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The social network

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

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Synopsis
 
Frustré d’avoir été plaqué par sa petite amie, Erica (Rooney Mara), Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) décide de se venger de la gent féminine en créant une base de données baptisée Facemash, dont l’objet est de désigner la fille la plus canon du campus. Pour cela, il n’hésite pas à pirater le système informatique de l’université de Harvard. Mais son geste, par le succès qu’il rencontre, entraîne bientôt la saturation du réseau de l’institution et place Zuckerberg au cœur d’une vive controverse, en raison de son caractère misogyne. Cependant, il éveille aussi l’intérêt, en particulier des jumeaux Winklevoss (Armie Hammer), deux représentants de l’élite estudiantine, qui le contactent pour créer un réseau social au sein de l’établissement. Toutefois, aidé par son meilleur ami, Eduardo Saverin (Andrew Garfield), le jeune homme va préférer se consacrer à la genèse de son propre site, The Facebook… 
 
Fiche techniqueThe-social-network---Affiche.jpg
 
Film américain
Année de production : 2010
Durée : 2h00
Réalisation : David Fincher
Scénario : Aaron Sorkin
Image : Jeff Cronenweth
Avec Jesse Eisenberg (Mark Zuckerberg), Armie Hammer (Cameron Winklevoss/Tyler Winklevoss), Andrew Garfield (Eduardo Saverin)...
 

 
Critique
 
Si The social network retrace l’histoire de la création de Facebook et des procès qu’intentèrent Cameron et Tyler Winklevoss, puis Eduardo Saverin à Zuckerberg, ce film est avant tout le portrait d’un créateur à l’intelligence bouillonnante, mais égocentrique, cynique (à Erica, il explique qu’il représente pour elle sa seule chance de faire des rencontres prestigieuses !), insolent et sans scrupule (voir la séquence où il débarque son meilleur ami au moment où Facebook dépasse son premier million d’inscrits). Bref, un sale gosse, incapable de tisser des relations sociales un peu approfondies (particularité psychologique qui semble avoir déteint sur sa création). La scène qui clôt le film est à cet égard édifiante : elle nous montre Zuckerberg seul devant l’écran de son ordinateur portable, dans la salle de réunion où se déroule la procédure de conciliation qui l’oppose à son ancien associé, actualisant régulièrement son profil Facebook, dans l’espoir d’une réponse positive d’Erica à sa demande d’ajout à ses amis… 
 
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Comme on pouvait s’y attendre, The social network est un film efficace. Mais il ne devrait pas occuper une place majeure dans la filmographie de Fincher. Ni marquer durablement les esprits. En effet, malgré tout le talent du réalisateur, de son scénariste (Aaron Sorkin) et de son interprète principal (dans un rôle somme toute pas si éloigné de celui qu’il tient dans Bienvenue à Zombieland), rien n’est moins captivant que le destin de ce post-adolescent globalement antipathique. D’autres milliardaires ont eu des vies autrement plus exaltantes ! Pas de Cyd Charisse, de Joan Crawford, de Bette Davis, de Joan Fontaine, d’Ava Gardner, de Jean Harlow, de Rita Hayworth ou de Katharine Hepburn dans la vie de Zuckerberg, contrairement à Howard Hughes. On n’y croise seulement Sean Parker, le créateur de Napster, et Bill Gates. Pas très excitant (la décence m’empêche d’écrire un mot plus trivial…) tout ça ! Son existence n’est pas non plus agitée de passions dévorantes, comme l’aviation ou le cinéma. Rien que des codes sources, des algorithmes et (surtout ?) beaucoup de dollars gagnés très jeune. Dans une société qui vénère l’argent, je ne doute pas que certains spectateurs éprouveront de la fascination pour cette bonne fortune, cependant il n’y a pas de quoi donner naissance à un mythe (du moins, j’espère que d’autres valeurs subsistent…). 
 
Finalement, peut-être Fincher aurait-il dû préférer au portrait -certes brillant- du fondateur de Facebook, une analyse sociologique d’un phénomène dont il est l’un des précurseurs… 
 
 Ma note - 2,5/5

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Au fond des bois

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Au fond des bois 1
 
Synopsis
 
En 1865, dans le sud de la France. Joséphine Hughes (Isild Le Besco) vit seule avec son père (Bernard Rouquette), un médecin humaniste toujours prêt à accueillir les nécessiteux. Un jour, il offre le couvert et le gîte à Timothée Castellan (Nahuel Perez Biscayart), un vagabond qui se fait passer pour sourd et muet. Mais celui-ci possède un pouvoir surnaturel, qu'il exerce dès le lendemain sur la jeune fille... 
 
Fiche techniqueAu fond des bois - Affiche
 
Film français
Année de production : 2010
Durée : 1h42
Réalisation : Benoit Jacquot
Image : Julien Hitsch
Avec Isild Le Besco (Joséphine Hughes), Nahuel Perez Biscayart (Timothée Castellan), Bernard Rouquette (Le docteur Hughes), Jérôme Kircher (Le capitaine Langlois)...  
 

 
Critique
 
A un moment, Joséphine Hughes murmure : Ne t'inquiète pas, ce sera bientôt fini. Hélas ! cette phrase ne s'adresse pas au spectateur, mais à Timothée Castellan. Pourtant, comme on souhaiterait que ce soit effectivement la fin (du film) ! Je dois avouer que je ne me suis pas autant ennuyé au cinéma depuis La troisième partie du monde, d'Eric Forestier. 
 
