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Articles avec #charles chaplin tag

Charlot danseur (Tango tangles)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Dans une salle de danse, un imposant clarinettiste (Roscoe Arbuckle) est furieux de voir sa fiancée (Minta Durfee) courtisée par un autre musicien (Ford Sterling) et lui demande des explications. Charlot (Charles Chaplin) observe de loin et se garde bien de s'en mêler. Mais lorsque les deux hommes rejoignent l’orchestre, pour jouer, il en profite pour faire sa cour à la belle…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h12
Réalisation : Mack Sennett
Avec Charles Chaplin (Le danseur ivre), Ford Sterling (Le chef d'orchestre), Roscoe Arbuckle (Le clarinettiste), Minta Durfee (La jeune femme du vestiaire)...
 


Critique 
 
Une intégrale que j’ai un peu négligée ces derniers temps. Voici donc le septième film de Chaplin pour la Keystone, Charlot danseur, un court métrage ayant pour cadre un dancing de Vénice.

L’acteur tourne ici pour la première fois sous la direction de Mack Sennett (le producteur-réalisateur le dirigera trois autre fois, dans Madame Charlot, Le maillet de Charlot et Le roman comique de Charlot et Lolotte). Cette bande d’une dizaine de minutes est surtout un prétexte pour ce dernier de réunir ses stars masculines d’alors, Sterling, Arbuckle, Conklin et Chaplin. Pour le reste, on est dans l’improvisation la plus pure, ce dont témoignent les réactions amusées des habitués du lieu. L’argument, quant à lui, tient sur un timbre poste.
 Charlot-danseur-1.png
 
Exception faite de Chester Conklin, en costume de policier, les autres comédiens sont vêtus de leurs propres effets. Surtout, ils ne sont pas maquillés. On découvre ainsi le vrai visage de Chaplin, ce qui est assez rare. Dans cette comédie impersonnelle, il nous gratifie tout de même de quelques gags typiques de son personnage. Ainsi, lorsqu’il accroche au bras d’une femme sa canne, ou lors de la scène de bagarre, dont la chorégraphie annonce d’autres pugilats (Charlot boxeur ou Les lumières de la ville, par exemple). 
 
Ce film marque le premier échange devant la caméra entre Chaplin et Roscoe Arbuckle. Ils partageaient certes déjà l’affiche de Charlot fait du cinéma, mais le second apparaissait alors dans son propre rôle. On les reverra dans Charlot est trop galant, Charlot et Fatty dans le ring, Charlot grande coquette ou encore Charlot garde-malade… Il n’est peut-être pas inutile de dire un mot sur ce grand acteur du burlesque, aujourd’hui tombé dans l'oubli. 
 
Charlot-danseur-3.png 
La première apparition de Roscoe Arbuckle au cinéma remonte à 1909, où il tourna pour le compte de la Selig Polyscope Company Ben’s kid, de Francis Boggs. Mais c’est sous la houlette de Sennett que sa carrière décolla véritablement. En quelques mois, il devint l’une des figures les plus populaires de la Keystone, apparaissant dans une quarantaine de courts métrages pour la seule année 1913. Son succès lui permit très vite de s’imposer comme le réalisateur de ses propres films.

En 1916, il fonda avec Joseph M Schenck la Comique Film Corporation, pour laquelle il réalisa vingt-deux épisodes de la série Fatty, qui marque les débuts de Buster Keaton (Fatty boucher). Roscoe était alors à l’apogée de sa carrière. Son influence était telle que la Paramount lui fit signer un contrat fabuleux : un million de dollars annuel pendant trois ans (pour rappel, le budget de Ben-Hur fut de quatre millions). Mais c’était aussi bientôt l’heure de sa chute, avec l’affaire Virginia Rappe.
    Virginia-Rappe-1.jpg
 
Virginia Rappe
 
Virginia Rappe, la fiancée d’Henry Lehrman (le réalisateur du premier film de Chaplin), trouva la mort dans des circonstances troubles à l’occasion d’une fête organisée par Roscoe et ses amis pour le Labor day. Un seul fait semble assuré : c’est que, bien que l’on fût en pleine Prohibition, une grande quantité d’alcool fut consommée durant les trois jours de festivité qui se tinrent au St Francis Hôtel de San Francisco. Le reste est plus flou.

