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La guerre est déclarée

Publié le par CHRISTOPHE LEFEVRE

La-guerre-est-declaree-3.jpg
 
Synopsis 
 
Roméo (Jérémie Elkaïm) rencontre Juliette (Valérie Donzelli) dans une soirée. C’est aussitôt le coup de foudre. De leur amour naît bientôt un enfant, prénommé Adam. Cependant, en grandissant, le petit garçon présente des symptômes préoccupants : vomissements fréquents, difficulté à marcher, asymétrie faciale… Les médecins diagnostiquent finalement une tumeur au cerveau. L’opération est possible, mais les chances de guérison incertaines. Avec une volonté folle, le jeune couple va alors entrer en guerre pour vaincre la maladie… 
 
Fiche techniqueLa-guerre-est-declaree---Affiche.jpg
 
Film français
Année de production : 2011
Durée : 1h40
Réalisation : Valérie Donzelli
Image : non renseigné
Avec Valérie Donzelli (Juliette), Jérémie Elkaïm (Roméo), Brigitte Sy (Claudia), Elina Löwensohn (Alex), Michèle Moretti (Geneviève), Béatrice de Staël (Docteur Prat)... 
 

 
Critique 
 
Un enfant atteint d’un cancer : difficile, a priori, de trouver histoire plus sombre et déprimante ! Que l’on se rassure, ce n’est pas le sujet de La guerre est déclaré. Certes, la maladie est bien présente dans ce second long métrage en partie autobiographique de Valérie Donzelli. Elle n’en est toutefois que la toile de fond. La réalisatrice nous parle surtout de soif de vivre, d’espérance, d’amour... Il en résulte une incroyable énergie, à l’image de l’affiche, qui nous montre Juliette et Roméo s’étourdissant sur un manège. 
 
Bien sûr, compte tenu de son sujet, ce film ne manque pas de scènes bouleversantes. S’il n’est pas pour autant larmoyant, c’est que l’auteur a l’intelligence -rare- de dédramatiser les situations les plus poignantes. Citons la séquence où la pédiatre note l’asymétrie faciale d’Adam. C’est un moment fort. Pourtant, la tension retombe aussitôt, car en cherchant à contacter l’un de ses confrères, le médecin se trompe de téléphone et utilise un jouet en plastique posé sur son bureau… 
 
La-guerre-est-declaree-1.jpg 
Audacieux dans sa manière très décalée d’aborder un thème aussi dramatique, La guerre est déclaré l’est également sur la forme, puisqu’il a été tourné avec un appareil photo. Un choix qui donne à cette œuvre une spontanéité évocatrice de la Nouvelle vague. Ce n’est d’ailleurs pas le seul rapport avec ce mouvement (utilisation de la voix off, dimension autobiographique…). Ce film foisonne en outre d’idées magnifiques : la musique de la fête où se rencontrent Roméo et Juliette, dont les basses font échos au bruit du dernier IRM d’Adam ; la liste des peurs dressées par les deux jeunes gens la veille de l’opération de leur fils… Chaque rôle est par ailleurs parfaitement caractérisé. Mention spéciale tout de même à Béatrice de Staël.
 
Lecteur attentif (note ma modestie, qui m'oblige à employer le singulier), sans doute as-tu remarqué que j’ai utilisé l'adjectif audacieux pour qualifier ce film. Tu n’as peut-être pas oublié ma récente diatribe contre le cinéma français -voir The murderer et Les biens-aimés- et la principale critique que je lui adressais (l’absence de prise de risque). Il semblerait que j’aie été un peu trop vite en besogne… D’un autre côté, La guerre est déclaré fait sacrément figure d’OVNI dans le paysage cinématographique hexagonal actuel… 
 
Ma note - 4/5

Commenter cet article

fredastair 13/09/2011 23:24


La femme est l'avenir de l'homme... et du cinéma français ! En effet il faut que tu voies ce "Tomboy", à peu près aussi enthousiasmant que la "Guerre" de Donzelli (voire plus), lui aussi réalisé
avec un appareil photo numérique... en réalité le même appareil photo, un Canon 5D !

Sinon, globalement d'accord avec toi, même si j'y trouve un ou deux faux pas, à l'instar de Tching. Ton sens du détail développé dans la critique (notamment quand tu parles de la scène du téléphone
en plastique) est très juste.
Je ne sais pas si on peut faire un parallèle immédiat avec la Nouvelle Vague, d'autant plus que je n'ai pas la prétention de la connaître assez. Ce que je peux dire, c'est que Donzelli réussit là
où Honoré échoue : la première la rejoint dans l'esprit (énergie, inventivité, audace) quand l'autre s'acharne à l'atteindre mais en reste au seuil de la citation et de la posture.


CHRISTOPHE LEFEVRE 14/09/2011 08:55



Complètement d'accord avec ton analyse comparée des cinémas d'Honoré et de Donzelli ! Et oui, je pense que la Femme est l'avenir du cinéma français !



Tching 07/09/2011 23:14


Ouaip, j'en sors... touché, vraiment, tout en lui reconnaissant quelques trucs un peu lourds ou niais, c'est selon. Mais vraiment, deux trois très belles accélérations de rythme. On en arrive à la
même note.


CHRISTOPHE LEFEVRE 07/09/2011 23:57



C'est sûr, tout n'est pas parfait, mais pour une fois qu'un film français tente des choses ! Ici, un sujet pas très vendeur, traité sur un mode presque léger. Un appareil photo en guise de
caméra. On aimerait voir cette audace plus souvent ! J'attends ta critique ! Moi, je planche sur Les winners, vu hier juste avant This must be the lpace. C'est dur quand on voit deux films le
même soir !



Wilyrah 05/09/2011 16:04


J'en lis et en entends beaucoup de bien. J'irai donc voir ça... :)


CHRISTOPHE LEFEVRE 05/09/2011 16:21



C'est vraiment un beau film. Pourtant, come tu as pu le voir, je ne suis pas vraiment fan du cinéma français actuel...



Squizzz 05/09/2011 13:58


Très gros coup de coeur pour moi ! Je trouve bien de citer la scène d'introduction du film, qui m'a aussi vraiment marqué. Ce bruit de l'IRM résonne comme des tambours qui annoncent la guerre à
venir. Ce cheminement se retrouve plusieurs fois, avec le bruit des basses effectivement, puis le titre du film, jusqu'au début de la guerre à proprement parlé lors de la réplique de Juliette.


CHRISTOPHE LEFEVRE 05/09/2011 14:39



C'est effectivement nu très joli film, comme le cinéma français en fait trop peu : il y a prise de risque, sur le sujet et la technique (utilisation d'un appareil photo), de l'intellignece, de
l'émotion. Bref, un film qui ne se regarde pas le nombril ! Magnifique



ffred 03/09/2011 17:03


Tout a fait d'accord sur toute la ligne, et sur le cinéma français aussi. Hier soir j'ai regardé mon bilan des films français de l'année et ce n'est pas terrible. Mais il reste 4 mois avec des gros
morceaux comme Polisse ou The artist qui devraient bousculer tout ça...


CHRISTOPHE LEFEVRE 03/09/2011 20:10



J'attends énormément de The artist. Forcément, avec mon amour du cinéma muet ! Et ça, pour le coup, c'est très audacieux ! Même Almodovar pour La peil que habito, qui avait pensé faire un film
muet, n' pas osé franchir le pas... Et les quelques extraits que j'ai vus me laisse penser que c'est très bon. Et Dujardin semble très très bon !