Au fond des bois n'est d'abord qu'une longue, très longue errance à travers des paysages provençaux désolés où défilent, tels des santons, les figures typiques du folklore de cette région. Isild Le Besco roule alors des yeux ronds sous l'influence de Nahuel Perez Biscayart, qui passe son temps à abuser d'elle, à la souiller. A l'ennui extrême que provoque ce spectacle s'ajoute l'agacement suscité par le symbolisme grossier du récit (ainsi, plus la jeune fille est avilie et plus sa robe blanche vire au gris, puis au noir). Voilà, c'est à peu près tout...
 
Au fond des bois 2
 
L'intérêt se réveille un peu dans la seconde partie du film, lorsque Benoit Jacquot aborde les conséquences de l'enlèvement de Joséphine. Son actrice abandonne enfin son jeu outré, ses expressions irritantes et grotesques, au profit d'une attitude ambiguë, qui laisse entrevoir la possibilité d'une psychologie plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord. Mais cela ne suffit pas à estomper l'impression initiale... 
 
Ma note - 1/5

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Laisse-moi entrer (Let me in)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Laisse-moi-entrer-1.jpg

 

Synopsis

 

En 1983, au Nouveau-Mexique. Une ambulance escortée de plusieurs véhicules de police roule à tombeau ouvert sur la route enneigée d’un paysage montagneux. A l’intérieur se trouve un homme (Richard Jenkins) au visage horriblement défiguré. Suspecté d’être impliqué dans une série d’assassinats particulièrement abominables, il est interrogé dès son arrivée à l’hôpital de Los Alamos par un inspecteur (Elias Koteas). Celui-ci le soupçonne d’appartenir à une secte satanique. Mais alors que le policier doit s’absenter un instant, pour répondre au téléphone, l’inconnu se défénestre. Sur son lit, on retrouve un mot griffonné sur un morceau de papier : I’m sorry Abby… 

 

Fiche techniqueLaisse-moi entrer - Affiche

 

Film britannique, américain

Année de production : 2010
Durée : 1h56

Réalisation : Matt Reeves

Scénario : Matt Reeves, John Ajvide Lindqvist 

Image : Greig Fraser

Avec Kodi Smit-McPhee (Owen), Chloë Grace Moretz (Abby), Richard Kenkins (Le père), Cara Buono (La mère d'Owen), Elias Koteas (Le policier)...   

 


 

Critique 

 

Considérant Morse comme le plus beau film d’horreur de ces dernières années, je suis naturellement allé voir cette nouvelle transposition à l’écran de Let the right one in avec une certaine appréhension, pour ne pas dire de la défiance. Et bien qu’elle n’atteigne pas l’excellence de son modèle, cette adaptation signée Matt Reeves est plutôt honorable. Elle redonne notamment un peu de vigueur à un genre englué dans les mièvreries de la désolante série Twilight. Et puis, il y a l’impressionnante performance de Kodi Smit-McPhee (vu dans La route) : timide, fragile, mais bouillonnant d’un feu intérieur. Il est le véritable personnage inquiétant du film. Car Chloë Grace Moretz, en dépit d’un talent évident, est trop pleine de vie pour faire croire à la créature spectrale qu’elle incarne. 

 

On reprochera tout de même à cette version sa relative surenchère gore, un aspect qui était quasiment absent du film de Thomas Alfredson (les métamorphoses physiques de la jeune fille sont à cet égard assez inutiles).

 Laisse-moi entrer 2

 

On regrettera également que le réalisateur de Cloverfield édulcore les ambigüités contenues dans le roman de John Ajvide Lindqvist, en particulier l’ambivalence sexuelle d’Abby. Qui a lu Let the right one in sait que le personnage du vampire est en réalité un garçon qui a été castré. Il s’agit d’un élément important de l’intrigue, car au-delà de son aspect horrifique, ce film est aussi (surtout ?) une métaphore sur les difficultés que peuvent rencontrer les adolescents dans leur construction identitaire. Certes, Abby laisse entendre à un moment qu’elle n’est peut-être pas une fille (m’aimerais-tu si je n’étais pas une fille ? demande-t-elle à Owen), cependant je pense que cette remarque fait davantage allusion à sa nature vampirique qu’à son identité sexuelle. Cette thématique n’est en revanche pas éludée dans Morse. On peut ainsi entrapercevoir la cicatrice d'Eli (rebaptisée ici Abby). 

 

Le travail sur la photographie s’avère par ailleurs assez décevant. De fait, même si les deux adaptations baignent dans la même atmosphère hivernale, la version de Matt Reeves pèche par un excès de couleurs chaudes (c’est particulièrement vrai lors des rendez-vous entre Abby et Owen dans la cour de leur immeuble). Chez Thomas Alfredson, au contraire, la palette est réduite au blanc, au noir, au bleu et, bien sûr, au rouge, ce qui renforce le caractère surnaturel de cette histoire.

 Laisse-moi entrer 3

 

Matt Reeves nous livre donc un remake appliqué, mais sans originalité, dont la principale raison d'être tient à l'incapacité du grand public américain à accepter de voir des films en langue étrangère. Néanmoins, s'il donne envie à une partie de ses spectateurs de voir l'original, sa démarche n'aura pas été vaine... 

 

 Ma note - 2,5/5

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