Virginia Rappe eut un malaise peu de temps après son arrivée, au point d’être contrainte de se reposer dans l’une des chambres attenantes à la suite où se déroulait la fête. Plus tard, alors qu’il allait se changer, Roscoe Arbuckle aurait découvert l’actrice étendue sur le sol de la salle de bains, en proie à une crise d'hystérie. Considérant qu’elle était sous l'emprise de l'alcool, on se contenta de la calmer en lui faisant prendre un bain glacé.

Finalement, la direction de l'hôtel fut prévenue et le médecin de l’établissement appelé. Selon les versions, ce serait Maude Delmont -présentée comme le chaperon de la jeune femme- qui, inquiète d'entendre les cris de la malheureuse, aurait donné l’alerte. Pour d’autres, ce serait à la demande d'Arbuckle. Le mardi matin, celui-ci rentra à Los Angeles par bateau. Virginia Rappe finit par être conduite à l'hôpital, où elle décéda quelques jours plus tard, le 9 septembre 1921.
    Roscoe-Arbuckle-1.jpg
La presse à sensation, en particulier le San Francisco Examiner de William Randolph Hearst, fit ses choux gras de cette affaire. Il faut dire que de graves accusions pesèrent sur Arbuckle (viol, homicide). S’ensuivit trois procès, aux termes desquels il fut conclu que Viriginia Rappe avait succombé à une rupture de la vessie consécutive à une péritonite. Quant au principal accusé, il fut lavé de tout soupçon par le jury : Acquittal is not enough for Roscoe Arbuckle. We feel that a great injustice has been done to him. […] There was not the slightest proof adduced to connect him in any way with the commission of a crime. He was manly throughout the case and told a straightforward story which we all believe. We wish him success and hope that the American people will take the judgement of fourteen men and women that Roscoe Arbuckle is entirely innocent and free from all blame.
 
 
Malgré cet arrêt, Arbuckle devint le symbole du combat mené par William Hays pour moraliser l’industrie cinématographique. Il s’empara de ce fait divers pour participer à la création de la Motion Picture Producers and Distributors of America, dont il devint le Président. Sa première décision, à la tête de cet organisme, fut de placer l’acteur sur une liste noire, ce qui marqua presque la fin de sa carrière. Entre 1922 et 1933, année de sa disparition, il signa néanmoins une cinquantaine de courts métrages, sous le pseudonyme William Goodrich. Mais il avait perdu la flamme, comme le confia plus tard Louise Brooks, qui tourna sous sa direction en 1931 dans Windy Riley goes Hollywood : Il travaillait sous le nom de William Goodrich et il n’a même pas essayé de mettre en scène ce film. Il s’asseyait sur sa chaise tel un homme invisible. Il était très gentil, mais depuis le scandale qui avait détruit sa carrière, il était comme mort.

A lire : La parade est passée, Kevin Brownlow (Insitut Lumière/Actes Sud, 2011) 
 
 
Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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Charlot fait du cinéma (A film Johnnie)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Charlot (Charles Chaplin) est éjecté manu militari d’une salle de cinéma en raison de son comportement particulièrement indiscipliné. Il a cependant eu le temps de tomber amoureux de l’héroïne du film (Peggy Pearce), qu’il essaie de rencontrer en pénétrant furtivement dans les studios Keystone, où il sème la panique sur de nombreux plateaux…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h15
Réalisation : George Nichols
Avec Charles Chaplin (L'amateur de cinéma), Roscoe Arbuckle (Lui-même), Peggy Pearce (La Keystone girl), Mabel Normand (Elle-même), Ford Sterling (Lui-même)... 
 


Critique
 
Comme je l’ai dit, Charlot et le parapluie fut le dernier film tourné par Chaplin sous la direction d’Henry Lehrman. Les relations entre les deux hommes n’avaient cessé de se dégrader depuis leur première collaboration sur Pour gagner sa vie, l’acteur reprochant au cinéaste de dénaturer ou supprimer ses meilleurs effets. Conscient de ces difficultés, Sennett assigna à sa nouvelle vedette un autre metteur en scène, George Nichols. Mais ce dernier n’eut pas davantage les faveurs de Chaplin, qu’il dirigea seulement à quatre reprises. Il semble que Nichols ait été, lui aussi, incapable de saisir le potentiel comique du comédien, qui se souvint dans ses mémoires qu’il attendait seulement de lui une imitation de Ford Sterling. Malgré tout, quelques gags savoureux de ce film sont de toute l’évidence des improvisations de Chaplin, tant ils annoncent ses réalisations futures (voir la scène où il utilise un pistolet comme cure-dent).
 
