Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #coree du sud tag

The man from nowhere (아저씨)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The-man-from-nowhere-1.jpg

 

Synopsis 

 

Cha Tae-sik (Bin Won) est un ancien agent des forces spéciales reconverti, à la suite d’un drame ayant entraîné la mort de sa femme, en prêteur sur gage. Il mène une existence solitaire. L’un de ses rares contacts avec l’extérieur est Jeong So-mi (Sae-ron Kim), la fille d’une de ses voisines. Mais cette dernière s’est emparée d’une livraison d’un parrain de la drogue, un geste qui va la placer au cœur d’une lutte entre deux gangs de trafiquants. Lorsque la jeune femme et son enfant sont enlevés par deux frères, Man-seok (Kim Hee-won) et Jong-seok (Kim Sung-oh), Cha décide de sortir de sa retraite…

 

Fiche techniqueThe-man-from-nowhere---Affiche.jpg

 

Film coréen

Année de production : 2010

Durée : 1h59

Réalisation : Jeong-beom Lee 

Scénario : Jeong-beom Lee 

Image : Tae-yoon Lee 

Avec Bin Won (Cha Tae-sik), Sae-ron Kim (Jeong So-mi), Hee-won Kim (Man-seok), Thanayong Wongtrakul (Ramrowan), Seong-oh Kim (Jong-seok)... 

 


 

Critique 

 

Grand prix du troisième Festival international du film policier de Beaune, The man from nowhere n’a pas eu les honneurs d’une exploitation en salle. Une décision pour le moins incompréhensible, car le cinéma coréen a aujourd’hui un public fidèle…

 

Cette histoire n’est pas sans évoquer -en mode mineur cependant- Breathless. On retrouve en effet chez Cha Tae-sik la même incapacité à communiquer que chez Sang-hoon, le héros du film de Yang Ik-Joon, même si celle-ci s’exprime de manière différente. Dans les deux cas, c’est par l’amitié, avec une fillette pour l’un (contrairement à certains commentateurs, je n'ai pas vu dans cette relation d’autres sentiments, plus ambigus), une adolescente pour l’autre, que le rempart d’insensibilité et de solitude dont se protègent les deux hommes se fissure peu à peu. La violence y est également tempérée par l'humour et des fulgurances d'émotion assez inhabituelles dans ce genre.

 The-man-from-nowhere-2.jpg

 

D’une manière plus générale, The man from nowhere reprend les recettes les plus éprouvées du polar made in Corée du Sud : mise en scène très stylisée, nombreuses séquences nocturnes, vision très sombre de la société coréenne, et notamment de l’action policière… Néanmoins, jamais Jeong-beom Lee n’atteint le niveau de virtuosité de ses compatriotes les plus illustres, comme Na Hong-jin (The chaser, The murderer). La première partie manque même un peu de rythme, tandis que l’intrigue n’est pas toujours des plus claires. Des défauts que font toutefois oublier -partiellement- l’attendrissante relation entre Cha Tae-sik et Jeong So-mi et quelques scènes très efficaces (le combat dans les sanitaires du night-club ou l’affrontement au couteau entre Cha Tae-sik et Ramrowan). 

 

The man from nowhere n’est donc pas un monument d’originalité. Il est aussi inégal dans sa forme. En sorte qu’il souffre de la comparaison avec les principales réussites du cinéma policier coréen. Le résultat est pourtant très loin d’être infâmant et n’explique pas le choix des distributeurs d'une sortie directe en DVD… 

 

Ma note - 2,5/5

Voir les commentaires

The murderer (황해)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The murderer 1
 
Synopsis 
 
Gu-nam (Jung-woo Ha) est chauffeur de taxi à Yanji, dans la préfecture autonome coréenne de Yanbian. Ce conducteur de taxi mène une vie misérable, dépensant le peu d’argent qu’il gagne au mah-jong. Or, il doit rembourser les 60 000 yuans qu’on lui a prêtés pour établir le passeport de sa femme, partie travailler en Corée du sud six mois plus tôt. Acculé par ses créanciers, il est bientôt obligé d’accepter le marché de Myun (Kim Yun-seok), un parrain local. Celui-ci lui propose d’honorer sa dette. En contrepartie, il devra assassiner le professeur Kim Seung-hyun (Byoung-kyu Kwak), à Séoul. Mais Gu-nam voit surtout dans ce marché l’occasion de retrouver son épouse, dont il n’a plus de nouvelles…
 
