Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Une partie de cartes

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Synopsis

 

Trois hommes attablés à la terrasse ensoleillée d’une guinguette jouent aux cartes. L’un d’eux interpelle une petite fille, qui demande ensuite à sa mère de venir prendre la commande des trois amis. La femme se présente bientôt avec un plateau. Le personnage central sert ses compagnons de jeu. Après avoir trinqué avec eux, il se plonge dans la lecture d’un journal. Un article provoque son hilarité…

 

Fiche techniqueGeorges-Melies---Affiche.jpg

 

Film français

Année de production : 1896

Durée : 69 secondes

Réalisation : Georges Méliès

Scénario : Georges Méliès

Image : Non renseigné

Avec Gaston Méliès (Un joueur de cartes), Georges Méliès (Un joueur de cartes), Georgette Méliès (La petite fille)...

 



Critique

 

Une partie de cartes est une curiosité, puisque ce film de 69 secondes -soit une bobine de 20 mètres- est la première réalisation de Georges Méliès.

 

Celui que l’on surnomme le premier magicien du cinéma découvrit cet art lors de l’une des premières projections publiques du cinématographe. Organisée le 28 décembre 1895 au salon indien du Grand café (Paris) par Antoine Lumière, père d’Auguste et Louis, cette séance proposait aux trente-trois spectateurs présents une dizaine de films : La sortie de l’usine Lumière à Lyon, La voltige, La pêche aux poissons rouges, Le débarquement du congrès de photographie à Lyon, Les forgerons, Le jardinier, Le repas, Le saut à la couverture, La place des Cordeliers à Lyon, La mer.

Une partie de carte

 

Convaincu que cette nouvelle forme de spectacle allait rencontrer le succès, Méliès pressa Antoine Lumière de lui vendre l’invention de ses fils. Devant le refus de celui-ci (sous le prétexte qu’elle n’avait aucun avenir commercial et qu’il se ruinerait en l’achetant, plus vraisemblablement pour préserver les intérêts d’Auguste et Louis), il se rendit alors à Londres, où il acquit l’appareil de projection de Robert W Paul, l’animatographe, et fabriqua une caméra appelée Kinetographe.  

 

Ce court métrage tourné en extérieur met en scène cinq personnages. La fiche technique du film sur IMDB permet d’en identifier trois. Le personnage central est ainsi interprété par Méliès lui-même. Celui se trouvant à sa droite est son frère aîné, Gaston Méliès (1852-1915). La petite fille, quant à elle, n’est autre que Georgette, la fille du cinéaste (1888-1930).

 

Au-delà de son importance historique, Une partie de cartes montre que Méliès avait déjà saisi le potentiel créatif de ce nouveau médium. Les expressions théâtrales des différents protagonistes prouvent en effet qu’il n’était pas pour lui qu’un simple outil permettant de capter des images du monde, comme les frères Lumière, mais bien un moyen d’expression artistique à part entière.

 

Une partie de cartes est à découvrir dans le très beau coffret édité par Lobster, comprenant près de 200 films du réalisateur.

Voir les commentaires

Le voyage dans la lune de Georges Méliès en couleur

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Le-voyage-dans-la-lune-1.jpg

 

Le voyage dans la Lune, court métrage le plus célèbre de Méliès, et premier film classé au patrimoine de l’UNESCO, a été présenté en ouverture officielle du dernier Festival de Cannes dans une version inédite en couleurs. Donnée pour perdue, celle-ci est réapparue en 1993, lorsqu’un anonyme déposa à la cinémathèque de Barcelone une collection de plus d’une centaine de boîtes de films des premiers temps du cinéma. La pellicule était malheureusement cristallisée, donc inutilisable. Cela n’empêcha pas Serge Bromberg, patron de Lobster, et auteur, avec Ruxandra Medrea, de L'enfer d'Henri-Georges Clouzot, de se battre pour récupérer cette copie. Ce qu'il réussit à faire en échange de L’Araignée d’or (1908), une œuvre de Segundo de Chomón, un pionnier du cinéma espagnol.