Charlot-fait-du-cinema-1.png 
Mais Charlot fait du cinéma est surtout un passionnant témoignage sur les conditions de tournage dans les premières années d’Hollywood. On voit ainsi les équipes techniques de la Keystone au travail, on y croise quelques-unes de stars du studio, comme Roscoe Arbuckle, Ford Sterling, Mabel Normand, Edgar Kennedy ou encore Henry Lehrman. On découvre aussi comment un évènement -en l’occurrence un incendie- pouvait être intégré dans un film, ainsi que ce fut le cas, par exemple, pour Charlot est content de lui (une course de baby-cart) ou Charlot et le parapluie (des inondations).

Chaplin nous montrera l’envers du décor dans trois autres moyens métrages, dont il sera cette fois également l’auteur : dans Charlot grande coquette (The Masquerader), produit par la Keystone, dans lequel il apparaît d’abord sans maquillage, jouant son propre rôle ; puis dans son premier film pour la Essanay, Charlot débute (His new job), où il se présente à une audition pour devenir acteur ; enfin dans Charlot fait du ciné (Behind the screen), tourné par la Mutual.
 
 
Charlot-fait-du-cinema-2.png 
Comme tous les films tournés par Chaplin pour la Keystone, Charlot fait du cinéma est disponible dans le coffret commercialisé par la société Lobster. 
 
Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin  

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Charlot et le parapluie (Between showers)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Un dandy (Ford Sterling) échange discrètement son vieux parapluie troué contre celui, flambant neuf, d'un policier (Chester Conklin) qui fait la cour à son amie (Sadie Lampe). Plus tard, alors que la pluie a cessé de tomber, il offre son assistance à une jeune femme (Emma Clifton), qui ne peut franchir une profonde flaque d’eau accumulée au bord d’un trottoir. Lui tendant son parapluie, il part chercher une planche sur un chantier. Charlot, qui a repéré la belle, ne tarde pas à l’imiter. Mais entre temps, un policier est arrivé sur les lieux et a apporté son aide à la dame. Le dandy souhaite alors récupérer son parapluie, cependant la jeune femme refuse. Une confrontation s’ensuit, dans laquelle intervient le véritable propriétaire de l’objet, qui jettera finalement le voleur en prison…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h14
Réalisation : Henry Lehrman
Avec Charles Chaplin (Le vagabond), Ford Sterling (Le rival), Chester Conklin (Un policier), Sadie Lampe (L'amie du policier)...
 


Critique
 
Ce cinquième film de Chaplin à la Keystone est aussi le dernier qu’il tourna sous la houlette d’Henry Lehrman. Les relations entre les deux hommes n’avaient en fait cessé de se dégrader depuis leur première collaboration sur Pour gagner sa vie. Si l’on en croit David Robinson, l’acteur reprochait à son réalisateur de dénaturer ou supprimer ses meilleurs effets comiques. Ce que paraît confirmer ce court métrage, où Lehrman donne la part belle au jeu grimaçant et rudimentaire de Ford Sterling, au détriment de celui infiniment plus subtil de Chaplin. Conscient de ces difficultés, Sennett assignera bientôt à sa nouvelle vedette un autre metteur en scène, George Nichols.
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Charlot et le parapluie marque aussi les retrouvailles de Chaplin et Sterling, avec qui il avait partagé l’affiche de A thief catcher. Le scénario de ce court métrage a pour point de départ les pluies torrentielles qui s’abattirent au début du mois de février 1914 sur la région de Los Angeles. Comme beaucoup de productions de l’époque, l’intrigue peut sembler dépourvue de sens. C’est qu’il faut faire l’effort d’en pénétrer le langage, essentiellement basé sur le mime. Le public d’alors, familier de ce genre de spectacle, comme pouvait l’être celui du XVIIème siècle pour la Commedia dell'arte, en avait bien sûr une compréhension plus aiguë. 
     