Fiche tecnhiqueThe murderer - Affiche
 
Film coréen
Année de production : 2010
Durée : 2h20
Réalisation : Na Hong-Jin
Scénario : Na Hong-Jin
Image : non renseigné
Avec Jung-woo Ha (Gu-nam), Kim Yun-seok (Myun), Seong-Ha Cho (Kim Tae-won), Chul-min Lee (Choi Sung-nam)...     
 


Critique 
   
Avant que Gu-nam n’apparaisse à l’écran, on entend sa voix. Le jeune homme se rappelle l’épidémie de rage qui avait dévasté son village et tué son chien lorsqu’il était enfant. Il conclut son propos en observant que cette maladie est de retour. De fait, c’est bien d’une forme de rage dont sont animés les différents protagonistes de ce film ultra-stylisé, qui confirme toute la virtuosité de Na Hong-Jin. Celle-ci transparaît particulièrement dans la sidérante course où le conducteur de taxi tente d’échapper aux forces de police lancées à ses trousses. Il y a bien longtemps que je n’avais pas vu une poursuite aussi haletante ! Je n’ai même pas d’exemple récent dans le cinéma américain. Car à la différence de ce dernier, qui recourt souvent pour ce type de scène aux seuls effets spéciaux, l'art du cinéaste coréen est très viscéral. Le montage (The murderer compterait 5 000 plans !), le travail sur les sons permettent aux spectateurs de ressentir pleinement l’essoufflement du héros, sa peur. C’est d’ailleurs un trait essentiel de la manière du réalisateur de The chaser : rendre sensibles les émotions les plus intimes de ses personnages. On s’en rend particulièrement compte lors des séquences où Gu-nam se remémore les moments où lui et sa femme faisaient l’amour. Les battements étouffés des cœurs des deux amants provoquent un trouble que des images plus érotiques auraient sans doute été incapables de faire naître. 
 
The murderer 2 
Na Hong-Jin n’est toutefois pas qu’un technicien brillant. C’est aussi un conteur hors pair, qui sait insuffler quand il le faut de la vitalité -par l’humour, notamment- à cette histoire désespérée et macabre. De plus, à l’instar de Peter Weir avec les Amish (Witness) et Clint Eastwood avec les Hmong (Gran Torino), il construit ce polar nerveux autour de l’évocation d’une communauté mal connue, les Joseonjok. La description de la misère sociale de ces citoyens chinois de nationalité coréenne confrontés au racisme, à la violence, à l’absence de loi, donne à The murderer toute sa singularité. Si bien que les 2h20 du film passent sans que l’on s’en rende compte. Et ce d'autant plus que Jung-woo Ha et Kim Yun-seok sont deux concentrés d’énergie pure !

The murderer
, après Melancholia, La piel que habito, Balada triste, Black swan, Winters’ bone, Une séparation, La ballade de l’impossible, ou encore La dernière piste, montre la grande richesse du cinéma mondial. J’y vois de l’ambition, de l’audace, de l'intelligence, de la virtuosité, de la beauté, qualités qui font hélas cruellement défaut à la production hexagonale contemporaine ! C’est une généralisation peut-être un peu excessive. J’ai toutefois le sentiment que les réalisateurs français (à part Gaspar Noé) préfèrent se cantonner frileusement dans ce qu’ils savent faire -j’ai beaucoup aimé Les contes de la nuit, cependant ce n’est pas très différent de ce que faisait son auteur il y a plus de dix ans dans Princes et princesses- plutôt que d’oser explorer de nouveaux horizons. Ainsi, que dire du dernier Klapisch (Ma part du gâteau) ? Tellement stéréotypé ! Et des Femmes du 6ème étage ? Sympathique, bien sûr, mais d’un consensuel ! Et de Poupoupidou ? Je n’oublie pas que ce film fut, par son originalité, l’un de mes premiers coups de cœur de cette année. Pourtant, Gérald Hustache-Mathieu ne fait ici qu’imiter ce que faisaient David Lynch avec Tiwn Peaks en 1990 et les frères Cohen avec Fargo en 1996. Pas très novateur... Dieu qu'il est loin le temps où Franju osait tourner Les yeux sans visage !