 

Dans l’espoir d’obtenir quelques images, Bromberg et son partenaire, Éric Lange, prirent le risque d’accélérer la décomposition de la pellicule. Celle-ci fut alors placée sous une cloche et soumise à l’action d’un dessiccateur. Le processus dura plus de deux ans. Il fut ainsi possible de récupérer 95 % de l’ensemble, qui fut ensuite scanné. Les quelques images manquantes furent coloriées à partir d'une copie en noir et blanc.

 

La phase moderne de la restauration a débuté en 2010, en coopération avec les fondations Groupama Gan et Technicolor, qui ont payé plus d’un demi-million de dollars. Elle a été confiée à Tom Burton et à son équipe, qui ont réassemblé les 13 375 pièces du puzzle. Une nouvelle bande son, composée par le groupe Air, a ensuite été ajoutée. 

 

Martin Scorsese, qui travaille au montage de L'invention d'Hugo Cabret (sortie prévue le 14 décembre prochain), récit inspiré du destin de Méliès, devrait glisser dans son film quelques scènes de cette version coloriée du Voyage dans la Lune. 

Voir les commentaires

Actualité DVD - Blu-ray

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

DVD-Haxan.jpg

 

Häxan, œuvre mythique du cinéaste danois Benjamin Christensen, bénéficie enfin d’une édition DVD digne de ce nom en zone 2. On doit cette initiative à Agnès B/Potemkine, qui viennent de mettre en vente un coffret collector comprenant deux disques, avec en bonus différentes versions du film (l'originale, sortie en Suède en 1922, accompagnée de morceaux de musique classique, et la variante destinée au marché américain, narrée par William Burroughs, sur fond de jazz) et une présentation par le réalisateur.

 

Haxan-1.jpg

 

Tourné entre 1919 et 1921, Häxan est, avec Nosferatu de Murnau, l’un des premiers films d’horreur de l’histoire. C’est aussi une œuvre hors normes, à la modernité époustouflante. Pour dénoncer le puritanisme et l’obscurantisme, Christensen ne recula en effet devant aucun excès : diable lubrique, nonnes masochistes, vierge nue s’offrant au démon, sabbat aux allures d’orgie, hommes d’église sadiques orchestrant chantages et interrogatoires terrifiants… Avec un tel programme, on se doute que le film eu maille à partir avec la censure !

Voir les commentaires

Minuit à Paris (Midnight in Paris)

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

Minuit-a-Paris-1.jpg
 
Synopsis
 
Gil (Owen Wilson) et Inez (Rachel McAdams), un couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne, et les parents de la jeune femme, sont en vacances pour quelques jours à Paris. Mais bientôt gagné par la magie de la ville, Gil va peu à peu délaisser sa fiancée au profit de déambulations nocturnes qui le plongent dans un univers de rêves où il croisera Francis Scott Fitzgerald et Zelda Sayre, Picasso, Gertrude Stein, Luis Buñuel, Man Ray, Dalí… 
 
Fiche techniqueMinuit-a-Paris---Affiche.jpg
 
Film américain
Année de production : 2011
Durée : 1h40
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Avec Owen Wilson (Gil), Rachel McAdams (Inez), Mimi Kennedy (Helen), Adrien Brody (Salvador Dalí), Marion Cotillard (Adriana), Léa Seydoux (Gabrielle)...
 


Critique
 
Déçu par les derniers films Woody Allen, je suis allé voir Minuit à Paris plus par obligation -ce nouvel opus est sélectionné dans le cadre du Festival de printemps- que par réelle envie. Et contre toute attente, le charme de cette fantaisie surréaliste, qui n’est pas sans évoquer La rose pourpre du Caire (pour moi, l’une des plus belles réussites du cinéaste new-yorkais) a complètement opéré sur moi. Pourtant, les images de carte postale du générique, qui nous montrent un Paris pittoresque et fantasmé, avec ses rues proprettes baignant dans le halo mordoré et romantique des réverbères, m’a d’abord fait craindre le pire. Mes appréhensions se sont toutefois vite dissipées. Car la capitale française n’est pas le sujet de Minuit à Paris. Certes, Allen ne cache pas son amour pour cette ville, qu’il peint de couleurs chaudes et saturées. Cependant, c’est avant tout une déclaration à la beauté des temps anciens. Or, rien n’est plus à même de me parler, étant comme Gil atteint du syndrome de l’âge d’or. Je m’imagine en effet assez bien parcourant les salons de la princesse de Wagram ou de la comtesse Greffulhe, dans l’ombre de Marcel Proust, Edmond de Goncourt, José-Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé ou Henri de Régnier…
    Minuit-a-Paris-4.jpg
 