Sous ses airs de comédie échevelée et absurde, Charlot et le parapluie constitue tout de même une évolution majeure du genre burlesque, même si elle s’opère ici par petites touches. Deux styles comiques s’opposent en effet dans ce film, celui de Sterling, fondé sur le geste, et celui de Chaplin, plus intérieur et expressif. Si le premier nous apparaît aujourd’hui assez abscons, faute de détenir encore le code qui nous permettrait de le décrypter, le second est universel et intemporel, donc immédiatement accessible, ainsi que l’observe Robinson dans sa biographie du cinéaste : La différence essentielle entre la comédie Keystone et la comédie Chaplin tient à ce que l’une se fonde sur l’exposition et l’autre sur l’expression. La technique de l’exposition relève de codes tels que le mime ; le style expressif, lui, est compris instantanément par tous. C’est le facteur essentiel de la renommée mondiale que Chaplin connu presque immédiatement.
 Charlot et le parapluie 2
 
Comme tous les films tournés par Chaplin pour la Keystone, Charlot et le parapluie est disponible dans le coffret commercialisé par la société Lobster.

Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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A thief catcher

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Un homme est poursuivit par deux bandits qu’il a eu la mauvaise idée de photographier. Il trouve refuge dans une cabane, qui se révèle en fait être le repère des deux malfrats. Alors qu’ils s’apprêtent à éliminer ce témoin gênant se présentent deux policiers…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : non renseignée
Réalisation : Ford Sterling
Scénario : non renseigné
Image : non renseigné
Avec Ford Sterling (John, le suspect), Charles Chaplin (Un policier), William Hauber (Un policier), George Jesk (Un policier), Mack Swain (Un voyou)...
 


Critique
 
A thief catcher apparaissait dans les filmographies de Chaplin jusque dans les années 1920-30. Il en disparut plus tard, sans doute par confusion avec un autre film perdu du réalisateur, Her friend bandit, qui avait été réédité quelques années après sa sortie sous le titre The thief catcher. Cette erreur, reprise par Theodor Huff dans sa biographie du cinéaste, se perpétua ensuite. Ce film fut redécouvert en juin 2010 par un collectionneur américain, Paul E Gierucki. Il s’agit en fait d’une copie incomplète en 16 mm, dont un extrait d’environ six minutes figure dans le coffret Keystone commercialisé par Lobster. A thief catcher a été tourné entre le 15 et le 26 janvier 1914 et est sorti en salles le 19 février de la même année.
    A-thief-catcher-5.png
 
Chaplin apparaît dans ce film en Keystone cop, un des ces policiers loufoques qui peuplent nombre de comédies de la Keystone. Cette apparition non créditée n’est pas la seule de sa carrière. Il interpréta ainsi un arbitre dans The knockout, une comédie signée Roscoe Arbuckle. On le vit également en vagabond dans His regeneration de G M Anderson. Il tint aussi son propre rôle dans Soul for sale de Rupert Hughes, Hollywood de James Cruze et Show people de King Vidor.
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Chaplin est ici dirigé par Ford Sterling, l’un des acteurs les plus prolifiques de son temps, puisque sa fiche sur IMDB compte 285 entrées. Aux côtés du créateur de Charlot, on peut reconnaître Mack Swain, dont le rôle le plus célèbre est sans doute celui de Big Jim McKay dans La ruée vers l'or.

Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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L'étrange aventure de Mabel (Mabel's strange predicament)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Un vagabond ivre (Charles Chaplin) pénètre dans le hall d’un hôtel. Entre deux incidents causés par son ébriété, il engage un flirt avec chaque femme qui passe, dont Mabel (Mabel Normand), qu’il retrouve plus tard dans un couloir de l’établissement. La jeune femme s’est laissée surprendre à l’extérieur de sa chambre, vêtue d’un simple pyjama. Pour échapper à ses avances, elle se réfugie dans la chambre voisine, occupée par un couple. Une situation à l’origine de multiples quiproquos…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de prodcution : 1914
Durée : 0h17
Réalisation : Mabel Normand
Avec Charles Chaplin (Le vagabond), Mabel Normand (Mabel), Chester Conklin (Le mari), Alice Davenport (L'épouse), Harry McCoy (L'admirateur de Mabel)...
 