Ceux qui me font l’amitié de me lire s’étonneront sans doute de ce discours, moi qui professe un amour immodéré pour le cinéma de patrimoine. Ce n’est pourtant pas si contradictoire ! En effet, si j’admire Renoir ou Carné, Murnau et Dreyer, pour autant je n’attends pas des cinéastes d’aujourd’hui qu’ils fassent le cinéma d'hier ! C’est d’ailleurs mission impossible…
 
 
Ma note - 4/5

Voir les commentaires

The housemaid (하녀)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The-housemaid-1.jpg

 

Synopsis 

 

Euny (Do-yeon Jeon) travaille dans un restaurant de rue d’un quartier populaire. Pour échapper à sa modeste condition, elle accepte bientôt d’entrer au service d’un riche homme d’affaire, Hoon (Jung-jae Lee). Elle devra s’occuper de sa femme, Hae-ra (Seo Woo), sur le point d’accoucher de jumeaux, et de sa petite fille, Nami (Seo-hyun Ahn). Euny découvre alors un monde qui lui est totalement étranger, fait de luxe et de rituels raffinés (le maître de maison se détend ainsi chaque soir en dégustant de grands crus ou joue le matin des sonates de Beethoven, avant de se rendre à son travail). Mais très vite, Hoon séduit cette servante un peu trop naïve, qui tombe finalement enceinte. Va s’engager alors un combat inégal entre la jeune femme, désireuse de garder son enfant, l’épouse légitime, la mère de celle-ci et la vieille gouvernante de la famille, Byung-sik (Jeo-jong Yun)… 

 

Fiche techniqueThe-housemaid---Affiche.jpg

 

Film coréen

Année de production : 2010

Durée : 1h46 

Réalisation : Sang-soo Him 

Scénario : Sang-soo Him, Ki-young Kim 

Image : Lee Hyung-deok 

Avec Do-yeon Jeon (Euny), Jung-jae Lee (Hoon Goh), Seo Woo (Hae-ra), Yeo-jong Yun (Byunk-sik), Seo-hyun Ahn (Nami)...

 


 

Critique 

 
The housemaid est le remake de La servante, réalisé par Kim Ki-young en 1960. Une œuvre mythique, puisque considérée par nombre de Coréens comme l’un des plus grands films jamais réalisés dans leur pays. Elle est également encore très actuelle, car la violence des rapports de classes qu’elle décrivait semble toujours caractériser la société coréenne d’aujourd’hui (elle n'en a toutefois pas l'apanage, si l'on en juge par le très beau Rabia, de Sebastian Cordero). En témoignent plusieurs films récents : The chaser, Breathless et le superbe Poetry.

 

La servante - 1960  
La servante, Kim Ki-young (1960)

 

Dans The housemaid, la cruauté n’est pas tant dans son final surprenant et un rien granguignolesque (c’est d’ailleurs le seul bémol que j’apporterais à ce film) que dans l’inhumanité ordinaire des relations sociales dépeinte par Sang-soo Im. Il y a d’abord ce prologue où une jeune femme se défenestre sous le regard indifférent des passants d’une rue grouillante d’activité. Cette séquence choc, qui trouvera un écho à la fin du film (et que l'on peut rapprocher de l'introduction de Poetry), reflète une réalité sinistre de la Corée du Sud, l'un des pays de l'OCDE où le suicide est la première cause de décès des 20-40 ans.

