashlee), Valerie Richards (Connie), Shelley Waggener (Sonya), Garret Dillahunt (Le shérif Baskin)... 

 



Critique 

 

Je finis par me méfier des films estampillés cinéma indépendant américain. Derrière ce label, en effet, se cache souvent des productions si formatées qu’elles offrent une vision des plus conservatrice -pour ne pas dire caricaturale- des faits de société qu’elles abordent (voir à ce sujet le récent Tout va bien - The kids are all right, de Lisa Cholodenko). A cet égard, Winter’s bone, doublement récompensé en 2010 au Festival de Sundance, fait figure de louable exception.

 

Adapté du roman éponyme de l'américain Daniel Woodrell, ce second long métrage de Debra Granik nous offre une peinture de l’Amérique des laissés-pour-compte dont la noirceur oppressante a quelque chose de terrifiant : terrains boueux, paysages désolés, masures menaçant ruines… On se croirait presque dans un décor de La route, de John Hillcoat. Sauf qu’ici la réalisatrice ne nous décrit pas des territoires ravagés par une apocalypse, seulement un monde rural sinistré par la crise, comme dans Les raisins de la colère. On retrouve d’ailleurs dans ce film les mêmes thématiques que chez Ford : la violence, le courage, la famille, l’espoir. Signe des temps, celui-ci ne réside plus dans la perspective de cueillir des oranges en Californie, mais dans les 40 000 dollars offerts par l’armée pour un engagement de cinq ans... 

 

Winter-s-bone-2.jpg

 

Avec un tel programme, le risque était grand de basculer dans le sordide. Mais par sa photographie crépusculaire (je garde en mémoire un somptueux plan d’arbres décharnés sur fond de ciel hivernal), par la grâce de Jennifer Lawrence, sorte de Rosetta du Middle West, à la fois fragile et déterminée, Winter’s bone trouve son équilibre entre naturalisme et poésie. L’interprétation est d’ailleurs l’une des grandes qualités du film. On relèvera surtout la performance de John Hawkes (Sol Star dans la série Deadwood), ici tellement ambigu qu’on ne sait pas jusqu’à la fin s’il sauvera sa nièce... ou la perdra. On retiendra aussi, parce qu’elle se fait trop rare sur les écrans, la présence fugace de Sheryl Lee (Laura Palmer dans Twin Peaks).

 

Bref, une œuvre belle et intense, dans la lignée du cinéma des frères Dardenne. Et mon film préféré de ce début d’année, avec Black swan, même si l’on est dans des registres très différents. Mais c’est cela la magie du cinéma !

 

Ma note - 4,5/5 

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Eeguab 02/01/2012 20:13

J'ai vu ce film il y a peu et beaucoup aimé le climat et l'ambiance.Pas complètement original mais qui peut prétendre l'être?Particulièrement apprécié la scène des étables.

CHRISTOPHE LEFEVRE 03/01/2012 00:02



Disons que cela tranche pas mal avec la production américaine habituele, qu'elle soit hollyoodienne ou indépendante, qui est finalement assez formatée elle aussi...