A cette idée, pour moi séduisante, s’ajoute une interprétation brillante. Je citerai surtout celle d’Adrien Brody. Il n’a droit qu’à une scène très courte, mais il campe ici un Salvador Dalí plus vrai que nature, et rappelle, après les bizarreries récentes de sa filmographie (Splice, Predators) et ses fantaisies capillaires à la Nicolas Cage, qu’il est un grand acteur. D’ailleurs, cette séquence, où apparaissent également Luis Buñuel et Man Ray, est sans doute le moment le plus réjouissant du film. Owen Wilson, dans un registre assez inédit, s’impose comme un double du réalisateur. Je retiendrai aussi les prestations de Marion Cotillard, cette fois bien plus convaincante que dans Public enemies ou Inception, et de Gad Elmaleh, hilarant. Je m’abstiendrai en revanche de tout commentaire sur la performance de Carla Bruni, de peur que mes propos ne soient interprétés politiquement. Du moins sait-elle que Camille Claudel était la maîtresse de Rodin, et non sa femme. Ce n’est pas si mal… 
 
Minuit-a-Paris-3.jpg 
Bref, un film léger mais plein de charme, qui ne me marquera évidemment pas durablement. Néanmoins, il m’a procuré assez de plaisir pour mériter un peu plus que la moyenne. 
 
Ma note - 3/5

Voir les commentaires

The tree of life

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

The tree of life 2
 
Synopsis
 
Jack grandit entre un père autoritaire (Brad Pitt) et une mère aimante (Jessica Chastain), qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire… 
 
Fiche techniqueThe tree of life - Affiche
 
Film américain
Année de production : 2011
Durée : 2h19
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Avec Brad Pitt (Monsieur O'Brien), Sean Penn (Jack), Jessica Chastain (Madame O'Brien), Hunter McCracken (Jack jeune), Tye Sheridan (Steve)...  
 


Critique
 
Pour moi, qui suis un admirateur -jusque-là inconditionnel- de Terrence Malick, The tree of life est une claque. Au mauvais sens du terme, malheureusement ! J’attendais un grand film sur la vie, sur ses origines, sur son sens, sur la mort... Hélas, la réflexion métaphysique tourne court. Elle se limite ici à quelques commentaires en voix-off d’une affligeante banalité et à un patchwork d’images certes magnifiques, mais sans grand intérêt : un volcan en éruption (s’agit-il de l’Eyjafjöll ?), la nébuleuse de la Tête de cheval… Au détour d’une rivière du Crétacé, on croise un raptor épargnant l'un de ses semblables. Quelques 70 millions d'années plus tard, on verra le jeune Jack s'amuser sur les berges du même cours d'eau, dont le tracé n'aura pas varié. L'érosion n'existe pas dans l'univers de Malick... La scène du dinosaure me pose d'ailleurs problème. Quelle est sa raison d’être ? Fait-elle pendant à l’homme préhistorique de 2001, l’odyssée de l’espace ? S'agit-il de montrer que l'affrontement entre le bien et le mal remonte à la nuit des temps ? Peu importe, en réalité. Elle est avant tout une faute de goût impardonnable -par la médiocrité de l’animation et son anthropomorphisme incongru- et incompréhensible... J’en ai été gêné pour Malick… 
 
The-tree-of-life-5.png 
Le discours très religieux du film m’a aussi pas mal embarrassé. Non pas que je sois athée. Je ne rejette en effet pas a priori l'éventuelle dimension divine de nos origines. Cependant, ici, on est assez proche de la bigoterie. En tous cas, on est loin de la subtilité des autres films du réalisateur, et notamment La ligne rouge. Sur la forme, si l'on retrouve souvent le style de Malick (nombreuses vues d'arbres en contre-plongée, par exemple), le réalisateur s'égare tout de même en chemin, nous faisant alors du Danny Boyle : main effleurant le rocher, contre-plongée au fond d'une gorge, comme dans 127 heures. Mais si cette esthétique clipesque fonctionne dans ce dernier cas, elle me paraît peu appropriée quand on ambitionne une démarche philosophique.