La violence dans The housemaid n’est toutefois pas toujours aussi spectaculaire. Elle transparait aussi dans des détails plus anodins, mais qui n’en sont pas moins très symboliques du mépris manifesté par la classe aisée à l’égard du peuple. C’est le cas, par exemple, lorsque la gouvernante indique à Euny qu’elle devra laver à la main les sous-vêtements de sa maîtresse, précisant au passage -avec un plaisir malsain- qu’à ce stade de sa grossesse, ses problèmes d’incontinence ne sont pas rares. Il y a aussi cette séquence où Hoon tend un chèque à Euny, le lendemain de leur nuit d’amour, la traitant ainsi comme une vulgaire prostituée, alors que celle-ci, dans toute son innocence, croyait à la sincérité de son attachement pour elle. On peut encore citer cette réflexion de la petite fille du couple, Nami, qui explique le respect dont elle témoigne à Euny comme étant le signe de sa supériorité.

 

The-housemaid-5.jpg

 

Le système d’oppression que nous décrit Sang-soo Im ne se limite cependant pas aux seuls rapports entre groupes sociaux, entre maîtres et employés. Il existe au sein d’une même caste, entre les hommes et les femmes. Sur ce point, les hommes japonais comme coréens souffriraient, selon le cinéaste, d'un complexe d'infériorité, qu’il fait remonter aux échecs rencontrer par leur pays face à l'Occident lors de la Seconde guerre mondiale et de la décolonisation. Nourris de ces humiliations, ils se sentiraient obligés de faire peser leur loi sur les femmes, et en particulier leurs épouses, leurs filles ou leurs sœurs (voir Breathless).

 

Au-delà de cette peinture sombre de la société coréenne, ce film est également un thriller haletant, flirtant par instant avec le fantastique (comme Rabia, déjà cité) et d’une élégance formelle rare. Chaque plan est construit et éclairé avec une attention maniaque (voir la très belle séquence où Euny se retire après avoir servi à Hoon son petit déjeuner : dans un effet de perspective sophistiqué, la silhouette de la jeune femme devient le point de fuite du clavier du piano sur lequel joue son maître). The housemaid bénéficie en outre d’un très beau casting, dominé par Do-yeon Jeon, prix d’interprétation féminine lors du Festival de Cannes 2007, pour Secret sunshine, de Lee Chang-dong. On retiendra également la performance de Seo Woo, magnifique et troublante poupée sadique (qui n'est pas sans évoquer Kim Ok-vin, l'héroïne de Thirst, ceci est mon sang), dont on peut espérer voir un jour Paju (signé de la réalisatrice Park Chan-ok), qui a été présenté cette année au Festival du film asiatique de Deauville. 

 

The-housemaid-3.jpg 

Pour conclure (désolé, c'est un peu hors sujet !) je voudrais évoquer l’affiche française de ce film. Evidemment, en matière d’esthétique, les goûts peuvent se discuter. Je ne prétends pas non plus être l’arbitre des élégances. Néanmoins, il me semble que les choix de ceux qui, en France, sont chargés d’élaborer le matériel de promotion des films, se portent trop souvent sur les visuels les moins soignés ou les plus racoleurs. C’est le cas pour The housemaid, qui ne retient de cette œuvre que sa dimension érotique. Celle-ci est certes bien réelle, mais elle est loin d’être le sujet central du film. Que l’on compare également l’affiche originale de Poetry à son équivalent français. Ou encore celle de The killer inside me, qui dans sa version américaine restitue parfaitement l’ambiance des polars des années 1950. Le même problème existe pour les jaquettes de DVD. Alors, bien sûr, ce n’est qu’un détail. Mais j’y vois comme une forme de mépris pour le public français.