Critique 
 
Comme je l’avais signalé à propos de Charlot est content de lui, L’étrange aventure de Mabel est le premier film tourné par Chaplin dans le costume qui l’a rendu célèbre. Il est aussi celui où l’acteur commença à mettre en place ses propres effets comiques. Ceux-ci impressionnèrent d’ailleurs tellement Sennett, le directeur de la Keystone, que celui-ci se laissa convaincre de conserver l’intégralité de sa prestation dans la scène du hall, soit une prise de près d’une minute, alors que l’habitude du studio était de privilégier des plans très courts, de quelques secondes seulement.
 L-etrange-aventure-de-Mabel-1.png
 
Selon IMDB, ce court métrage est la quatrième réalisation de Mabel Normand. David Robinson, dans sa biographie de Chaplin, indique une coréalisation Lehrman-Sennett. Quoi qu’il en soit, ce film est structuré selon un schéma typiquement keystonien, à base de vaudeville, de chassés-croisés…

Un mot sur Mabel Normand. Née à New Brighton le 10 novembre 1895 (source IMDB), la jeune femme fit ses débuts au cinéma en 1910 à la Vitagraph, dans Indiscretions of Betty. En 1912, elle rejoignit la Biograph, où elle tourna plusieurs fois sous la direction de D W Griffith. Repérée par Mack Sennett, elle suivit celui-ci en Californie lorsqu'il prit la direction du studio créé par Adam Kessel et Charles O Bauman, la Keystone, dont elle devint rapidement la vedette. De The water nymph (1912) à Bright lights (1916), elle apparut dans plus de 130 films et dirigea 17 courts métrages. Elle signa ensuite un contrat avec la Goldwyn Pictures Corporation. Mais associée à plusieurs scandales (son nom fut notamment cité lors de l’assassinat du metteur en scène William Desmond Taylor), sa carrière déclina rapidement. Elle mourut le 22 février 1930, terrassée par la tuberculose.

L'étrange aventure de Mabel est disponible dans le splendide coffret consacré aux films tournés par Charles Chaplin pour la Keystone et distribué en France par la société Lobster.

Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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Charlot est content de lui (Kid auto races at Venice)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis
 
Un vagabond (Charles Chaplin) joue les trublions lors d’une course de voiturettes pour enfant, multipliant les apparitions inopinées dans le champ de la caméra d’un reporter (Henry Lehrman)…
 
Fiche techniqueCharles Chaplin 1
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h11
Réalisation : Henry Lehrman
Avec Charles Chaplin (Le vagabond), Henry Lehrman (Le réalisateur)...
 


Critique
 
Bien que son intrigue soit assez simpliste, Charlot est content de lui, comme Making a living, fait date dans l’histoire du Septième art. D’abord parce que Chaplin y apparaît pour la première fois dans le costume de Charlot (en fait, le premier film dans lequel il endossa la célèbre défroque du vagabond fut Mabel's strange predicament, cependant ce dernier sortit un peu plus tard sur les écrans).

Selon la légende, l'accoutrement de Charlot aurait été composé par un après-midi pluvieux de janvier 1914, dans la loge commune des acteurs de la Keystone, l’acteur empruntant un pantalon trop large de Fatty Arbuckle, une veste de Charles Avery, les chaussures de Ford Sterling, un chapeau melon du beau-père d’Arbuckle et une moustache destinée à Mark Swain. Une version que Chaplin ne confirma jamais. David Robinson, dans la biographie qu’il consacre au réalisateur, relève pour sa part des précédents au costume de Charlot dans le music-hall anglais et rappelle que Fred Kitchen, l’une des stars de la compagnie Karno, revendiqua la paternité de cette tenue.
 Charlot-est-content-de-lui-1.jpg
 

Charlot est content de lui est également précieux, car il nous permet de voir les premières réactions du public au jeu de l’acteur. Dans un premier temps, la foule des spectateurs se montre intriguée par ce curieux personnage, qui ne cesse de gêner le travail de l'équipe de prise de vue. Puis, peu à peu, le charme opère. Elle commence à sourire. Dans cette demi-bobine d'à peine sept minutes, l'un des plus grands génies comiques du cinéma est en train de naître...