Côté interprétation, on n’est également pas loin du gâchis, avec un Sean Penn qui semble se demander ce qu’il fait dans cette galère. Il prend l’air las, sans doute pour masquer son ennui. Pourtant, il a la chance de n’être présent à l’écran que quelques minutes. Le spectateur, lui, doit supporter l’épreuve durant 138 longues minutes. Le volet familial de The tree of life est finalement ce qu'il y a de plus réussi. Cette partie donne même lieu à quelques -trop rares- moments de grâce : la mère jouant avec ses enfants, le père écoutant son fils jouer de la guitare… Alors, seulement, surgit l’émotion. C’est toutefois très peu ! 
 
 
The-tree-of-life-6.jpg 
Ainsi, même si cela me fait mal de l’admettre, Malick n’a à l’évidence pas grand-chose à nous dire cette fois. Ou alors, il pèche par orgueil, comme Aronofsky avec The fountain. A moins que je ne sois passé à côté, ou que les coupes réalisées (la version initiale faisait près de 3 h 30, si mes souvenirs sont exactes) n'aient rendu son propos inintelligible. Quoi qu'il en soit, le meilleur du film était sa bande-annonce. Et son affiche. Mauvaise année, qui a déjà vu trébucher Eastwood. Et après les relatifs faux-pas de Jackson, Burton, Scorsese et Fincher l’année dernière, c’est un peu dur… 
 
Ma note - 2/5 

Voir les commentaires

Actualité DVD - Blu-ray

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

La société Pathé annonce la sortie, pour le 11 mai prochain, d’un splendide coffret permettant de (re)découvrir l’œuvre de l’un des maîtres du cinéma muet, Albert Capellani. Cette édition comprend plus de dix heures de programme : outre les adaptations de quatre classiques de la littérature en copies restaurées (L’assommoir, Germinal, Le chevalier de Maison rouge et Quatre-vingt-treize), elle propose aussi une sélection de quelques courts-métrages tournés par le cinéaste au début de sa carrière : Drame passionnel, Mortelle idylle, Pauvre mère, La fille du sonneur, La femme du lutteur, L’âge du cœur et Aladin ou la lampe merveilleuse. Ce coffret contient également un livret de 40 pages.

 

DVD Albert Capellani

 

Il n’est peut-être pas inutile de dire ici quelques mots sur Albert Capellani. Cet ancien élève du Conservatoire débuta sa carrière de réalisateur en 1905, chez Pathé-Frères. Très vite, il fut nommé à la direction artistique d'une filiale créée par Charles Pathé, la Société cinématographique des auteurs et gens de lettres, dont le but était de porter à l'écran les œuvres les plus prestigieuses de la littérature française. Albert Capellani non seulement supervisa de nombreux metteurs en scène comme George Denola, Georges Monca, Michel Carré ou Henri Estievant, mais réalisa lui même de très nombreux courts et moyens métrages (sa filmographie sur IMDB recense 168 films entre 1904 et 1922). Il fut le précurseur des longs métrages avec Le chevalier de Maison rouge, La Glu, Notre-Dame de Paris, Le courrier de Lyon, Germinal, Les mystères de Paris, Quatre-vingt-treize et Les Misérables, dans lequel il offrit à Mistinguett son premier grand rôle au cinéma. Au début de la Première guerre mondiale, Albert Capellani fut envoyé aux Etats-Unis, où il réalisa des films pour diverses compagnies, dont Pathé Exchange, avant de devenir indépendant avec la Capellani Production Inc. De retour en France au début des années 1920, il s’investit dans de nouveaux projets, mais des problèmes de santé l’empêchèrent de les mener à bien. Il est mort en 1931, à l'âge de 57 ans.

Voir les commentaires