 

Ma note - 4/5

Voir les commentaires

Poetry (시)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Poetry-1.jpg
 
Synopsis
 
Mija (Jeong-hie Yun) vit seul avec son petit-fils, Wook (David Lee), dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han. Pour gagner sa vie, cette sexagénaire à la mise toujours soignée travaille comme aide à domicile chez un vieil homme riche et handicapé. En dépit de ses problèmes de santé (elle présente les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer), elle porte sur le monde qui l’entoure un regard sensible, qui trouve son expression dans son désir d’écrire des poésies. Mais sa nature délicate sera bientôt profondément bouleversée par le suicide d’une collégienne victime d’un viol collectif auquel est mêlé Wook… 
 
Fiche techniquePoetry---Affiche.jpg
 
Film coréen
Année de production : 2010
Durée : 2h19
Réalisation : Chang-dong Lee 
Scénario : Chang-dong Lee
Image : Hyun Seok Kim
Avec Jeong-hie Yun (Mija), Nae-sang Ahn (Le père de Kibum), Da-wit Lee (Jongwook), Hira Kim (Monsieur Kang)...  
 

 
Critique 
 
Poetry est comme le pendant coréen de Lola, le magnifique film de Brillante Mendoza. Les deux cinéastes mettent en effet en scène deux grands-mères confrontées à un fait divers ignoble : l’une, Lola Sepa, lutte pour que justice soit faite à son petit-fils assassiné par un voleur de téléphone mobile ; l’autre, Mija, doit trouver l’argent nécessaire pour éviter à Wook la prison. Dans les deux cas, les deux femmes, physiquement affaiblies, font preuve d’une volonté remarquable, Mija allant jusqu’à s’offrir à son employeur afin d’obtenir la somme qui lui manque. Et toutes deux, malgré les humiliations dont elles sont victimes, conservent une dignité rare. 
 
Poetry-2.jpg 
Poetry est d’abord illuminé par son interprète principale, Jeong-hie Yun (ou Yoon Jeong-hee, selon les transcriptions), une immense star du cinéma coréen (sa filmographie sur KMDB compte plus de 260 films !), particulièrement active entre 1967 et 1969 (plus d'une centaine de fois à l'affiche !). Poetry marque son retour à l'écran après une interruption de carrière de presque seize années. Sa grâce aérienne lui permet d'incarner magnifiquement ce personnage dont la haute valeur morale est sans cesse heurtée par un monde qu'elle ne semble plus comprendre : suicide de la collégienne, absence de remord de Wook, propos graveleux du policier amateur de poésie... En fait, on peut se demander si ses pertes de mémoire ne sont pas davantage un moyen inconscient d'échapper au cynisme auquel elle doit faire face, qu'un symptôme de la maladie qui la frappe. En témoigne peut-être cette scène où, envoyée auprès de la mère de la jeune fille qui a mis fin à ses jours par les parents des autres enfants complices de son petit-fils, elle oublie la raison de sa mission indigne (à savoir convaincre cette femme d'accepter un dédommagement financier en contrepartie de l'abandon de ses poursuites), pour s'intéresser à la maturation des fruits du verger qu'elle traverse. A la réalité sordide, elle substitue une autre vérité. Une manière de réenchanter la vie, comme le poète recourt à la métaphore pour révéler les beautés secrètes du monde... 
 
Poetry-3.jpg 
Comme Breathless (de Yang Ik-joon) ou The chaser (Na Hong-jin), Poetry est aussi une peinture assez sombre des rapports humains dans la société coréenne d'aujourd'hui, même si le style de Chang-dong Lee est beaucoup plus apaisé que celui de ses deux confrères. Le quotidien de Mija n'est d'ailleurs pas sans évoquer celui de Yeon-hee, la lycéenne de Breathless. Les liens de celle-ci avec son frère sont en effet de même nature que ceux qui unissent Mija à Wook.

Si l'on devait apporter un bémol à Poetry, tout juste pourrait-on relever le portrait un rien caricatural de l'adolescent, ainsi que la pudeur un peu excessive qui caractérise ce film. Une retenue en soit louable, puisqu'elle permet de faire passer les situations les plus scabreuses (voir la scène où Mija accède à la demande obscène du vieil homme dont elle s'occupe), mais qui finalement tient le spectateur un peu à distance. Malgré cela, Poetry est une pure merveille, un authentique chef-d'oeuvre. Un peu d'humain dans ce monde de brutes, cela fait du bien, surtout après le spectacle frénétique et vain d'Inception...
 
 Ma note - 5/5 

Voir les commentaires