Charlot est content de lui 2

 
Mais ce court métrage est surtout remarquable par la manière très moderne qu'à Chaplin de capter l’attention de la caméra. Dans The silent clowns, le critique Walter Kerr note d’ailleurs qu'il utilise dans ce film cet instrument comme un moyen d'établir une relation directe et manifeste entre lui et son public... Il regarde la caméra et, en la traversant, il nous rejoint. Son emprise future sur le public et le lien mystérieux et presque inexplicable entre l’interprète et Monsieur tout le monde sont ici en germe. 
 
Comme tous les films tournés par Chaplin pour la Keystone, Charlot est content de lui est disponible dans le coffret commercialisé par la société Lobster.

Charles Chaplin sur ce site : intégrale Charles Chaplin

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Pour gagner sa vie (Making a living)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis 
 
Un gentleman (Charles Chaplin) confie à un homme rencontré dans la rue (Henry Lehrman) les malheurs dont il a été victime. Emu par sa situation, ce dernier lui donne un peu d’argent. Mais le gentleman est en fait un escroc, qui va utiliser cette somme pour acheter une bague et séduire la fiancée de son bienfaiteur (Virginia Kirtley). Plus tard, il s’emparera de son appareil photographique et de ses notes, ce qui lui permettra de livrer au journal qui l’emploie un reportage sensationnel sur un accident de voiture, obtenant ainsi la place de l’infortuné… 
 
Fiche techniqueCharles-Chaplin-1.jpg
 
Film américain
Année de production : 1914
Durée : 0h13 
Réalisation : Henry Lehrman
Scénario : Reed Heustis
Avec Charles Chaplin (L'escroc), Virginia Kirtley (La fille), Alice Davenport (La mère), Henry Lehrman (Le reporter)... 
 

 
Critique 
 
Henry Lehrman, acteur de nombreux films de David Wark Griffith et réalisateur aujourd’hui tombé dans l’oubli, mérite quelque attention de la part des cinéphiles, puisqu'il fut le premier à diriger Charles Chaplin au cinéma.

L
e créateur de Charlot aurait été repéré par Mack Sennett, qui dirigeait la Keystone, à la fin de l’année 1912, alors qu’il jouait à l’American theatre de New York A night in an english music hall, dans la troupe de Fred Karno. Une autre version laisse entendre qu’il fut découvert par Adam Kessel, ou son frère, Charles, propriétaires de la société-mère de la Keystone, la New York motion pictures. Une autre source affirme encore que ce fut Harry Aitken, détenteur de la majorité des actions de la Keystone, qui subtilisa Chaplin à Karno après l’avoir vu joué au théâtre Pantage de Los Angeles.
    Pour gagner sa vie 1

Dans ce premier rôle, Chaplin apparaît vêtu d’une redingote, d’un gilet à carreaux et d’une cravate à pois. Un chapeau haut-de-forme, un monocle et une canne complétaient son costume de faux dandy. Il incarne ici un personnage aux antipodes de celui qui fera son succès. Pourtant, son jeu (en particulier sa démarche) et certaines de ses expressions évoquent déjà Charlot. On peut relever également quelques gags typiquement chaplinesques, telle cette scène où, après avoir refusé avec dédain la pièce qu’on lui tend, il s’en saisi avidement dès que le journaliste fait mine de la remettre dans sa poche. Le reste du film est conforme aux productions de la Keystone, avec bagarres, situations vaudevillesques -voir la séquence où le dandy et le reporter se battent dans la chambre à coucher d’une femme- et une poursuite finale qui constitue la raison d’être des comédies produites par le studio.

Pour gagner sa vie 2

Le tournage de Pour gagner sa vie eut lieu entre le 5 et le 9 janvier 1914. Chaplin détestait ce film, reprochant à Lehrman d’avoir coupé au montage ses meilleurs effets comiques. Ce que le réalisateur semble avoir reconnu ultérieurement. Malgré tout, il fut bien reçu lors de sa sortie en salle, le 2 février 1914. Un critique de The moving picture world nota d’ailleurs à propos de sa prestation qu’il est un comédien de la plus belle eau, qui joue avec un naturel confondant… Le public à la recherche d’une bonne soirée hurlera de rire.
 
Le film est disponible dans le splendide coffret consacré aux films tournés par Charles Chaplin pour la Keystone et distribué en France par la société Lobster.

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